Éluard Paul – L’Amour La Poésie

Éluard Paul – L’Amour La Poésie: Ce recueil de poèmes, un des deux recueils les plus connus de Paul Éluard avec «Capitale de douleur» est paru en 1929, après un hiver (1928) passé en sanatorium avec Gala qui devait le quitter peut après pour Salvador Dali. Il contient notamment le célèbre poème La terre est bleue. Il comprend trois parties: Premièrement, Seconde Nature et Comme une image. Dans Premièrement, Éluard aborde l’éloignement de la femme qu’il aimait mais aussi, poursuit «l’image de celle-ci à travers sa poésie, véritable « bouche d’alliance », de qui il attend l’impossible réunion des amants». La Seconde nature est celle du poète solitaire. «Délestée de l’amour, [elle] ne peut plus être pour Éluard qu’une vie diminuée». Solitaire «revêtu d’une seconde nature », [le poète] interroge l’espace de ses poèmes comme les murs blancs et vides d’une prison». Dans Comme une image, une certaine ironie se manifeste dans une exploration/scrutation de mots, d’images étranges. «Cependant, parmi les ombres laissées par ces images décevantes, le poète commence à discerner celles qui le ramèneront lentement vers la vie et lui feront découvrir la fraternité humaine.»

Cette lecture «permet de découvrir non seulement la richesse individuelle des images éluardiennes, mais aussi leur enchevêtrement étroit à tous les « éléments » du poème; non seulement la beauté vivante et tragique de chaque poème, mais également le lien organique qui fait de chacun d’eux une étape nécessaire dans une aventure qui présente toutes les caractéristiques d’une exploration intérieure. Seule une extrême tension, celle-là même qui garde la main aux confins de la caresse et de l’écriture, peut maintenir ainsi juxtaposés l’amour et la poésie.[…] À travers la « désensibilisation » qui lui a été imposée, la poésie éluardienne s’achemine vers l’universalisation qui, paradoxalement, ranime chez le poète le goût du réel, du concret, de la « vie immédiate ». L’Amour la poésie retrace l’aventure d’un homme désespéré et déchiré entre l’amour et la poésie, entre le réel et l’imaginaire, d’un homme à qui la poésie merveilleusement redonne, avec l’amour, le goût et la passion de la vie.» (source de cette présentation: Gabrielle Poulin, présentation de Une lecture de l’amour la poésie de Paul Éluard, Thèse et mémoires doctoraux, Savoirs UdeS, Université de Sherbrook, 1974.)

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

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