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Sand George - Histoire de ma vie (livre 3) - Bibliothèque numérique romande - Thomas Sully Portrait de George Sand en 1826Sand George – Histoire de ma vie (livre 3) : Prise dans le conflit entre sa grand-mère et sa mère, Aurore, souffre énormément. C’est la nature, la beauté de la campagne qui la sauvent du désespoir. À 13 ans, Aurore entre au couvent pour son éducation avec des jeune fille de  son milieu. Elle a 16 ans lorsque sa grand-mère est alarmée par les tendances mystiques de sa petite-fille et la retire du couvent pour la ramener à Nohant. «Désastre et douleurs», résume Aurore qui se met à des «lectures sérieuses» (Chateaubriand, Leibnitz, Rousseau). Après la mort de sa grand-mère, sa mère exige qu’elle revienne à Paris avec elle. Avec cette mère imprévisible, agitée et cruelle, Aurore est tentée par le suicide mais retrouve la joie de vivre à la campagne chez des amis. Elle fera ensuite la connaissance de Casimir Dudevant, qu’elle épousera en 1822 (elle a alors 18 ans).

Retour à Nohant avec son mari, naissance de leur premier fils, Maurice. Elle s’attache à son fils et le soigne d’instinct. C’est une vie tranquille, mais ennuyeuse et pleine de spleens, avec des tensions conjugales.

Dans « Histoire de ma vie », George Sand évoque non seulement des événements historiques et familiaux, mais aussi et surtout des réflexions sur la religion, la philosophie, la littérature, la politique, la nature, les relations sociales. Ces pages sont d’autant plus intéressantes qu’elles couvrent une période mouvementée et passionnante de l’histoire de France, vécue par sa grand-mère, ses parents et elle-même :  de la monarchie à la Révolution, puis de l’Empire et à la Restauration. C’est aussi l’époque des Lumières et d’une liberté de pensée qui permet des remises en cause radicales de l’Ancien Régime.

«Je sentis donc [à 13 ans], dès la première tentative littéraire de ma vie, que j’étais au-dessous de mon sujet, et que mes mots et mes phrases le gâtaient pour moi-même. […] Je cessai donc d’écrire, mais le besoin d’inventer et de composer ne m’en tourmentait pas moins. Il me fallait un monde de fictions, et je n’avais jamais cessé de m’en créer un que je portais partout avec moi, dans mes promenades, dans mon immobilité, au jardin, aux champs, dans mon lit avant de m’endormir et, en m’éveillant, avant de me lever. Toute ma vie j’avais eu un roman en train dans la cervelle, auquel j’ajoutais un chapitre plus ou moins long aussitôt que je me trouvais seule, et pour lequel j’amassais sans cesse des matériaux. Mais pourrai-je donner une idée de cette manière de composer que j’ai perdue et que je regretterai toujours, car c’est la seule qui ait réalisé jamais ma fantaisie ? […] Et voilà qu’en rêvant la nuit, il me vint une figure et un nom. Le nom ne signifiait rien que je sache: c’était un assemblage fortuit de syllabes comme il s’en forme dans les songes. Mon fantôme s’appelait Corambé, et ce nom lui resta. Il devint le titre de mon roman…»

«L’art moderne l’a bien senti, ce tourment de l’impuissance, et il a cherché à étendre ses moyens en littérature, en musique, en peinture. L’art a cru trouver dans les formes nouvelles du romantisme une nouvelle puissance d’expansion. L’art a pu y gagner, mais l’âme humaine n’élève ses facultés que relativement, et la soif de la perfection, le besoin de l’infini restent les mêmes, éternellement avides, éternellement inassouvis.»

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