Ramuz Charles Ferdinand - Lettre à Henry-Louis Mermod - Bibliothèque numérique romande - Chaurel Rives du Léman vu du voisinnage de la maison RamuzRamuz Charles Ferdinand – Lettre à Henry-Louis Mermod : Ramuz envoie une lettre à son éditeur suisse Henry-Louis Mermod. « Publier suppose public », lui écrit-il. L’écrivain, comme l’homme, se sent poussé à justifier ses choix face aux critiques. Comme il ne veut pas écrire pour un public instruit, ces gens du peuple dont il reprend le langage le lisent-ils ? Heureusement non, dit-il… Car ils échappent au savoir « scolaire » qui ne forme pas, mais déforme. Une certaine école ne reconnaît pas la différence, les dons plus subtils de ceux qui ne sont pas scolaires. Pourtant, ils ont d’autres valeurs : de l’expérience, un métier. Ils utilisent parfois des de sens très développés non reconnus : « l’école se méfie extrêmement des sens comme susceptibles justement de fournir à l’individu des renseignements qu’elle ne peut pas contrôler. … 

Elle déteste le sens du mystère parce qu’elle distingue qu’il est la négation vivante de son enseignement ou de sa science. Au nom de sa grammaire, l’école déteste l’informulé ; au nom de sa syntaxe, le balbutiement. Or, qu’est-ce que fait l’homme, dans le fond de sa nature d’homme et en présence du mystère, si ce n’est de balbutier. »

Une certaine école, veut fabriquer des petits bourgeois avec les paysans, les ouvriers « et par mépris de leur nature et de la nature des choses, avec une conception tout abstraite du vrai, du bien, du beau, de ce qui doit se faire et de ce qui ne doit pas se faire au nom des signes, contre l’image » : l’école confond s’exprimer et s’expliquer. Alors ses personnages comme les gens du peuple, il les aime d’autant plus qu’ils échappent à cette nouvelle socialité « par la force de leur nature. »

Alors pourquoi et pour qui écrit-il ? Par besoin de communiquer : « L’auteur pose des questions à la terre et au ciel, et répond d’une certaine manière par là même à ceux qui posent des questions de la même espèce à ce même inconnu de la terre et du ciel. Il répond en faisant de ces questions des images ; il répond en incarnant ces questions, car le phénomène de l’art est un phénomène d’incarnation (ce que l’école ne comprend pas). »

Comment mieux définir le rôle de l’écrivain ?

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