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Voltaire – Le Taureau blanc et autres Contes

Voltaire - Le Taureau blanc et autres Contes - Bibliothèque numérique romande - Statuette en bronze du dieu ApisVoltaire – Le Taureau blanc et autres Contes (Aventure de la mémoire, Le Taureau blanc, L’Histoire de Jenni ou le Sage et l’Athée, Lettres d’Amabed) : Bien que moins connus que Zadig, Candide ou Micromégas, les contes qui figurent dans ce recueil sont tout aussi caractéristiques de la manière de Voltaire ; mais ne nous y trompons pas : comme les autres, ils n’ont de contes que le nom ; comme les autres, ce sont de véritables brûlots que Voltaire lance contre ses adversaires de tout poil : Les sorbonnards, les jésuites et les jansénistes, notamment, dans l’Aventure de la mémoire, où la satire revêt par instants le costume du burlesque le plus échevelé. La religion, à laquelle il s’en prend dans le Taureau blanc, fantaisie orientale qui présente par ailleurs de nombreuses caractéristiques des contes de fée et dans laquelle, au moyen d’une parodie de différents épisodes bibliques, il assimile implicitement le livre sacré des chrétiens aux recueils de récits fabuleux de l’antiquité païenne. L’athéisme et le matérialisme dans l’Histoire de Jenni, qu’il pourfend afin de défendre le déisme et célébrer l’éloge « d’un être souverainement intelligent et puissant », dans lequel on reconnaît bien sûr son « grand horloger ». La religion encore, mais aussi le colonialisme et le despotisme, dans les Lettres d’Amabed, où, à partir d’une trame pseudo-orientaliste fort mince, il lance toute une série de pamphlets destinés à écraser « l’infâme » une fois de plus, en même temps que ceux qui se servent d’elle pour mener à bien leurs entreprises expansionnistes.

Dans ces contes, même s’ils mettent en scène un orient plus ou moins crédible, Voltaire s’adresse donc essentiellement à ses compatriotes et dénonce des problématiques occidentales avec, çà et là, d’ailleurs, la manifestation des préjugés de son époque vis-à-vis des noirs ou d’autres peuples. L’humour et la dérision restent les armes favorites de Voltaire : « La fantaisie du conteur s’exerce sur des réminiscences bibliques en produisant de constants décalages […] Quand le conteur brode sur le canevas d’un imaginaire ancien des aventures cocasses, quand il tient avec impassibilité un discours incongru, en mimant le plus grand naturel malgré la présence d’incompatibilités arbitraires et de décrochages, il crée, par l’alliance de la virtuosité et de la feinte naïveté […] un univers étrange, d’une poésie surréelle. » (Marie-Hélène Cotoni, Intertextualité et humour dans le Taureau blanc de Voltaire, Cahier de Narratologie, 13/2006)

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Leblanc Maurice – La Forêt des Aventures

Leblanc Maurice - La Forêt des Aventures - Bibliothèque numérique romande - photo Anne Van de Perre Sentier forestierLeblanc Maurice – La Forêt des Aventures ou Peau d’âne et Don Quichotte (avec André de Maricourt) :

Le petit Pierre, un jeune parisien rêveur, pétri de contes, plein d’imagination et de courage, se retrouve à la campagne avec sa maman, de santé délicate. Il y fait la connaissance de Violette, une petite fille malicieuse et réaliste. Les deux enfants partent à l’aventure dans la forêt voisine, une forêt mystérieuse… Ils vont rencontrer des nains terrifiants, Cendrillon, Grand-mère et le loup, Ali Baba, Barbe-Bleue, et même le Prince charmant.

Maurice Leblanc, qu’on connaît plus comme auteur d’Arsène Lupin que comme conteur (bien qu’il ait écrit des contes dans le journal Gil Blas) s’amuse beaucoup à jouer avec les contes de Perrault et mêle sans cesse le réel et l’irréel. Ainsi Pierre et Violette, à chaque fois qu’ils sont en pleine féérie, sont doucement ramenés à la réalité.

La Forêt des Aventures est un récit initiatique qui raconte comment l’on passe de l’enfance à l’adolescence et comment les tendres chimères de l’enfance laissent peu à peu la place à la réalité de la vie, toute aussi troublante et enchanteresse. Cette histoire touche l’enfant resté en chacun de nous … Tous les ingrédients du conte y sont présents : amour, peur, mort, parcours initiatique dans la forêt profonde, et même la morale de la fin de l’histoire : la réalité devient fantasmagorique si on la regarde avec des yeux d’enfant et la nature peut être féérique en elle-même. On apprend ce qu’est la vie, on grandit en se confrontant à ses peurs et à ses rêves d’enfant.

Le texte, qui date de 1932, est magnifiquement écrit, les descriptions de la nature sont très précises et poétiques. Maurice Leblanc ne s’adresse pas tant aux enfants qu’aux adultes … qui ont été des enfants.

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Eberhardt Isabelle – Rakhil

Eberhardt Isabelle - Rakhil - Bibliothèque numérique romande - Prise de vue: anonyme (carte postale E.L. édit. Alger); Eberhardt Isabelle – Rakhil : Annaba/Bône, Algérie, 1889. Dans le cimetière juif, une pierre tombale délaissée portant une inscription énigmatique : Rachel… Isabelle Eberhardt, une jeune femme tourmentée de vingt ans vient d’arriver en Algérie, avec sa mère, depuis Genève. Attirée par les lieux étranges elle découvre cette sépulture qui la fascine et l’angoisse à la fois… Imaginant le destin de cette femme avec laquelle elle se perçoit en affinité, en sororité, elle en construira le destin dans un roman qui restera lui-même souffrant, abandonné, repris tour à tour, et finalement inachevé….

Dès son arrivée, et contrairement à ses contemporains, Isabelle Eberhardt, vit parmi les indigènes et non pas en « coloniale ». Fortement influencée par sa mère d’origine luthérienne mais en même temps fascinée par le monde des prostituées, Isabelle Eberhardt part à la recherche du destin imaginaire et tragique de Rachel, prostituée juive à l’enfance malheureuse, « très belle et très aimée ». On a prédit à celle-ci, par deux fois, un grand amour et une mort violente. Pour son héroïne, Isabelle Eberhardt manifeste un sentiment ambivalent d’amour/haine, à la fois attirance pour Rachel, son histoire et son destin d’autre moi fantasmé, et, en même temps rejet, d’une plume plutôt acerbe, manifesté dans une description peu bienveillante du monde juif dans lequel vit son héroïne, description où se retrouve tout ce que son milieu, son éducation, ses lectures empreintes d’orientalisme à la Loti et son attirance pour le monde musulman a pu conjuguer de préjugés. À la recherche d’un idéal lui permettant d’échapper à sa condition misérable, Rachel tombe amoureuse de Mahmoud, jeune musulman, élevé en Europe et de retour au pays pour lequel il ne se sent ni attaches ni convictions religieuses, qui défie les mœurs et coutumes islamiques qui régissent la société musulmane dans laquelle on le contraint de se fondre. Mais avec ce beau jeune homme qui s’ennuie et qui a séduit plusieurs jeunes femmes pour passer le temps, la prédiction va malheureusement se concrétiser et finir dans le sang…

À Rakhil, roman de jeunesse mal aimé, on pourrait reprocher le manque de cohérence et quelques maladresses, alors que se mêle à l’intrigue un enthousiasme mal maîtrisé pour le monde musulman. Mais on sent poindre déjà dans cet écrit, plus sensuel et passionné que les autres, tous les thèmes qui vont faire l’intérêt de son œuvre : la condition de la femme, la religion musulmane, la vie dans le désert. Et le talent d’Isabelle Eberhardt excelle dans des descriptions de paysages et de lieux. Soulignons encore la clairvoyance, toute d’actualité, d’Isabelle Eberhardt vis-à-vis de la condition de la femme dans le monde arabe, son soutien à leur cause ainsi que son analyse éclairée et plutôt prémonitoire du conflit entre jeune et ancienne générations chez les hommes musulmans, entre modérés et extrémistes. Plus de cent ans après, cette dualité existe et n’est pas encore résolue… Rakhil est la septième œuvre de cette étrange nomade d’origine genevoise publiée par la BNR.

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Giraudoux Jean – Juliette au pays des hommes

Giraudoux Jean - Juliette au pays des hommes - Bibliothèque numérique romande - photo Greteck Panorama du SégalaGiraudoux Jean – Juliette au pays des hommes : Juliette doit épouser Gérard. Elle se découvre soudain fiancée à un homme provincial, prosaïque : « Alors qu’elle-même se sentait ce soir de nature interstellaire, elle trouvait à la parole de Gérard un timbre terrestre qui le situait aussi impitoyablement sur cette planète qu’un accent bordelais vous situe à Bordeaux. Juliette eut le sentiment qu’elle allait épouser, qu’elle aimait, l’homme le plus provincial de l’infini, […] elle avait à délivrer, elle ne savait où, la vraie Juliette qui viendrait redonner du goût à cette nuit et à cette nature. Il y avait à délivrer Juliette de tous ceux qui la tenaient, sans le savoir d’ailleurs, emprisonnée. Ou plutôt il lui fallait rassembler pour la nuit de noces toutes ces Juliettes données par elle à des passants, à des inconnus, à des jeunes gens dont quelquefois elle avait entendu seulement le nom, parties d’elle à ces heures de demi-clarté ou de demi-désir propices aux matérialisations. »
Elle part donc revisiter ces hommes survivants des rêves de son adolescence. Elle va trouver en eux des symboles, archétype de péché capital ou coquilles vides, du vaniteux à l’écrivain raté, du savant maniaque au violeur : « Vérificatrice de l’irréel, de l’inimaginable, du non-révolu, Juliette s’étonnait de retrouver les êtres qu’un de ses désirs d’enfant avait attirés un quart d’heure à l’existence emportés désormais par l’âge, soumis au contrôle des concierges, et marqués, pour qu’elle n’eût pas de doute sur leur qualité humaine, d’une dent d’or ou d’un coryza. » Seul, le narrateur-écrivain assure, le temps de lire à Juliette sa « Prière sur la Tour Eiffel », un rapport plus équilibré entre pulsions et raison.
Ce voyage initiatique « à la Jérôme Bardini » mais au féminin ne manque pas d’humour ni de digressions « à la Giraudoux ». Cette Juliette – dont le nom rappelle celle d’un certain marquis – fera, entre imaginaire et réalité, un apprentissage que vous lirez avec délices.

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Hémon Louis – Maria Chapdelaine

Hémon Louis – Maria Chapdelaine - BeQ Hémon Louis – Maria Chapdelaine : Maria a dix-huit ans et vit sur une terre de colonisation au Lac Saint-Jean. Trois hommes la courtisent, trois destins s’offrent à Maria : François Paradis, Lorenzo Surprenant et Eutrope Gagnon.  Le premier est un bûcheron épris de liberté, le second est citadin aux États-Unis et le troisième est, comme le père de Maria, un colon. La mort de la mère de Maria, les qualités qu’on lui trouve, orientent Maria vers un rôle semblable. (éd. partenaire BeQ) lire plus…

Rod Édouard – L’Autopsie du Docteur Z***

Rod Édouard - L'Autopsie du Docteur Z*** - Bibliothèque numérique romande - photo coupe de quartz Sylvie SavaryRod Édouard – L’Autopsie du Docteur Z***, Roulier Albert – La grande Découverte du savant Isobard : nous vous vous invitons à découvrir deux autres nouvelles de science-fiction suisse :

Et si…

Et si une activité cérébrale rémanente persistait après la mort ? Et si les morts pouvaient encore penser quelques jours après leur décès ? Voire percevoir ce qui les entoure ? Et si un savant arrivait à enregistrer le contenu de cette activité ? Que diriez-vous de lire le compte-rendu d’un enterrement par le mort lui-même ? Monsieur van Gelt s’est suicidé mais sa famille a tenté de le cacher. Il était fort estimé et les rumeurs persistantes sur les circonstances de son décès ont forcé celle-ci à demander une enquête…

Les prévisions météorologiques, l’émission la plus regardée à la télévision, nous dit l’audimat… Les prévisions se font maintenant à dix jours mais leur fiabilité… Et si un météorologue modélisait un système permettant une certitude absolue à trente jours ? Et si, après une période de scepticisme, les gens commençaient à compter sur ces certitudes. Et s’ils modelaient leurs projets en fonction du temps ? Et s’il y avait un seul week-end de beau temps en juillet ? Quelle cohue… et, pire ! s’il survenait finalement un imprévu ? Malheur aux prophètes !

Ces deux nouvelles de science-fiction nous permettent de savourer, en hors d’œuvre, une réflexion spéculative bien en avance sur son temps.

Édouard Rod, né en 1857 à Nyon (originaire de Ropraz), est un écrivain vaudois établi à Paris, ami de Zola, de Maupassant, de Barrès. Critique réputé, Édouard Rod écrit d’abord des romans « naturalistes » à la manière d’Émile Zola puis se dégageant de cette influence, il s’attache à présenter des cas de conscience, des dilemmes moraux. Il est décédé à Grasse en 1910. Un prix Édouard Rod a été fondé en 1996 sous l’impulsion de Jacques Chessex, lui aussi de Ropraz, en Suisse. D’Albert Roulier, pas d’éléments biographiques. Il fut l’auteur de nouvelles, de poésie et de pièces de théâtre mettant en scène la paysannerie vaudoise.

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