Eberhardt Isabelle – Pages d’Islam

Eberhardt Isabelle – Pages d’Islam - Bibliothèque numérique romande - Gerhard Hüdepohl programme VT - 2004 La Lune et Vénus au - dessus de l ’ observatoire du Paranal Eberhardt Isabelle – Pages d’Islam : Pages d’Islam, d’Isabelle Eberhardt est un recueil de nouvelles: les observations faites lors de ses périples. On y croise des personnages d’une incroyable diversité : un accordeur de piano qui devient mage la nuit, un sorcier guérisseur plein de sagesse ou une sorcière pilleuse de cadavres pour ses charmes ; des légionnaires russes, allemands, des appelés, des spahis, des mokzanis, ceux-ci tous  soldats qui se retrouvent dans leurs difficultés de réinsertion, mais restent séparés par  le mur de leurs appartenances, mur dont les deux soldats amis Louis Lombard et Dhamane Bou Saïd vont faire la dure expérience. Et des femmes amoureuses, délaissées, qui se confrontent à leur destin. Des marginaux, des fellahs, et tant d’autres. Ils sont tous d’une profonde humanité : leurs souffrances, leurs bonheurs et leurs vies sonnent justes, leurs émotions rappellent les nôtres. Ces textes, écrits vers 1903 en Algérie ont gardé toute leur actualité et sont écrits dans une langue magnifique, à la fois rude et poétique. Nous vous les proposons dans ce livre numérique.

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8 réflexions sur “Eberhardt Isabelle – Pages d’Islam”

  1. Je viens de télécharger deux livres de Eberhardt Isabelle et je vous en remercie de me l’avoir permis gracieusement. Pourriez-vous enrichir votre bibliothèque avec les oeuvres d’écrivains francophones d’Afrique du nord, ceux qui sont tombés dans le domaine bublic, cela s’entend, comme les Amrouche, par exemple.

    1. Association Bourlapapey

      Pourquoi pas? Mais pour Jean El-Mouhouv Amrouche, il est décédé le 16.04.1962 et il sera dans le domaine public, en Europe, soixante-dix ans plus tard, soit le 01.01.2033. Pour sa soeur, Marie Louise Taos Amrouche, ce sera le 01.01.2047.

  2. Après avoir télécharger plusieurs ouvrages et posté un commentaire, je voulais aussi dire que le téléchargement libre permet aussi d’envoyer des livres numériques aux amis… (je vais en envoyer par l’intermédiaire un joli support externe). Malheureusement, il est incroyable que l’on ne puisse pas encore acheter facilement un livre électronique pour l’offrir.
    Alors doublement merci de permettre un tel échange.

    1. Isabelle Eberhardt (1877- 1904)
      Pages d’Islam Textes réunis par Victor Barrucaud 1932
      Edité par Bourlapapey Bibliothèque Numérique Normande http://WWW.obooks-bnr-com
      Livre de 220 pages regroupant 11 grands titres :
      I’ OBSCURITE – Femmes- Nomades- Fellah- En marge- Au village-Dans la région-Frères de rencontre-Partir-Divagations- Fragments et variantes. Chacun renferme une ou plusieurs nouvelles soit un total de 38 histoires.
      Dès le début en présentant El Hadj Zoubir Ettazi de Taza Maroc, Isabelle parle de sciences musulmanes et de sorcellerie ‘’art qui se conserve depuis des siècles dans l’isolement farouche et l’obscurité marocaine’’*
      Par cette précision, elle invite le lecteur à ne pas confondre les deux sciences.
      A – La plus vieille. Les sorciers prétendent connaître l’avenir et le passé de leurs clients. Bien qu’ils reconnaissent que ‘’la vie et la mort sont entre les mains de Dieu’’*, chacun soutient’’ qu’il est celui qui blesse et guérit ; celui qui réveille et qui endort’’*certains fidèles leur reconnaissent des pouvoirs surnaturels et leur propagent des vertus que le hasard, des fois, fit concorder avec la réalité.
      Isabelle cite des exemples d’El Hadj Zoubir de Taza, El hadj Abdelhadi d’Oujda et leur compatriote Si Abdeslam qui de voyant passa au violeur (Affaire avec la juive Rakhil) Les sorciers utilisent tout, même une partie d’un mort comme le cas de la sorcière El Ghoula de Souf qui déterra une main après avoir profané la tombe.
      B Les sciences musulmanes. Elles puisent dans le coran et la vie du Prophète que le Salut d’Allah soit sur lui leur source. Elles interdisent et condamnent sévèrement la sorcellerie. A l’opposé des premières, elles éclairent les esprits et réveillent les consciences. L’érudit soutient que la vie et la mort, la connaissance du passé et celle de l’avenir sont entre les mains d’Allah.
      Isabelle Eberhardt nous révèle que le Meddah a sa place dans la société. Il est reconnu comme intellectuel car les histoires qu’il conte lui ont demandé bien des déplacements au Maghreb et en Orient. Octroyant au sultan des Saints Abdelkader El Djilani de Baghdad (pourtant bien mort) des pouvoirs surnaturels, El Hadj Abdelkader El Meddah arrive par ses histoires merveilleuses à se faire remarquer par des femmes lors de la ziara. Certaines parviennent à le voir en pleine nuit…
      Lorsque les cœurs sont frustrés, séparés par des décisions injustes ou par profit, les amoureux perdent tout goût à la vie et errent sans but (tels le Taleb Si Abderrahmane

      savant, professant le coran et la Loi à la mosquée qui tomba amoureux d’une jeune femme promise à un khammès… Et mère Kheira la Dérouicha qui connut les rapports illicites s’est vu mariée contre son gré à un khammès ayant déjà deux femmes, dût quitter les méchancetés du foyer conjugal après la mort de son mari, pour vaguer partout.
      Même si les pauvres aiment écouter les histoires invraisemblables, ils mettent à l’honneur les hommes énergiques, pieux, francs. Ils les élèvent au rang de marabout pour les services rendus à l’exemple de Sidi Bouchakour qui s’opposa à la haine du caïd, le représentant de l’occupation française. D’autres tel le respecté, Hadj Hammouda imam, vivant bien seul dans une étroite boutique reprend son calame et continue sa copie du coran durant les moments libres, après les prières qu’il commandait à la mosquée. Tous deux préfèrent vivre dans la simplicité, dans la pudeur et dans l’honneur.
      Dans les Femmes : Des aventures amoureuses qui finissent toujours par une séparation douloureuse. Chacun suivra sa destinée : vivant en ermite, mettant volontairement fin à sa vie, se noyant dans le vice.
      Dans Criminel, Isabelle révèle l’injustice qu’ont subie les Oulad Bou-Naga à qui au nom de la loi ont été démunis de leurs terres nourricières pour quelques sous insignifiants mais, malgré les réclamations, ils n’ont jamais obtenu gain de cause. Révoltés, ils incendient les récoltes du colon devenu seigneur et les Oulad Bou-Naga valets sur leurs terres. Les mots d’Isabelle : « Le crime dit-elle est souvent, surtout chez les humiliés, un dernier geste de liberté. » révèlent l’éveil de conscience d’un peuple qui refuse la colonisation.
      Dans Hausser, Isabelle , dans des histoires de déserteur et de prisonniers militaires et civils arabes crie à l’injustice :-« Et tous ces hommes que, civils comme militaires, aucune juridiction régulière n’a jugés, qui sont livrés au bon plaisir de chefs hiérarchiques et d’administrateurs qui les condamnent sans appel, en dehors de toutes les formes élaborées par les codes, s’en vont, mornes, l’œil sombre, le visage poussiéreux et ruisselant de sueur vers les géhennes obscures du sud, où leurs souffrances sont sans témoins, et leurs plaintes sans écho. »*
      La suite des nouvelles est consacré à l’injustice à l’égard des indigènes qui, dépossédés, vivaient et mouraient dans la misère. Ayant perdu la terre mais qui la travaillaient aux profits des colons qui les considèrent comme ennemis et les traitèrent en pouilleux le doigt sur la gâchette. Toute perte incombe aux innocents gens du pays et le vol de l’oie (cité en exemple) pèse lourd sur eux et la presse écrite, elle-même s’en mêle. Etouffé démuni de tout, ne restait au paysan qu’un regard attristé mais bien expressif.
      « « Dans ce regard, il y a le désespoir affreux de la bête prise au piège, et la haine instinctive du paysan à qui on a pris sa terre et la tristesse de l’exilé… » »*

      Les colons venus de toutes les nationalités ayant loupé leur avenir en Europe ont été acheminés en Algérie pour tenter leur chance. Ils avaient tous les droits sur la race soumise, considérée bien inférieure aux leurs.
      Mais entre Français de bonne souche et Algérien pourrait naître une vraie amitié que Lombard et Bou Saïd ont élargie pour atteindre leurs familles. Et la connaissance de la religion de la terre d’accueil entra au cœur de Roberto Fraugi m’tourni Mohammed Kasdallah. Il a changé de veste, il a trouvé dans l’Islam la justice et la paix de l’âme et chez les Musulmans, la bonté, la fidélité et la fraternité humaine.
      Après bien des essais pour s’accaparer du bonheur qui toujours la fuit, Isabelle croit l’avoir trouver dans le vagabondage. Et ce droit à l’errance qui, pour le vagabond, est un besoin d’oubli et de repos, lui a rendu la liberté, la joie de vivre et de mourir dans la simplicité et la tranquillité.
      Les dernières nouvelles ‘’Fragments et Variantes’’ représentent quelques fragments de la vie d’Isabelle : une éducation manquée où l’enfant ne cesse de demander au père de le reconnaître officiellement mais ayant vu que ce droit légitime lui a été refusé, alors la vie ne valait plus la peine d’être vécue. A son histoire personnelle, elle ajouta quelques variantes en empruntant des noms et des scènes qu’elle avait vues ou même vécues.
      Dans l’histoire d’EL Moungar, elle aiguise la curiosité du lecteur et le prépare à la suivre dans un nouvel épisode dans le Sud-ouest algérien.
      Ces textes ont été réunis par Victor Barrucaud dans un recueil qu’il a intitulé «Pages d’Islam ». Cependant les scènes qu’elles renferment sont le vécu et le produit de toute l’humanité. Tous les peuples commettent des fautes et de bonnes actions, des déclins et des exploits. Les relations « hommes et femmes » infidélité, déshonneur, suicide, vices, vengeance, amitié sont partout les mêmes donc ces pages sont totalement étrangères à l’Islam et le titre a été peut être choisi seulement pour attirer plus de lecteurs.
      Mes remerciements aux Editions Bourlapapey qui m’ont permis la lecture gratuite de ce livre.

      Ahmed D. 28/05/2015

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