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Decour Jacques – Philisterburg: En 1930, un jeune assistant français passionné de Goethe et de culture allemande se rend à Magdebourg dans le cadre d’un programme d’échange linguistique entre les gymnases/lycées européens. Il tient un journal dans lequel il note des anecdotes sur les personnes et les lieux qu’il rencontre, les façons de vivre ou d’enseigner. Il se retrouve dans une Allemagne troublée qui ne digère pas le traité de Versailles, nostalgique pour une part du conservatisme prussien, autoritaire et hiérarchique, alors que gagne d’influence le mouvement hitlérien national-socialiste qui accuse les libéraux d’être responsables des conditions économiques désastreuses avec une forte inflation et une montée du chômage qui découlent de cette période de crise.
Cingria Charles-Albert – Bois sec bois vert: Un recueil de textes diversifiés, publiés entre 1925 et 1947 : des nouvelles, du fantastique, une étude, le récit de son retour chez lui après sept ans d’absence (le titre de ce recueil), de l’archéologie et des digressions comme toujours, des réminiscences entre époques différentes qui rappellent la permanence des choses, des théories, de l’imagination et un style unique, désordonné mais génial.
Roger Noëlle – Jean-Jacques Le Promeneur solitaire : En 1933, Noëlle Roger écrit la première biographie de Jean-Jacques Rousseau basée sur les milliers de lettres authentiques de et à Rousseau. Le père de Noëlle Roger, Théophile Dufour, était directeur des Archives d’État de Genève, puis de la Bibliothèque publique et universitaire de Genève. Il a consacré 50 années à « pourchasser à travers l’Europe les lettres inédites de Rousseau afin de réaliser selon les méthodes de la critique moderne, une édition générale de la Correspondance ». La première édition de la Correspondance est éditée en 1926 et contient plus de 4’000 lettres. Dans sa biographie très documentée, Noëlle Roger rétablit patiemment les faits sur la base des lettres originales, restituant une image authentique du Promeneur solitaire.
Cingria Charles-Albert – La Reine Berthe et sa famille (906-1002) : La Reine Berthe, pour les enfants de ma génération qui jouaient dans la Tour de Marsens, n’était pas tant une légende qu’une présence vivante. Nous nous attendions presque à la voir surgir au détour des escaliers. Une légende que ne renierait pas Charles-André Cingria. Dans une sorte de préfiguration de la Nouvelle Histoire – où fit irruption l’étude des représentations collectives, des structures de ce qu’un autre appela l’inconscient collectif, des idées, des ensembles sociaux, bref d’une peinture globalisée de la vie quotidienne, si j’ose m’exprimer ainsi – il refusait de trier entre faits « objectifs » et « histoires ». Qu’elles soient même légendes, qu’importe, puisqu’elles retraçaient la vie !
DuBois-Melly Charles – L’Amour et la Peste : Près de Genève, en 1624, Maurise surnommée la Mardochée est chassée de Vandoeuvres pour sorcellerie. Avec sa fille, la petite Phœbé, elle trouve refuge chez Mermet Tâtet, fermier de la Martinière à Ambilly en Haute-Savoie. Mermet les prend en affection et se bat pour épouser Maurise. Mais le bonheur est de courte durée et après la mort de ses parents, Phœbé est recueillie par monsieur de Maisonneuve qui reprend la Martinière.
Hugo Victor – Histoire d’un crime (tome 2), Cahier complémentaire et lien vers Napoléon le petit : Le premier volume d’Histoire d’un crime était consacré aux deux premières journées du coup d’État de Louis-Napoléon (1 et 2 décembre 1851). Hugo y racontait Paris assiégé, la constitution bafouée, les députés de la gauche menés en prison, la résistance organisée dans l’urgence. Le second volume, plus poignant encore, témoigne des terribles journées des 3, 4 et 5 décembre qui consomment la défaite de la gauche et cimentent la prise de pouvoir du futur Napoléon III. Hugo, traqué par la police, est constamment obligé de changer d’asile, au péril de sa vie. Comme ses compagnons de lutte, il ne dort que quelques heures, mange à peine et ne peut rentrer chez lui, au risque d’être appréhendé. Mais jamais sa détermination ni son courage ne vacilleront, même lorsque le bruit court que sa tête est mise à prix. Porté par sa mission sacrée de représentant du peuple et aiguillonné par l’urgence d’une situation qui se détériore d’heure en heure, il sillonne de long en large un Paris préhaussmannien qui prend sous sa plume des allures d’inquiétant labyrinthe. Passant de barricades en réunions clandestines, il rédige des communiqués, signe des proclamations, engage les soldats à ne pas user de leurs armes contre leurs frères et exhorte le peuple à se soulever (Laurent 241 & ss.). En vain. Les faubourgs populaires, durement réprimés en juin 1848, ne font plus confiance à la gauche ; ils tergiversent ou refusent tout bonnement de se joindre à l’insurrection. La fusillade effroyable du 4 décembre, décrite comme une hallucinante descente en enfer, tue toute velléité de révolte et scelle la victoire de l’autoritarisme. Le 11 décembre 1851, devant son arrestation imminente, le poète, déguisé en ouvrier et muni d’un faux passeport, prend le train pour Bruxelles. Il y entamera un exil de 19 ans qui le mènera à Jersey puis à Guernesey et ne s’achèvera qu’en 1870.
Hugo Victor – Histoire d’un crime (tome 1): Comme l’indique son sous-titre, Histoire d’un crime est moins un essai historique au sens traditionnel du terme que la Déposition d’un témoin. Ce témoin, c’est bien sûr Hugo lui-même, qui a participé aux événements qu’il relate. À partir de notes griffonnées sur le vif, l’auteur d’Hernani et de Notre-Dame de Paris nous livre en effet un récit alerte et « saignant de réalité », un récit où le « nous » et le « on » alternent avec un « je » qui se fait tour à tour acteur, témoin, juge d’instruction et greffier (Hovasse, 30 et ss). Le crime dont il est question est le coup d’État du 2 décembre 1851 qui sonne le glas de la Deuxième République (1848-1852) et conduit à la proclamation du Second Empire (1852-1870). L’auteur du crime est nul autre que le médiocre neveu du premier Bonaparte : Louis-Napoléon Bonaparte, le « Prince-Président » de cette fragile république née de la Révolution de 1848, une république dont il a solennellement juré de défendre la constitution mais qu’il finira par trahir en s’arrogeant le titre de Napoléon III.
Stefan Zweig – Magellan: À la fin du XVe siècle, le commerce des épices venant des mers de l’Extrême-Orient vaut de l’or. Leur acheminement vers l’Europe est long et périlleux. Le capitaine portugais, Fernand de Magellan (vers 1480-1521), acquiert la certitude qu’il existe une voie plus courte vers ces « Indes Orientales », en naviguant toujours vers l’ouest. Ce que Christophe Colomb n’a pas accompli, il le réalisera pour le compte de la couronne de Castille.
Summer Mary – Les Religieuses bouddhistes depuis Sâkya-Mouni jusqu’à nos jours: Des femmes étaient venues trouver Bouddha afin qu’il leur permette de devenir nonnes. Le Bouddha refuse dans un premier temps, puis face à leur détermination, accède à leur demande. Mais, soucieux de la bonne marche des monastères, il édicte des règles plus sévères pour les femmes que pour les moines. Summer, avec sa connaissance des légendes, retrace quelques aventures de ces premiers temps du bouddhisme, les Nâgas (démons) se mêlant de la vie du monastère.
Zweig Stefan – Tolstoï: Stefan Zweig (1881-1942), à côté de ses nouvelles, pièces de théâtre et autres poésies, a beaucoup écrit de biographies. Ici il relate la vie de cet écrivain, Tolstoï, il analyse sa façon de travailler, de ciseler ses textes jusque dans le moindre détail, de le reprendre et de le corriger, d’accumuler mille petits détails qui lui servent de «matière première» à l’élaboration de son œuvre.