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Maeterlinck Maurice - La Vie des Termites - Bibliothèque numérique romande - Scott Bauer Une brèche dans un nid de termites souterrains à FormoseMaeterlinck Maurice – La Vie des Termites : Ce sont les termites, ces autres insectes à l’organisation sociale complexe, que Maurice Maeterlinck nous présente bien des années après son essai sur La Vie des Abeilles. Quelle différence! Aveugles et sans défenses naturelles, les termites ont besoin de températures élevées (mais pas trop) et d’une atmosphère humide. Or les régions du globe où se sont développés ces rescapés du tertiaire (voire du primaire) sont arides. La termitière est donc un univers clos à l’atmosphère contrôlée qui projette au loin ses conduits souterrains. Architectes «de l’intérieur», condamnés à ne jamais voir leurs édifices, ils ravagent sans être remarqués les arbres ou maisons auxquels ils s’attaquent «du dedans». Des mécanismes biologiques (cultures de champignons ou bactéries intestinales), leur permettent de se nourrir de cellulose, universellement répandue. Alors, encore une fois, devant ce mode de vie complexe, instinct ou intelligence?

Cette question nous ramène aux interrogations de Maeterlinck sur la vie et l’âme, la matière et l’esprit: les termites «nous dévoilent aussi, à côté de celle que nous rencontrons en nous-mêmes, mais qui sans doute est trop subjective, une face de l’Anima Mundi; et c’est en dernière analyse, l’intérêt véritable de ces observations entomologiques qui, privées de ce fond, pourraient paraître assez petites, oiseuses et presque enfantines». Mysticisme et symbolisme que l’on ne saurait séparer de l’ensemble de l’œuvre du poète comme de celle de l’essayiste. «La critique s’est contentée de souligner le penchant de Maeterlinck pour les doctrines ésotériques, sans voir qu’il était un lien étroit entre les essais scientifiques et la création littéraire. L’Oiseau bleu en est le document» (Paul Gorceix in Maurice Maeterlinck, La Vie de la nature, 1999, Postface, p. 500). Maeterlinck voit aussi dans l’évolution des ces sociétés si anciennes une préfiguration possible de notre «jeune» évolution et s’inquiète de la déshumanisation qu’il pressent dans la société moderne. Pour y échapper, faudrait-il un surhomme à l’intelligence supérieure, à l’imitation des termites qui ont modifié leur physiologie et leur anatomie? Ou plutôt accepter notre appartenance à la nature: «tant que nous nous trouvons dans notre corps, nous sommes presque complètement exclus des mondes spirituels dont nous présumons l’existence et incapables de communiquer avec eux. […] Quoi qu’il en soit, «ne prétendons pas changer la nature des choses, nous dit Épictète, cela n’est ni possible ni utile; mais les prenant telles qu’elles sont, sachons y accommoder notre âme» Près de deux mille ans écoulés depuis la disparition du philosophe de Nicopolis ne nous ont pas encore apporté de plus riantes conclusions.» C’est la conclusion de Maeterlinck.

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