Ramuz Charles Ferdinand – Souvenirs sur Igor Strawinsky

Ramuz Charles Ferdinand - Souvenirs sur Igor Strawinsky - Bibliothèque numérique romande - Robert Delaunay Portrait de StravinskyRamuz Charles Ferdinand – Souvenirs sur Igor Strawinsky : C’est en automne 1915 que Ramuz fait la connaissance d’Igor Stravinski, grâce au chef d’orchestre Ernest Ansermet. Pendant 2 ans, ils vont collaborer, Stravinski composant ses chefs d’œuvre « Noces » et « Renard » sur des textes du folklore russe, que Ramuz traduisait en français. Malgré leurs différences de caractères, les deux hommes s’estiment et se comprennent. « Tout semblait devoir nous séparer. Vous étiez musicien, moi pas ; vous étiez Russe et veniez de très loin, moi j’étais déjà où je suis encore, c’est-à-dire où je suis né ; nous ne parlions même pas la même langue. Les choses qui nous entouraient, vous auriez pu et dû les voir d’une certaine façon, moi d’une autre ; (…) elles auraient dû se mettre entre nous. Comment donc se fait-il que ce soit pourtant par elles, à travers elles, que nous ayons si vite et si complètement communiqué ? » Ramuz initie le compositeur au vin du Dézaley et au gruyère ; Stravinski lui fait découvrir, dans sa maison de Morges, la gastronomie russe et la vodka. (suite…)

Ramuz Charles Ferdinand – Présence de la Mort

Ramuz Charles Ferdinand - Présence de la Mort - Bibliothèque numérique romande - Maquette et photo Laura Barr-WellsRamuz Charles Ferdinand – Présence de la Mort : Suite à un accident gravitationnel, la Terre tombe vers le Soleil. Sur les rives du Léman, dans la région de Lausanne, c’est l’été : il fait chaud, 36 degrés à l’ombre mais la vie se poursuit comme à l’ordinaire. Cette nouvelle, apocalyptique, que publie le journal, faut-il y croire ? mais non… ce n’est qu’une vague de chaleur qui passera… Cependant le thermomètre grimpe toujours plus haut : 38, 39, 40 degrés. Le ciel devient blanc. Les sources tarissent. On entend des bruits sourds. Des failles s’ouvrent, des gaz et des feux souterrains s’échappent. Les glaciers fondent et le niveau du lac commence à monter, inexorablement… Ses eaux prennent la couleur du sang brun. Les hôpitaux sont pleins, les passants tombent dans les rues. Face à l’inéluctable, faut-il encore travailler ? Pourquoi ne pas prendre l’argent où il est ? Dans les banques, par exemple… (suite…)

Ramuz Charles Ferdinand – Une Main

Ramuz Charles Ferdinand - Une Main - Bibliothèque numérique romande - Chaurel Chablière sous la neigeRamuz Charles Ferdinand – Une Main : Ramuz vient d’emménager dans sa maison de la Muette à Pully lorsqu’il se casse le bras et reste immobilisé plus de deux mois. Dès qu’il peut reprendre l’écriture, il note toutes les sensations et les impressions qu’il a ressenties lors de cette épreuve. Plus qu’un journal de ses maux, c’est une réflexion générale sur la vie, sur l’écriture. L’aventure, banale en soi, prend une ampleur universelle. Ramuz doit apprendre la patience, la dépendance, l’humiliation des scènes de rééducation (racontées avec humour), supporter sa maladresse et son inactivité. (suite…)

Ramuz Charles Ferdinand – Lettre à Henry-Louis Mermod

Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Henry-Louis Mermod - Bibliothèque numérique romande - Chaurel Rives du Léman vu du voisinnage de la maison RamuzRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Henry-Louis Mermod : Ramuz envoie une lettre à son éditeur suisse Henry-Louis Mermod. « Publier suppose public », lui écrit-il. L’écrivain, comme l’homme, se sent poussé à justifier ses choix face aux critiques. Comme il ne veut pas écrire pour un public instruit, ces gens du peuple dont il reprend le langage le lisent-ils ? Heureusement non, dit-il… Car ils échappent au savoir « scolaire » qui ne forme pas, mais déforme. Une certaine école ne reconnaît pas la différence, les dons plus subtils de ceux qui ne sont pas scolaires. Pourtant, ils ont d’autres valeurs : de l’expérience, un métier. Ils utilisent parfois des de sens très développés non reconnus : « l’école se méfie extrêmement des sens comme susceptibles justement de fournir à l’individu des renseignements qu’elle ne peut pas contrôler. …  (suite…)

Ramuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset

Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Bernard Grasset - Bibliothèque numérique romande - Anne Van de Perre La pleine vue des crêtesRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Bernard Grasset : « Nous n’avons pas eu de 17ème siècle ; car alors nous étions Bernois, c’est-à-dire complètement muets, inexistants. Et c’est précisément pendant ce temps, que la langue « française » prenait sa forme définitive. J’aime votre 17ème siècle, j’aime le français, un certain « français » dont il a définitivement sanctionné l’usage, mais n’y puis voir pourtant (parce que je viens du dehors) qu’un phénomène tout occasionnel, tout contingent (qui aurait pu ne pas se produire), et qui précisément, pour ce qui est de nous et de moi, ne s’est pas produit. Précisément pour ces mêmes raisons, je me refuse de voir dans cette langue « classique » la langue unique, ayant servi, devant servir encore, en tant que langue codifiée une fois pour toutes, à tous ceux qui s’expriment en français. (suite…)

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