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Staël-Holstein Germaine de – Corinne (tome2)

Staël-Holstein Germaine de - Corinne ou l'Italie 2 - Bibliothèque numérique romande - Joseph Wright of Derby Vésuve depuis PausilippeStaël-Holstein Germaine de – Corinne ou l’Italie (tome2) : Dans ce deuxième tome, après avoir vécu bonheur, succès, amour et communion de l’esprit, Edward et Corinne, se confient leur histoires de vie et découvrent que leur union se heurte à des interdits et à des préjugés. Corinne ne saurait-elle être une bonne épouse aux yeux de la morale anglaise à cause de son génie artistique ?  Souffrance, malentendus, trahisons sont au rendez-vous de ce drame romantique qui connut le succès dans l’Europe entière. Roméo et Juliette périrent l’un et l’autre mais Corinne et Edward seront-ils vraiment égaux face aux peines d’un amour malheureux ? Écrit à l’aube du romantisme, cet ouvrage cosmopolite et féministe avant l’heure mérite une relecture, qui vous passionnera…

Germaine est la fille du banquier Jacques Necker, et de Suzanne Curchod (originaire du canton de Vaud). Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère. À la suite de ses ennuis politiques (décrits dans Dix années d’exil) elle fera de Coppet, sur La Côte vaudoise en Suisse, le lieu principal de rencontre du Groupe de Coppet, l’un des principaux Think-Tank de son époque. Sa relation malheureuse avec Benjamin Constant l’inspira sans doute pour le drame de Corinne. Selon ses contemporains, elle fut « la femme la plus extraordinaire qu’on vit jamais » (Stendhal), « un être à part, un être supérieur tel qu’il s’en rencontre peut-être un par siècle » (Benjamin Constant avec qui il eut une relation orageuse). Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : « Il faut reconnaître après tout que c’est une femme d’un très grand talent… » L’année 2017 est celle du bicentenaire de son décès que la Bibliothèque numérique romande a tenu à commémorer par plusieurs publications.

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Staël-Holstein Germaine de – Corinne (tome 1)

Staël-Holstein Germaine de - Corinne 1 - Bibliothèque numérique romande - Giovanni Paulo Panini - Panthéon et autres monumentsStaël-Holstein Germaine de – Corinne (tome 1) : Il est difficile, aujourd’hui, d’envisager l’ampleur du succès que connu Corinne dans l’Europe tout entière. Jusqu’en Suède, Selma Lagerlöf met en scène une jeune femme romantique qui, la mort dans l’âme, est obligée de jeter du traîneau ses deux exemplaires de Corinne pour distraire les loups qui la poursuivent. Comme l’écrit dans sa préface Mme Necker de Saussure, Corinne est un ouvrage au double sujet : « C ’est une composition de génie dans laquelle deux œuvres différentes, un roman et un tableau de l’Italie, ont été fondues ensemble. Les deux idées sont évidemment nées à la fois : l’on sent que l’une sans l’autre elles n’auraient pas pu séduire l’auteur, ni correspondre à ses pensées […] Le naturel, et un naturel ardent, passionné, bien que tendre et mélancolique, y perce de toutes parts, et il n’y a pas une ligne qui ne soit écrite avec émotion. Madame de Staël s’est, pour ainsi dire, divisée entre ses deux principaux personnages. Elle a donné à l’un ses regrets éternels, à l’autre son admiration nouvelle : Corinne et Oswald, c’est l’enthousiasme et la douleur, et tous deux c’est elle-même. » Écrit à l’aube du romantisme, cet ouvrage cosmopolite et féministe avant l’heure mérite une relecture, qui vous passionnera…

Germaine est la fille du banquier Jacques Necker, et de Suzanne Curchod (originaire du canton de Vaud). Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère. À la suite de ses ennuis politiques (décrits dans Dix années d’exil) elle fera de Coppet, sur La Côte vaudoise en Suisse, le lieu principal de rencontre du Groupe de Coppet, l’un des principaux Think-Tank de son époque. Selon ses contemporains, elle fut « la femme la plus extraordinaire qu’on vit jamais » (Stendhal), « un être à part, un être supérieur tel qu’il s’en rencontre peut-être un par siècle » (Benjamin Constant avec qui il eut une relation orageuse). Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : « Il faut reconnaître après tout que c’est une femme d’un très grand talent… » L’année 2017 est celle du bicentenaire de son décès que la Bibliothèque numérique romande a tenu à commémorer par plusieurs publications.

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Staël Germaine de – Dix années d’exil

Staël Germaine de - Dix années d'exil - Bibliothèque numérique romande - portrait de Vladimir BorovikovskyStaël Germaine de – Dix années d’exil : «Trouvez-vous que mes enfants et moi sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes?» (Madame de Staël à Camille Jordan, 1er novembre 1810, Diesbach 471). La colère de la célèbre baronne n’a d’égale que son désespoir face aux circonstances tragiques qui entourent la publication de De l’Allemagne. Alors qu’elle travaille aux corrections du troisième volume à Chaumont-sur-Loire, en septembre 1810, l’œuvre, jugée suspecte par la police de Napoléon, est supprimée et mise au pilon. Son auteure, déjà interdite de séjour à moins de quarante lieues de la capitale, est expulsée de France et bannie de tous les territoires sous domination française, hormis Coppet et Genève. Cette condamnation tombe comme un couperet. Assignée à résidence dans sa propriété des bords du Léman, privée de son brillant salon et étroitement surveillée par les sbires de l’Empereur, l’illustre châtelaine devient du jour au lendemain une pestiférée qu’il est dangereux de fréquenter. Ses plus fidèles amis en feront l’amère expérience. Coppet, qui avait été pour elle un havre sous la Révolution, Coppet, dont elle avait fait le plus important think tank de la pensée européenne, est désormais une prison où elle se morfond, malgré la présence de ses enfants et celle de John Rocca, son nouvel et jeune amant.

Abattue, mais non point vaincue, l’irréductible adversaire de Napoléon riposte en complotant sa fuite en Angleterre. En attendant les passeports, qui tardent à venir, elle entame Dix années d’exil. Ces mémoires, inachevées, ne seront publiées qu’en 1821, soit six ans après sa mort. Elles comprennent deux parties. La première, ébauchée à Coppet en 1811, couvre la période 1800-1804. L’auteure y dénonce le despotisme naissant de Bonaparte et les persécutions dont elle fut la victime. La deuxième, rédigée à Stockholm vers la fin de 1812, est moins polémique. Madame de Staël saute six années de sa vie pour relater « à chaud » son extraordinaire évasion de Coppet le 23 mai 1812. Accompagnée de sa fille Albertine et de deux serviteurs, l’intrépide femme de lettres est rejointe en route par ses fils Auguste et Albert, leur tuteur, Auguste Schlegel, ainsi que Rocca. Les ports de la Manche leur étant fermés, ils sont obligés d’effectuer un immense détour qui les force à traverser toute l’Europe en guerre et les entraîne, via l’Autriche, la Bohème, la Moravie et la Pologne, jusqu’à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. Précédée de sa gloire littéraire, mais talonnée par la Grande armée en marche, l’auteure de Delphine et Corinne se hâte de ville en ville, où elle est à chaque fois accueillie comme une célébrité. C’est ironiquement en Russie, où survit le servage, qu’elle recouvre la liberté. Là n’est pas le moindre paradoxe de ce pays qui la fascine par son immensité, sa piété, ses coutumes orientales et son fervent patriotisme. À Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à la cour impériale, elle forge des liens personnels avec le tzar Alexandre I, qui la traite en égale et aborde avec elle les grandes questions européennes. Son récit s’interrompt brusquement en septembre 1812, alors qu’elle et les siens s’apprêtent à rejoindre la Suède, d’où ils gagneront Londres en juin 1813.

Dans ces mémoires où elle mêle étroitement son destin personnel à celui de la Nation et de l’Europe tout entière, Madame de Staël (ou son fils Auguste, qui fit des coupes importantes dans le manuscrit pour préserver la réputation de sa mère) ne nous dit évidemment pas tout. Elle tait par exemple la naissance secrète de son cinquième enfant, qui retarda de neuf mois son évasion ; elle passe aussi sous silence son mariage clandestin à John Rocca, ainsi que sa présence à ses côtés durant tout le périlleux voyage. Dans la liste de ses griefs contre Napoléon, elle minimise également l’influence considérable qu’elle-même exerça dans l’opposition, tout comme elle élude plus tard son rôle dans les pourparlers qui conduisirent la Suède et la Russie à rejoindre la sixième coalition contre la France. Malgré ces lacunes et omissions, cette autobiographie offre un aperçu passionnant sur une vie et une époque mouvementées. Madame de Staël y démontre avec éclat que les exils répétés dont elle fut l’objet, loin de la réduire au silence et à l’oubli, contribuèrent grandement à accroître sa notoriété et sa sphère d’influence sur la scène politique internationale. [Sources : Ghislain de Diesbach, Madame de Staël (Perrin 1983) ; Madame de Staël, Dix années d’exil. Édition critique par Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifaccio (Fayard 1996) ; Michel Winock, Madame de Staël (Fayard 2010).]

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Staël Germaine de – Delphine (tomes 4-6)

Staël Germaine de - Delphine 4-6 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Cloître albigeoisStaël Germaine de – Delphine (tomes 4-6) : « Un homme doit braver l’opinion, une femme doit s’y soumettre. » Cet avertissement, placé en exergue au roman, érige le conformisme féminin en vertu sociale. La phrase, tirée d’un ouvrage posthume de Madame Necker, résonne avec une urgence particulière dans le deuxième volume de Delphine. Elle n’est cependant pas sans ambiguïté. Car Madame de Staël, qui croit au progrès et défend la cause des femmes, ne saurait souscrire à la sévère maxime de sa mère. Dès lors, en prenant pour sujet le destin tragique d’une héroïne qui ose braver l’opinion, tandis que l’homme qu’elle aime, Léonce, en est l’esclave, l’auteure ne se borne pas à entériner une société fondée sur deux poids, deux mesures ; elle dénonce avec vigueur le caractère répressif d’un système patriarcal qui se perpétue bien au-delà de l’Ancien régime.

Malgré leur passion réciproque, les deux héros ont peu de choses en commun. Delphine, qui a été éduquée par son tuteur dans le respect de la liberté et de l’égalité, selon les principes philosophiques et religieux des Lumières, incarne l’aristocratie libérale, ouverte au progrès et aux idées nouvelles. Léonce, qui a hérité de sa mère espagnole une conception archaïque de l’honneur et un rigide esprit de caste, représente au contraire sa faction la plus rétrograde. La machiavélique Madame de Vernon aura alors beau jeu de détruire leur union pour favoriser celle de sa dévote fille, Mathilde, qu’elle destine au fier et ombrageux Léonce.

À l’opposé de ce personnage taciturne et avide de pouvoir, en qui certains contemporains virent un portait de Talleyrand habillé en femme, Henri de Lebensei, l’ami et conseiller de Delphine, est un pur produit de l’aristocratie éclairée. Ce protestant, éduqué en Angleterre et inspiré en partie par Benjamin Constant, représente le porte-parole politique de l’écrivain. Ses lettres sont de vibrants réquisitoires contre le mariage forcé, les vœux monastiques, l’émigration. Elles touchent ainsi à tous les sujets chers à Madame de Staël, y compris la loi sur le divorce, votée le 20 septembre 1792, mais sévèrement limitée sous le Consulat.

La Révolution, qui n’était encore qu’une lointaine rumeur au début du premier volume, se précise au fur et à mesure que l’on avance dans le roman. On recueille ainsi, au détour des phrases, les échos des événements les plus marquants de l’époque : la fuite et l’arrestation de la famille royale (juin 1791), la saisie des biens des émigrés (juillet 1792), la chute de la monarchie (10 août), les massacres de septembre et l’entrée de l’armée prussienne sur le territoire français. La guerre révolutionnaire, tel un deus ex machina, précipitera en effet le dénouement. Entre la défaite de Verdun, le 2 septembre 1792, et la victoire de Valmy, le 20 septembre, Léonce, qui s’apprête à rallier l’armée des Princes, est arrêté et fusillé comme traître à la patrie. Delphine, trop faible pour le sauver, se suicide. C’est donc tout un monde qui s’écroule à la fin : Léonce meurt parce que les normes politiques et sociales qu’il représente ne sont plus d’actualité ; Delphine, en avance sur son temps, est victime de circonstances contre lesquelles une femme seule n’a pas la force de lutter.

[Sources : Simone Balayé, Madame de Staël, écrire, lutter, vivre (Droz 1994) ; Madame de Staël, lumières et liberté (Klincksiek 1979).]

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Staël Germaine de – Delphine (parties 1-3)

Staël Germaine de - Delphine (parties 1-3) - Bibliothèque numérique romande - Sliceofbeing Allée dans le parc du Château de CoppetStaël Germaine de – Delphine (parties 1-3) : Lorsque paraît Delphine, en décembre 1802, son auteure est une figure aussi célèbre que controversée. Héritière des Lumières, intellectuelle libérale et républicaine convaincue, l’effervescente Madame de Staël gouverne une partie de l’opinion et fait déjà trembler le pouvoir de sa plume.

D’origine suisse mais Française d’adoption, Germaine de Staël est issue de la grande bourgeoisie protestante. Sa mère, vaudoise et fille de pasteur, tient un salon que fréquentent Diderot, d’Alembert, Lafayette, Talleyrand et bien d’autres. Son père, le Genevois Jacques Necker, fut trois fois ministre des Finances sous Louis XVI et présida au destin de la France au moment le plus critique de son histoire. Brillante, séduisante sans être belle, Germaine, née à Paris en 1766, se révélera une femme de tête autant que de cœur : ses amours orageuses, ses cinq maternités (dont une fille avec Benjamin Constant, née en 1797) ne l’empêcheront jamais de penser ni d’écrire. Bravant les tabous qui interdisent au « beau sexe » de s’adonner à une activité autre que d’agrément, elle inaugure sa carrière de femme de lettres à vingt-deux ans en publiant un essai fort remarqué sur Rousseau. Les ouvrages suivants, qui traitent d’histoire, de philosophie et de littérature, la consacrent comme un écrivain engagé, qui défend les idéaux de la Révolution et dénonce leur détournement sous le Consulat et l’Empire. Son salon, rue du Bac accueille la fine fleur du monde politique et intellectuel, ainsi que les membres de l’aristocratie libérale, dont elle se sent proche socialement et idéologiquement. Dotée d’une forte personnalité et d’une considérable fortune, Madame de Staël ne se contente pas de recevoir le Tout-Paris : elle participe aux débats, traite les hommes les plus haut placés sur un pied d’égalité et défend sans relâche la cause de la liberté.

Delphine, sa première œuvre de fiction, met en relief le conflit tragique entre l’individu et l’Histoire. Publié sous le Consulat, ce roman épistolaire connut un immense succès, tant en France qu’à l’étranger. L’intrigue débute en avril 1790, dans l’atmosphère raréfiée des salons de l’Ancien régime. Nous sommes sous l’Assemblée constituante, dix mois après la prise de la Bastille, et pourtant la partie la plus réactionnaire de l’aristocratie n’a pas encore compris que son monde est voué à disparaître. Ce milieu ultraconservateur, que l’auteure connaissait bien pour l’avoir fréquenté lorsqu’elle accompagnait son père à Versailles, est un univers délétère et semé d’embûches, un lieu où le persiflage et la mesquinerie vont bon train, où l’on s’espionne et s’entredéchire derrière le masque souriant des bienséances.

Seule la belle Delphine, récemment arrivée de province, ne se prête pas au jeu des médisances. Riche, élégante, intelligente, cultivée, mais orpheline et sans expérience de la vie, elle est le portrait idéalisé de l’auteure. En dépit de son jeune âge (20 ans), Delphine est veuve de Monsieur d’Albémar, son tuteur – un homme des Lumières, qui a participé à la guerre d’Indépendance américaine et ne l’a épousée que pour faire d’elle son héritière. Il lui a aussi légué une éducation éclairée qui l’a habituée à penser par elle-même et à se sentir l’égale des hommes, avec qui elle aime causer philosophie, religion, morale et politique. La droiture de Delphine, sa franchise et son mépris des préjugés sont une véritable bouffée d’air frais dans cette société figée et hypocrite. Mais elle apprendra vite à ses dépens que nulle femme, si avertie et vertueuse soit-elle, n’est à l’abri des calomnies.

[Sources : Michel Winock, Madame de Staël (Fayard, 2010) ; Simone Balayé, Madame de Staël, écrire, lutter, vivre (Droz 1994) ; « Introduction », Delphine, Tome I, (Droz 1987) ; Madame de Staël, lumières et liberté (Klincksiek 1979).]

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Staël Germaine de – De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations

Staël Germaine de – De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations - Bibliothèque numérique romande Staël Germaine de – De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations : Germaine de Staël a travaillé des années sur cet ouvrage De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, commencé avant la révolution. Elle cherchait à y développer sa pensée, (qu’elle reprendra dans d’autres de ses œuvres) sur le bonheur des nations lié à la liberté et au bon gouvernement. Arrive la révolution de 1789 puis la terreur. Républicaine mais détestant les forfaits qui ont été commis au nom de la liberté elle cherche à comprendre ce qui les a provoqués.

Dans ce livre, écrit aussi dans le contexte d’une relation difficile avec Benjamin Constant (rencontré en 1794), elle s’adresse aux « passionnés » comme elle et «fait une revue pessimiste, des passions bonnes et mauvaises et des malheurs qu’elles engendrent. Dans la mesure où même les plus belles et les plus pures […] font dépendre des autres le bonheur individuel, elles sont néfastes. Ni l’amour, ni les affections familiales, ni l’amitié n’apportent le bonheur, puisqu’on doit compter sur les autres qui se dérobent.»*

De manière très bouddhiste avant la lettre, elle finit par conclure que le bonheur réside dans le désengagement des passions et que «le sage doit en définitive se contenter de ce qui ne dépend que de lui et rechercher la sérénité qu’apportent la réflexion, l’étude, le progrès de la pensée»* : «En composant cet ouvrage, où je poursuis les passions comme destructives du bonheur, où j’ai crû présenter des ressources pour vivre sans le secours de leur impulsion, c’est moi-même aussi que j’ai voulu persuader ; j’ai écrit pour me retrouver, à travers tant de peines, pour dégager mes facultés de l’esclavage des sentimens, pour m’élever jusque à une sorte d’abstraction qui me permit d’observer la douleur en mon âme, d’examiner dans mes propres impressions les mouvemens de la nature morale, et de généraliser ce que la pensée me donnait d’expérience. Une distraction absolue étant impossible, j’ai essayé si la méditation même des objets qui nous occupent, ne conduisait pas au même résultat, et si, en approchant du fantôme, il ne s’évanouissait pas plutôt qu’en s’en éloignant. J’ai essayé si ce qu’il y a de poignant dans la douleur personnelle, ne s’émoussait pas un peu, quand nous nous placions nous-mêmes comme une part du vaste tableau des destinées […] Je l’ai essayé, et je ne suis pas sûre d’avoir réussi dans la première épreuve de ma doctrine sur moi-même».

Il n’en reste pas moins que certains de ces chapitres, comme ceux sur l’ambition, sur la vengeance ou sur l’esprit de parti (le fanatisme) sont d’une actualité politique et sociale frappante. (*extraits du site de La Société des études staëliennes que nous recommandons aux lecteurs intéressés, http://www.stael.org/.)

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