
Le Faure Georges & Graffigny Henri de – Aventures extraordinaires d’un savant russe (partie 1 La Lune) : Dans la Russie tsariste de la fin du 19e siècle, Ossipoff rêve de la Lune et des planètes du système solaire où il pense que de la vie est possible. Il vient de découvrir un explosif qui pourrait servir de carburant pour une fusée. C’est alors que Séléna, sa fille, lui présente Gontran de Flammermont, un jeune attaché d’ambassade dont elle est amoureuse. Le confondant avec Camille Flammarion, le célèbre astronome, Ossipoff lui parle d’enthousiasme et lui présente ses projets. Mais est-il prudent de fabriquer des explosifs alors que le tsar pourchasse les nihilistes, ce d’autant qu’Ossipoff ne manque pas d’envieux, comme Fedor Sharp, le secrétaire de l’Académie des Sciences ?
Heureusement Gontran – qui jouera le candide destinataire des explications scientifiques, lui, le profane obligé de jouer au savant – a un ami, l’ingénieur débrouillard Alcide Fricoulet, aux vastes connaissances. Ses ressources inépuisables seront le moteur de ces aventures. À l’opposé, Ossipoff – qui méprise ce faux savant au profit de Gontran qu’il estime être le vrai scientifique – sera la volonté inaltérable tout au long des divers épisodes, Séléna, l’autre profane, étant la jeune fille à protéger bien qu’elle ne manque ni de ressources, ni de savoir faire. Aux protagonistes de ces aventures, s’ajouteront Jonathan Farenheit, l’américain, et Sharp, l’ennemi, le méchant prêt à tout.
Suivi, entre 1889 et 1896, de trois autres épisodes, ces récits de science-fiction furent écrits par Georges Le Faure, en collaboration avec Henry de Graffigny, et illustrés, pour l’ensemble, de plus de 1400 illustrations de dessinateurs connus de l’époque. Cette aventure spatiale à la manière vernienne marque un tournant car elle fut la première œuvre de SF à envisager un voyage dans l’ensemble du système solaire. Dès lors, les auteurs et leurs héros ne se limiteront plus à la Lune.
Bien que la technologie du 19e siècle puisse, aujourd’hui, nous faire sourire, ces aventures reprirent et popularisèrent – dans une volonté pédagogique – le cadre et les descriptions des observations vulgarisées par les ouvrages de Camille Flammarion, bien qu’avec une bonne dose d’imagination. Le lecteur moderne appréciera aussi combien cette science « démodée » a évolué aujourd’hui, par essais et erreurs, et combien la croyance aveugle dans le progrès s’est enrichie d’une bonne dose de réflexion quant à ses finalités.
[Sources : Stableford, Brian. « The Plurality of Imaginary Worlds », pp. 364-368. Survey of Science Fiction Literature I, Tarzana : Black Coat Press, pp. 109-112 (2016) ; Versins, Pierre. Encyclopédie de l’Utopie, des Voyages Extraordinaires et de la Science Fiction, Lausanne : L’Âge d’homme. pp. 521-22 (1972) ; présentation Ebooks libres et gratuits.] L’illustration de première page (maquette Yves) de Henriot (Henri Maigrot) reprend le frontispice de notre édition de référence.
