Bibliothèque numérique romande

Les ebooks gratuits de la Bibliothèque numérique romande

Étiquette : Rambert Eugène

Rambert Eugène – Les Alpes suisses (3ème série)

Rambert Eugène - Les Alpes Suisses 3 - Bibliothèque numérique romande - François J. Tours d'Ai

Rambert Eugène – Les Alpes suisses (3ème série) : La troisième série des Alpes suisses, publiée en 1869, commence par le récit d’une course à Anzeindaz dans la neige fondante de février. L’auteur, en alpiniste aguerri, évoque les dangers, mais aussi les beautés féériques de la montagne en hiver, sans oublier sa flore et sa faune (fourmis, tétras). L’essai suivant est une remarquable petite étude de mœurs sur la vie culturelle d’un hameau de moyenne montagne en pays réformé. Rambert nous parle du «coterd», lieu de réunion et livre vivant grâce auquel les villageois se transmettent l’histoire orale de leur communauté. Quant aux ouvrages qui garnissent les étagères, Rambert en dénombre deux, également vénérables: d’une part, l’almanach du véritable Messager boiteux de Berne et Vevey, dont on conserve pieusement les numéros et que l’on annote de saison et saison, pour garder la trace de la vie campagnarde; de l’autre, la lourde et imposante Bible illustrée, qui sert de registre pour les grands évènements de la vie familiale et dans laquelle on puise les récits qui meublent les longues soirées d’hiver.

(suite…)

Rambert Eugène – Les Alpes suisses (2ème série)

Les Alpes suisses (2ème série) - Eugène Rambert - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie Savary Les Dents du MidiRambert Eugène – Les Alpes suisses (2ème série) : Berceau de la nation helvétique et haut lieu du tourisme international, les Alpes suscitent dès le 18e siècle un regain d’intérêt, tant auprès des savants et lettrés que des voyageurs avides de sensations fortes. Les Alpes suisses, d’Eugène Rambert (1830-1886), paru en cinq séries entre 1865 et 1875, en est un vivant témoignage.

Publiée en 1866, la deuxième série est un volume tout en contrastes. Le premier essai examine le mythe des Alpes, lequel s’élabore entre la fin du 18e et la fin du 19e siècles, durant cette période de mutation où le pays, en voie d’industrialisation et d’urbanisation, peine encore à se reconnaître dans sa modernité. Face à l’instabilité politique et sociale qui menace son unité, la Suisse officielle présente les Alpes non seulement comme le cœur de l’identité nationale, mais comme un « bien commun qui transcende la diversité des langues et des histoires cantonales »*. Ainsi, la Suisse et, en particulier, les habitants de ses vallées alpines, vues comme des refuges peu accessibles de l’extérieur, pourraient-ils être à l’origine du fédéralisme helvétique et de l’idée de liberté. Pourtant, les Alpes, situées au centre de l’Europe, furent plutôt un lieu de circulation entre nord et sud. Isabelle de Montolieu (1751-1832) décrit, dans « Les Châteaux suisses » (publiés par la BNR), les relations profondes et multiples qui existèrent, au Moyen-Âge, entre la Suisse romande et ses voisins. De même Marie Trolliet (1831-1895) narre, parmi ses nouvelles (publiées par la BNR), les aventures des bergers d’alpages valaisans allant faire leurs courses dans les villes de l’Italie du Nord et passant par de nombreux cols aujourd’hui tombés en désuétude.

Si Eugène Rambert reprend à son compte certains thèmes de ce discours fédérateur, il n’en épouse pas tous les clichés et récuse notamment avec vigueur toute idée de relation intrinsèque entre la nation et la nature, chère à la pensée déterministe de son temps : « La liberté, affirme-t-il sans ambages, est fille de l’homme, et elle n’a dans la nature ni gage ni symbole, pas plus que la science, pas plus que la vertu. La liberté ne se donne ni ne se reçoit ; elle s’acquiert. »

Les textes suivants, d’une teneur très variée, reflètent l’approche libre et imaginative de l’auteur vis-à-vis de son vaste sujet. La deuxième partie du livre comprend ainsi : un pittoresque récit de chasse au chamois dans les Alpes vaudoises ; une nouvelle attachante sur la vie misérable d’un chevrier valaisan, ainsi qu’une étude topographique détaillée de la Dent du Midi, dans laquelle l’auteur nous narre de manière vivante les péripéties de ses ascensions, en particulier celle de la « résistante » Cime de l’Est, et fait preuve de son immense talent d’observation. En guise de conclusion, Eugène Rambert, soucieux de préserver tous les aspects d’une culture alpine en voie de disparition, offre à ses lecteurs la transcription d’une chanson en patois vaudois, assortie de notes et d’une traduction.

*Gilles Rudaz et Bernard Debarbieux, La Montagne suisse en politique (Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013), 15.

Téléchargements : ePub – PDF – PDF A5 – Kindle-Mobipocket – HTML – word-ODT

Rambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série)

Les Alpes suises 1 - Eugène Rambert - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie SavaryRambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série) : Objet d’engouement indissociable de l’identité suisse, les Alpes, telles qu’on les envisage aujourd’hui, auraient été « inventées » au Siècle des Lumières, au moment où poètes et philosophes (Haller, Rousseau, Burke, Kant et Goethe, parmi d’autres) posent un regard nouveau sur la nature et introduisent dans l’esthétique européenne les notions de sublime et de pittoresque. Réputées jusqu’alors sauvages et inhospitalières, les Alpes se muent en paysages (Walter 94-97*) et deviennent bientôt une étape obligée du Grand Tour, offrant aux jeunes gens des élites britanniques et continentales des 18e et 19e siècles le spectacle grandiose de leurs panoramas. En réalité, comme le démontre notamment Claude Reichler**, cette thèse, encore très en vogue, mérite d’être nuancée. Car les Alpes ont toujours attiré les voyageurs, et ce bien avant le 18e siècle. Si certains n’y voient qu’un monde effroyable et monstrueux (Lescarbot, 1618, in Walter 91), d’autres – des intellectuels et savants sans doute plus hardis et plus éclairés – en ramènent des écrits richement illustrés (Reichler 2013) qui témoignent de l’intérêt continu que suscite, depuis la Renaissance, ce haut-lieu de l’imaginaire helvétique.

Les Alpes suisses, d’Eugène Rambert (1830-1886), s’inscrit dans le droit-fil de ce mouvement d’appropriation culturelle et scientifique du massif alpin qui fleurit particulièrement aux 18e et 19e siècles. L’œuvre, dynamique dans sa diversité, est celle d’un érudit et d’un curieux qui fut à la fois professeur (il donna son nom à un prix littéraire), poète, essayiste, naturaliste et grand amateur d’altitude. L’ouvrage, écrit d’une plume alerte et enjouée, fut publié en cinq séries entre 1864 et 1875. Malgré son ampleur encyclopédique, l’ensemble, quelque peu disparate, reste très accessible, car l’auteur a soin de mettre ses connaissances du terrain à la portée de son public citadin et sait faire partager à ses lecteurs sa ferveur d’alpiniste.

La première série, publiée en 1865, s’ouvre sur un petit essai (Les plaisirs d’un grimpeur) dans lequel Rambert se plaît à comparer l’alpinisme aux jeux de hasard. Vient ensuite le compte-rendu d’une exploration du massif glaronnais des Clarides. Nous sommes loin du tourisme pédestre d’aujourd’hui. L’escalade se fait à la force des bras et des jarrets, et à l’aide de cartes encore très incomplètes, mais les récompenses n’en sont que plus mémorables. Le texte suivant, une petite nouvelle (Les Cerises du vallon de Gueuroz), nous transporte dans la vallée du Trient et décrit à grands traits les dures conditions de vie des flotteurs de bois. Le partie principale du volume s’achève sur une étude de la flore alpine, dont on appréciera tant l’ampleur que la verve poétique : « La nature, écrit Rambert non sans humour, était en veine de romantisme, quand elle a marié à l’immobilité du sapin la joyeuse coquetterie du hêtre. […] Les jeunes sapins […] sont faits pour vivre en société et se prêter assistance. Aussi l’intérêt général l’a-t-il emporté sur les fantaisies de l’humeur individuelle. Tous prennent la forme qui convient le mieux à tous ; aucun ne dévie du type. Les nécessités d’une lutte en commun ont imprimé à la race entière un instinct d’ordre et de discipline. » Existe-t-il au monde essence plus helvétique que le sapin ? Enfin Eugène Rambert revient sur l’accident de Whymper lors de la première ascension du Cervin avec un plaidoyer pour le maintien de la « cordée » dans l’alpinisme.

( *François Walter, « La montagne des Suisses. Invention et usage d’une représentation paysagère (XVIIIe-XXe siècles) », Études rurales, 1991, Volume 121, Numéros 121-124, 1991. De l’agricole au paysage, pp. 91-107. [Consulté en ligne le 16 juillet 2015.], **Claude Reichler, Les Alpes et leurs imagiers. Voyage de l’histoire du regard. [Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013], 27.)

Téléchargements : ePub – PDF – PDF A5 – Kindle-Mobipocket – HTML – word-ODT

Bibliothèque numérique romande © 2012 - 2017 Frontier Theme