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Bove, Emmanuel – La fiancée du violoniste

Bove Emmanuel - La fiancée du violoniste - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-WellsBove, Emmanuel – La fiancée du violoniste :

Un cadavre de femme est retrouvé enterré dans le jardin des Favrin, couple apparemment sans histoires habitant dans une maison à Viroflay, près de Paris. Madame Favrin  ayant disparu depuis quelque temps, on arrête le mari, coupable présumé de ce crime. Mais le commissaire Croiserel, en charge de l’enquête, soupçonne vite que l’affaire est bien plus complexe qu’elle n’en a l’air et il investigue, l’air de rien, auprès de tout l’entourage de ce couple étrange.

Mari brutal, amant musicien volage,  couple riche dont Madame Favrin est gouvernante, réapparition inopinée de celle-ci, enlèvement d’enfant, Croiserel avance dans ses recherches et ses interrogatoires : mais quel est donc le motif de ce crime odieux ?

Tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine jusqu’au dénouement final inattendu.

Emmanuel Bove, sous le pseudonyme de Pierre Dugast, a publié ce premier roman policier (le second étant Le Meurtre de Suzy Pommier, également publié à la BNR) en 1933 sous le titre  La toque de breitschwantz. Malgré le style très conventionnel du « roman noir », on retrouve tout l’intérêt de Bove pour la complexité de la nature humaine, et cette atmosphère glauque et lourde, si caractéristique de ses autres romans.

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Bove Emmanuel – Mémoires d’un homme singulier

Bove Emmanuel - Mémoires d'un homme singulier - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton Les toits, rue MériméeBove Emmanuel – Mémoires d’un homme singulier : Fils d’une fille pauvre abusée par un militaire, le narrateur s’interroge, à quarante ans, sur sa vie et son destin : « Je vous supplie, mon Dieu, de me donner un but dans la vie. » Singulier, il revendique son altérité quitte à forcer le trait, se faire un masque grimaçant ou marcher à cloche pied.

Achevé en 1939 et marqué par la perspective de la guerre, ce roman à caractère biographique, voire autobiographique, est « le plus proche [d’Emmanuel Bove] et c’est là ce qui lui donne un accent poignant,  […] Dans ce « non-cerné » [de la psychologie du héros, je vois] un charme et un caractère essentiel du livre ». (Marcel Arland, lettre à Emmanuel Bove) La banalité et la médiocrité, la pauvreté, le malheur tranquille sont omniprésents, mais Bove surpasse cette monotonie en l’érigeant en style d’écriture innovant, qui a fait dire à plusieurs critiques qu’il était un précurseur du « Nouveau Roman ».

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

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Bove Emmanuel – Armand

Bove Emmanuel - Armand - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton - Pont NeufBove Emmanuel – Armand : Publié en 1926, Armand est le deuxième roman d’Emmanuel Bove, après Mes Amis, dont il est assez proche par le style et le propos.

Armand  vit avec Jeanne, une veuve plus âgée que lui, qui l’entretient et l’aime tout en lui laissant beaucoup de liberté. Armand ne travaille pas, il se balade souvent pendant la journée et la soirée, et vient à rencontrer un ancien ami, Lucien. Celui-ci n’a pas eu la chance d’Armand, il est resté pauvre, timide, emprunté dans tous ses gestes et mal à l’aise en société, mais c’est le « témoin d’un passé douloureux » pour le narrateur. À part une incartade d’Armand avec la jeune sœur de Lucien et une séparation à la fin du roman il ne se passe rien : pas d’intrigue, pas d’éclat même dans la séparation, pas de passion même dans les moments de douceur, seulement une observation psychologique et physique méticuleuse des faits, un amour du détail poussé à l’extrême, qui apportent un sentiment de malaise et une tension palpables à chaque page.

La banalité et la médiocrité, la pauvreté, le malheur tranquille sont omniprésents, mais Bove surpasse cette monotonie en l’érigeant en style d’écriture innovant, qui a fait dire à plusieurs critiques qu’il était un précurseur du « Nouveau Roman ».

Samuel Beckett a d’ailleurs dit de lui : « Il a comme personne le sens du détail touchant ».

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Dickens Charles – Un Conte de deux Villes

Dickens Charles - Un Conte de deux Villes - Bibliotèque numérique romande - Prise de la Bastille AnonymeDickens Charles – Un Conte de deux Villes (dans une traduction d’Emmanuel Bove) : « C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps ; c’était l’âge de la sagesse, c’était l’âge de la folie ;… » Ainsi débute cette fresque historique mêlant les destins personnels à la Révolution française. En 1775, Jarvis Lorry, employé d’une banque londonienne, se rend à Paris avec Lucie Manette pour ramener en Angleterre le père de celle-ci, le docteur Alexandre Manette, embastillé à tort pendant 18 ans et tenu pour mort. Un couple d’aubergistes du quartier de St-Antoine (futur berceau des soulèvements populaires) héberge le docteur Manette depuis sa libération, mais le pauve homme a perdu la raison. Sa fille jure de se consacrer à sa guérison une fois de retour à Londres. Charles Darnay, son amoureux, la soutient et la protège. Lorsqu’il se fiance avec Lucie, Charles avoue au docteur Manette ses véritables origines – un secret qu’il lui fait jurer de ne jamais révéler. Mais l’Histoire le rattrapera…

Au fil de ce « Conte », les drames personnels vont se croiser à distance avant de se trouver liés par la grande Histoire et l’incandescence de la Révolution. Dickens écrivit ce roman alors même que sa vie personnelle et professionnelle était en pleine tourmente. Il le publia sous forme de feuilleton en 1859 dans la revue All the Year Round qu’il venait de fonder. Le succès fut immédiat. Vendu à plus de deux cents millions d’exemplaires, c’est l’une de ses œuvres les plus populaires, qui fut adaptée de nombreuses fois pour l’écran et le théâtre. La traduction, signée Emmanuel Bove, fut publiée pour la première fois dans la revue Regards en 1936 et reprise par les Éditions Criterion en 1991. (titres dans d’autres traductions : 1989 : Le Conte de deux cités ou, 1861 : Paris et Londres en 1793.)

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Bove Emmanuel – La Mort de Dinah

Bove Emmanuel - La MOrt de Dinah - Bibliothèque numérique romande - Paul Klee Paysage à l'enfantBove Emmanuel – La Mort de Dinah : Dinah va mourir ! Le titre n’en laisse pas douter. À treize ans, elle est atteinte de tuberculose. Un séjour à Leysin pourrait la sauver mais… En dernier recours, sa mère, désargentée, s’adresse à son voisin, Jean Michelez. Petit bourgeois, entrepreneur qui réussit, celui-ci va être ému par Dinah.

Mais enfermé dans un système défensif construit sur des trahisons, des déceptions et des rancœurs, il ne peut envisager l’aide financière sollicitée. « Moi, chaque fois que j’ai rendu un service à quelqu’un, qu’est-ce qui est arrivé ! On s’est moqué de moi. Sans qu’il soit question de reconnaissance, on ne m’a même pas remercié. Aujourd’hui, j’ai quarante-sept ans. Si je regarde en arrière, je ne trouve pas un jour de bonheur. Si j’ai une situation, c’est grâce à mon père. Sans lui, que serais-je ? Qui m’aurait tendu la main ? Personne, personne. » Malgré tout, « un point gênait, quoi qu’il fît pour ne pas le voir, la conscience de Jean Michelez ».

Finalement Dinah mourra de la mesquinerie de tous : celle de Jean et de sa femme, celle du propriétaire du pavillon qui n’hésite pas à tenter de profiter de la situation, celle de l’inconséquence d’un oncle qui dilapide son argent au jeu.

« Ce court roman  réussit à nous émouvoir tout en restant parfaitement honnête. Comme toujours Emmanuel Bove réussit à parler de l’intime et de la misère dans une langue courte et sans fioritures, visant à une sorte de transparence qui au lecteur non initié peut paraître fade et neutre alors qu’il s’agit très exactement de l’inverse. Toujours prompt à pointer les faux-semblants et la médiocrité des hommes, Bove ne s’autorise jamais la facilité et trace à la pointe sèche des psychologies tout à fait précises et crédibles. » (Barda, Critiques Libres Com, 19.04.2005)

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Bove Emmanuel – Bécon-les-Bruyères

Bove Emmanuel - Bécon-les-Bruyères - Bibliothèque numérique romande - Liné1 Entrée nord de la Gare de Bécon-les-BruyèresBove Emmanuel – Bécon-les-Bruyères : Vous ne connaissez pas Bécon-les-Bruyères ? Vraiment ? Comment ? N’avez-vous pas visité sa gare ? Et aussi… sa gare !

Heureusement pour vous, l’éditeur Émile Paul frères dans sa collection « Portrait de France », après Strasbourg ou Le Vercors, vous a proposé de découvrir Bécon-les-Bruyères sous la plume d’Emmanuel Bove.

Mais, au fait, Bécon-les-Bruyères existe-t-il  au bout de sa gare qui dessert, elle, Courbevoie et Asnières ? Certes ! Archétype de toutes les banlieues, Emmanuel lui a donné vie dans ce documentaire-fiction où il la pare de tous nos fantasmes (et des siens) sur la banlieue. « Bécon-les-Bruyères est pour moi le plus grand de tous les textes de Bove. Un texte qu’on doit absolument lire. Il décrit une banlieue mythique et, en même temps, son écriture est absolument modeste. C’est la banlieue absolue. » (Peter Handke, Interview dans Les Nouvelles littéraires, octobre 1983.)

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

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Bove Emmanuel – Le Meurtre de Suzy Pommier

Bove Emmanuel - Le Meurtre de Suzy Pommier - Bibliothèque numérique romande - Alexej von Jawlensky Tête de FemmeBove Emmanuel – Le Meurtre de Suzy Pommier : Suzy Pommier, jeune et belle actrice en vogue, se fait assassiner le soir de la première du film où elle joue … une actrice assassinée dans sa baignoire. En tout,  le scénario du crime correspond au scénario du film.

Hector Mancelle, jeune inspecteur, s’empare du cas et investigue à sa manière, en l’absence de son chef. Il refuse les conclusions toutes faites, rencontre le père de la victime, le réalisateur du film, l’acteur principal, l’amant de la victime. Il agit rapidement, intelligemment, il est sûr de son fait et tire des conclusions astucieuses, même contre l’avis de ses supérieurs. Démonstration magistrale de son art en fin de récit.

Ce second roman policier d’Emmanuel Bove (le premier est paru sous le pseudo de Pierre Dugast, La Toque de Breitschwantz) est très bien construit, classique dans sa facture et bien enlevé. Il se situe dans un tout autre registre que ses autres livres (Mes Amis ou Le Pressentiment, tous deux publiés à la BNR) qui sont plus sombres et désespérés. Si vous aimez les « polars », il est à découvrir.

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

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Bove Emmanuel – Mes Amis

Bove Emmanuel - Mes Amis - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton Scène de rueBove Emmanuel – Mes Amis : « Mon imagination crée des amis parfaits pour l’avenir, mais, en attendant, je me contente de n’importe qui. »

Premier roman d’Emmanuel Bove (1898-1945) et premier succès, en 1924. Grâce à Colette, qui, la première, reconnaîtra son talent. La force de ce récit réside dans son style dépouillé – des phrases courtes, limpides, apparemment anodines et dénuées d’émotion, mais en fait très percutantes, et à l’humour noir débarrassé de toute illusion. Victor Bâton, un homme seul, silencieux, de retour de la guerre avec une infirmité, vit à Paris dans une chambre misérable. Sa quête d’amis occupe ses journées jusqu’à l’obsession. Il se promène beaucoup, réfléchit à la vie, à l’amitié, à l’amour et rencontre effectivement plusieurs personnages colorés. Des hommes : Henri Billard, égoïste intéressé par l’argent de Victor, Neveu le marinier désespéré, Henri Lacaze riche bourgeois faisant la charité. Et des femmes aussi : Lucie Dunois patronne de bistrot et maîtresse occasionnelle, Blanche chanteuse de cabaret. Tous pourraient devenir ses amis… mais ils sont la plupart du temps plus intéressés par eux-mêmes que par le narrateur, qui se retrouve à chaque fois seul et déçu après ces rencontres.

(suite…)

Bove Emmanuel – Le Pressentiment

Bove Emmanuel - Le Pressentiment - Bibliothèque numérique romandeBove Emmanuel – Le Pressentiment : Charles Benesteau est un avocat dans la cinquantaine, qui décide d’un jour à l’autre de tout abandonner, femme, enfants, métier, société bourgeoise et riche, pour aller se réfugier dans un quartier pauvre de Paris. Il a besoin de rompre avec le passé, d’être seul, détaché du monde. Est-il dépressif, misanthrope ? Toute sa famille se pose des questions, mais respecte son choix.

« Il pensait à ses frères, à sa femme, à ses amis, à tous ceux qu’il avait quittés. Pour ces apparences auxquelles ils attachent tant de prix, n’étaient-ils pas astreints à un effort continuel qui leur cachait justement la poésie de la vie ? »

Il se retrouve vite impliqué à nouveau dans la vie de son quartier, grâce à son désintéressement et sa disponibilité. Il reçoit même une jeune fille pauvre et démunie dans son petit appartement et engage du personnel pour s’en occuper… ce qui le perdra…

Mais changer de vie d’un coup d’un seul n’est pas si simple que ça ! Est-on vraiment libre de changer son destin, de renier sa classe sociale, de repartir à zéro ?

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

Deux de ses romans ont été portés à l’écran, Le Pressentiment par Jean-Pierre Darroussin en 2006 et Le Piège en 1990 par Serge Moati ; plusieurs ont été traduits et adaptés pour le théâtre.

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