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Chateaubriand – Les Aventures du dernier Abencerage

Chateaubriand - Les Aventures du dernier Abencerage - Bibliothèque numérique romande - Christine Huguenin Coucher de SoleilChateaubriand – Les Aventures du dernier Abencerage : Un amour impossible ? La passion qu’éprouvent Blanca, petite-fille du Cid et Aben-Hamet, le dernier descendant de ces Abencerages qui perdirent Grenade, et la vie, de la main du Cid est sans complications, franche,  assumée avec lucidité… mais tout aussi sans issue. « [Chez] Aben-Hamet l’infidèle, l’attitude envers la passion et la religion ne diffère en rien de celle de Blanca dont le drame présente à l’évidence les mêmes enjeux spirituels[…] L’Islam lui sert donc à l’égal du christianisme à exalter le refus de la faute, à attiser chez ses deux héros ces « combats intérieurs », ces tourments sans pareils que provoque la pensée de la transgression dans une âme pieuse, avec ces remords, ces terreurs, ces tentations qu’elle rend d’autant plus vives et effrayantes. Car ce sentiment de la faute a aussi l’avantage de donner tout son prix à la passion, dont il ne fait que mieux souligner la puissance subversive […]  Ainsi, fermes, résignés dès le départ, Aben-Hamet et Blanca n’en sont pas moins des personnages qui mûrissent, qui gagnent en héroïsme, parce qu’ils apprennent à dominer leur passion et surtout à maîtriser leur destin, à le prendre totalement en charge, au point de pouvoir finalement décider par eux-mêmes, au nom de l’amour et de l’estime qu’ils se sont voués, de l’issue tragique de leur liaison. » (Bercegol Fabienne. Le jeu des passions dans Les Aventures du dernier Abencérage. In: Bulletin de l’Association Guillaume Budé : Lettres d’humanité, n° 56, décembre 1997. pp. 320-337 in persee.fr).

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Chateaubriand – Mémoires d’outre-Tombe (tome II)

Chateaubriand - Mémoires d'outre-Tombe 2 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Vers Saint-MaloChateaubriand – Mémoires d’outre-Tombe (tome II) : « Chateaubriand ne serait jamais devenu l’écrivain que nous croyons connaître s’il n’avait pas eu à relever le défi de vie ou de mort que la Terreur lui a lancé. » (Marc Fumaroli)*. Le tome II des Mémoires d’Outre-Tombe en est un vibrant témoignage.

De retour d’Amérique, où il a passé cinq mois à explorer les forêts et les peuples du Nouveau Monde, Chateaubriand débarque au Havre le 2 janvier 1792, après avoir frôlé le naufrage au large des côtes normandes. Le sous-officier de vingt-deux ans retrouve une France transformée par la Révolution en marche. Nous sommes sous l’Assemblée législative. Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants, arrêtés à Varenne le 21 juin 1791, sont en résidence surveillée aux Tuileries. Danton et Marat demandent la déchéance du roi, tandis que les Autrichiens et les Prussiens se massent déjà aux frontières.

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Chateaubriand – Mémoires d’Outre-tombe (tome premier)

Chateaubriand - Mémoires d'Outre-tombe 1 - Bibliothèque numérique romande - Philippe Alès Tombe de Chateaubriand à Saint-MaloChateaubriand – Mémoires d’Outre-tombe (tome premier) : Le premier tome comprend les pages les plus célèbres des Mémoires d’Outre-tombe. Chateaubriand y évoque avec une poésie teintée de mélancolie son enfance libre et sauvage, entre Saint-Malo et l’austère château de Combourg, dominé par la figure taciturne de son père. Il relate avec une grande vivacité son éducation aux collèges de Dol, Rennes et Dinan, sa formation d’officier et sa présentation au roi Louis XVI, à Versailles. Adepte de la philosophie des Lumières et fervent disciple de Rousseau, le jeune vicomte fréquente les salons parisiens et assiste aux premiers sursauts de la Révolution. Le défilé de têtes empalées sur des piques suscite chez lui un changement idéologique : «j’eus horreur des festins de cannibales, et l’idée de quitter la France pour quelque pays lointain germa dans mon esprit.» Le 8 avril 1791, à l’âge de vingt-deux ans, il embarque pour l’Amérique, avec l’intention d’explorer le passage du Nord-Ouest. En réalité, il n’ira guère plus loin que les chutes du Niagara et n’atteindra jamais la Floride ni la Louisiane (quoi qu’il en dise !). À la nouvelle de l’arrestation de la famille royale, il fait demi-tour et regagne la France le 2 janvier 1792.

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Chateaubriand – Voyage en Italie

Chateaubriand - Voyage en Italie - Bibliothèque numérique romande - kodiak Dome de Saint-Pierre et pontChateaubriand – Voyage en Italie, suivi des voyages en Auvergne et au Mont-Blanc: Lorsque François-René, vicomte de Chateaubriand, foule pour la première fois le sol de l’Italie, en 1803, ce n’est pas à l’occasion d’une étape du Grand Tour, mais pour prendre ses nouvelles fonctions de secrétaire de légation à Rome, auprès du cardinal Fesch, l’oncle de Bonaparte. Ce premier poste dans la diplomatie sera un échec sur le plan professionnel : l’auteur d’Atala, de René, du Génie du Christianisme, alors âgé de trente-cinq ans, est au sommet de sa gloire littéraire. Rentré en France en 1800, après huit ans d’exil à Londres sous la Révolution, il aspire désormais à la carrière d’homme d’État. Son ami Fontanes, proche du Premier Consul, le fait nommer à Rome ; mais l’écrivain se montrera si indiscipliné, voire malveillant*, que le cardinal, excédé, le congédiera au bout de six mois. Humaniste féru d’histoire, Chateaubriand mettra à profit sa vaste érudition pour explorer la Ville éternelle et les environs de Naples, consignant ses impressions dans un « fatras » de notes, lettres et extraits de journal qu’il ne prendra jamais le temps d’organiser en un tout cohérent. Ainsi, à l’exception de la Lettre à Fontanes et de l’Ascension du Vésuve, publiées en 1804 et 1806 respectivement, le Voyage en Italie reste une ébauche qui ne paraîtra que beaucoup plus tard, en 1827, dans un volume augmenté du Voyage en Auvergne et du Voyage au Mont-Blanc.

Parti de Lyon en mai 1803, Chateaubriand franchit les Alpes par le mont Cenis, fait étape à Turin, qu’il trouve belle mais un peu triste, puis à Milan, où le gothique de la cathédrale lui semble « jurer avec le soleil et les mœurs de l’Italie ». Sa froideur s’évanouit en traversant la Toscane et en arrivant à Rome, le 27 juin 1803. Dans l’émerveillement des premiers jours, il se précipite au Colisée, au Panthéon, au château Saint-Ange, à Saint-Pierre. Le 2 juillet, avant même l’arrivée de son ambassadeur, il obtient une audience privée avec le Saint-Père. Le cardinal en prend ombrage et aura bien d’autres occasions de se plaindre de son encombrant secrétaire… Mais Chateaubriand ne nous dira rien de ces différends. Il est également avare de détails chronologiques et biographiques, laissant un trou de plusieurs mois dans son récit, qu’il ne reprendra que le 10 décembre. Ce qu’il tait, et ne révèlera que dans ses Mémoires d’outre-tombe, est la mort tragique de Pauline de Beaumont, l’une de ses plus chères maîtresses, venue le rejoindre à Rome. Ce deuil va colorer toute la suite de son séjour, transformant les lieux qu’il visite en déserts de ruines où il médite sur le passage du temps, des hommes et des empires. À Tivoli, à la Villa Adriana, sous la froide lumière de décembre, il invoque Horace, Tibulle, Virgile, qu’il cite de mémoire ; ces poètes, qui ont chanté la perte d’un être cher, lui serviront dorénavant de guide. Mais au musée du Vatican, au Capitole ou à la galerie Doria, aucune œuvre ne le retiendra longtemps. Seule Rome au clair de lune semble au diapason de sa douleur.

Le 30 décembre 1803, il part pour Naples, qui le déçoit au premier abord. Pourtant, quelques jours plus tard, inspiré par le paysage dantesque du Vésuve, il décrira avec brio les couleurs chatoyantes de la lave et la rumeur profonde du gouffre au bord duquel il médite sur sa vie et sa destinée. Quittant ce lieu infernal, il atteint enfin Herculanum et Pompéi, que des fouilles archéologiques sont en train de mettre au jour. Le Voyage en Italie s’achève sur la célèbre Lettre à Fontanes, où Chateaubriand, retrouvant tout l’élan de son génie poétique, évoque « l’inconcevable grandeur » des campagnes romaines baignées d’une lumière digne des tableaux du Lorrain.

Si l’Italie est incontestablement un lieu de mémoire, si l’Auvergne, qu’il visite en 1805, est elle-même une terre pétrie d’histoire, il en va tout autrement des Alpes, qui le laissent… de glace.  Aussi son Voyage au Mont-Blanc, paru d’abord en 1806, fera-t-il scandale**: on reproche à  l’écrivain, né sur les rivages de l’Atlantique, d’être insensible au plus grand monument de la nature. Pour Chateaubriand en effet, les montagnes, vues de près, n’élèvent pas l’âme, elles l’oppressent (n’en déplaise à Rousseau), et s’il leur concède une certaine majesté, ce n’est que de loin, lorsqu’elles se profilent à l’horizon, comme dans les sublimes paysages de l’école française de Rome. (*Victor-L. Tapié, Chateaubriand par lui-même (Seuil 1965), 17. **Juan Rigoli, Le Voyage à l’envers. Montagnes de Chateaubriand (Droz 2005), 23.)

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