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Bove Emmanuel – La Mort de Dinah

Bove Emmanuel - La MOrt de Dinah - Bibliothèque numérique romande - Paul Klee Paysage à l'enfantBove Emmanuel – La Mort de Dinah : Dinah va mourir ! Le titre n’en laisse pas douter. À treize ans, elle est atteinte de tuberculose. Un séjour à Leysin pourrait la sauver mais… En dernier recours, sa mère, désargentée, s’adresse à son voisin, Jean Michelez. Petit bourgeois, entrepreneur qui réussit, celui-ci va être ému par Dinah.

Mais enfermé dans un système défensif construit sur des trahisons, des déceptions et des rancœurs, il ne peut envisager l’aide financière sollicitée. « Moi, chaque fois que j’ai rendu un service à quelqu’un, qu’est-ce qui est arrivé ! On s’est moqué de moi. Sans qu’il soit question de reconnaissance, on ne m’a même pas remercié. Aujourd’hui, j’ai quarante-sept ans. Si je regarde en arrière, je ne trouve pas un jour de bonheur. Si j’ai une situation, c’est grâce à mon père. Sans lui, que serais-je ? Qui m’aurait tendu la main ? Personne, personne. » Malgré tout, « un point gênait, quoi qu’il fît pour ne pas le voir, la conscience de Jean Michelez ».

Finalement Dinah mourra de la mesquinerie de tous : celle de Jean et de sa femme, celle du propriétaire du pavillon qui n’hésite pas à tenter de profiter de la situation, celle de l’inconséquence d’un oncle qui dilapide son argent au jeu.

« Ce court roman  réussit à nous émouvoir tout en restant parfaitement honnête. Comme toujours Emmanuel Bove réussit à parler de l’intime et de la misère dans une langue courte et sans fioritures, visant à une sorte de transparence qui au lecteur non initié peut paraître fade et neutre alors qu’il s’agit très exactement de l’inverse. Toujours prompt à pointer les faux-semblants et la médiocrité des hommes, Bove ne s’autorise jamais la facilité et trace à la pointe sèche des psychologies tout à fait précises et crédibles. » (Barda, Critiques Libres Com, 19.04.2005)

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Malot Hector – L’Auberge du Monde 2 La Marquise de Lucillière

Malor Hector - L'Auberge du Monde 2 La Marquise de Lucillière - Bibliothèque numérique romande - Gusave Caillebotte Chemin MontantMalot Hector – L’Auberge du Monde 2, La Marquise de Lucillière : Le colonel Chamberlain a été victime d’une tentative d’assassinat en se rendant au château de Chalençon, résidence de campagne de la marquise de Lucillière. Gravement blessé, il n’a d’autre choix que de se faire soigner au château et de s’en remettre aux bons soins de la marquise. Les jours passent. Le colonel découvre que sous des apparences frivoles, Henriette est une femme sincère, qui ne souhaite que le bonheur et l’amour du colonel. Face à ce jeu amoureux, la jeune Thérèse sera vite oubliée. Le prince Mazzazoli et le baron Lazarus oublieront-ils aussi facilement leurs projets de mariage entre leur progéniture et le colonel ? Pendant ce temps, la justice enquête sur l’assassin et son probable commanditaire. Anatole, le neveu du colonel, que ce dernier avait envoyé en Amérique, pourrait bien y être mêlé.

Écrite 3 ans avant le célèbre roman « Sans Famille », L’Auberge du Monde est un quadrilogie passionnante, qui dénonce l’arrivisme et la toute-puissance de l’argent.

Hector Malot (1830-1907)  fut un écrivain prolifique : une soixantaine de romans qui connurent de son vivant et jusque dans les années 1930 un grand succès et furent traduits dans de plusieurs langues.

Son œuvre s’inscrit dans la veine réaliste. À l’instar d’Honoré de Balzac, Malot représente la société contemporaine : Paris et la province, notamment sa chère Normandie, les différentes classes sociales et plus particulièrement la bourgeoisie. (Source Wikipédia).

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Dumas Alexandre – Les Serpents

Dumas Alexandre - Les Serpents - Bibliothèque numérique romande - Geoff Galice Imantodes cenchoaDumas Alexandre – Les Serpents : Un serpent sous votre lit ! Qui n’a vécu cette terreur de son enfance ? Dumas s’attaque – littérairement, s’entend – à cet animal dont, il prévient en exorde : « S’il y a un animal maudit dans la création, c’est le serpent : Satan prend sa forme pour s’introduire dans le paradis terrestre, et, sous sa forme, tente la femme, la séduit et damne le genre humain, dont nous avons l’honneur de faire partie. Au seuil de toutes les religions, siège le serpent, comme fait ou comme symbole. ». L’occasion pour Dumas de revenir à la mythologie, à l’histoire biblique, à l’antiquité avec Mithridate, Octave, Antoine, Cléopâtre ou Tibère et au Moyen-Âge. Puis il nous conte des aventures de serpents fascinateurs, de constrictors, de vipères à corne, de crotales et de charmeurs de serpents. Du Jardin des plantes à Carcassonne, de l’Amérique du Sud à l’Afrique, légendes, histoires de chasseurs ou de naturalistes, ses récits vous divertiront ou vous étonneront. Alexandre Dumas ne craint pas de pimenter son récit de digressions comme celle du lézard romain apprivoisé par son ami administrateur de L’Indépendant ou de souvenirs personnels. Tout est-il vrai ? Je ne saurais vous le dire. Mais j’y ai appris quelque chose et mon intérêt ne s’est pas démenti.

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Saussure Horace Bénédict de – … Au Mont-Blanc

Saussure Horace Benedict de - ... Au Mont-Blanc - Bibliothèque numérique romande - TL Le Mont-Blanc depuis le village de CordonSaussure Horace Bénédict de – … Au Mont-Blanc : Ce journal est un témoignage « en direct » de l’été 1787 et de l’ascension, pour la 2e fois dans l’histoire, du Mont-Blanc.  Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) arriva le 7 juillet à Chamonix avec sa famille et d’importants bagages. C’était un scientifique accompli, fasciné par les cimes lointaines et curieux de pouvoir y pratiquer ses expériences. Baromètre, thermomètre, diaphanomètre, réchaud, capsules à éther font partie de ses bagages. Aux côtés des gilets de flanelle, redingotes, bas de grosse laine, crêpes, chemise de nuit, pantoufles et autres objets qu’il avait listés pour son ascension. Il tient un journal de bord dans lequel il recense les activités quotidiennes, les visites, les repas ; écrivant parfois en grec pour plus de discrétion ! La météo de juillet est pluvieuse et il devra attendre de longues semaines avant de pouvoir enfin, le 3 août, mettre le pied au sommet. En ayant soin de noter ses impressions et son ressenti tout au long de l’ascension, y compris ses nausées dues à l’altitude qui l’empêcheront de réaliser toutes les expériences qu’il souhaitait faire à 4’809 mètres.  Dépité, il écrira : J’étais comme un gourmet invité à un superbe festin et qu’un dégoût extrême empêche d’en profiter.

Mais les voyages de de Saussure ne se bornent pas à cette unique ascension : « À l’âge de dix-huit ans, dit-il, j’avais déjà parcouru plusieurs fois les montagnes les plus voisines de Genève… je brûlais du désir de voir de près les hautes Alpes… enfin, en 1760, j’allai seul, à pied, visiter les glaciers de Chamonix, peu fréquentés alors, et dont l’accès passait même pour dangereux. J’y retournai l’année suivante, et dès lors je n’ai pas laissé passer une seule année sans faire de grandes courses… J’ai traversé quatorze fois la chaîne des Alpes, par huit passages différents ; j’ai fait seize autres excursions. » C’est le compte rendu de certaines de ses observations que vous trouverez dans L’Ascension au Mont-Blanc (extraits) : « Le héros a rendu compte de ses voyages et de ses expériences dans quatre énormes in-quarto. Nous ne pouvions songer à reproduire la partie scientifique de cette relation : elle est trop étendue … Mais les détails pittoresques, les descriptions, saisissantes de vérité, restent avec tout leur intérêt et toute leur portée éducative. »

Horace-Bénédict de Saussure, né le 17 février 1740 à Conches, près de Genève, et mort le 22 janvier 1799 au même endroit, est un naturaliste et géologue genevois considéré comme le fondateur de l’alpinisme. Sa vie et son œuvre scientifique eurent pour cadre les Alpes, et plus particulièrement le massif du Mont-Blanc, où il mena diverses recherches et expériences scientifiques. (Wikipédia)

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Malot Hector – L’Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain

Malot Hector - L'Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain - Bibliothèque numérique romande - Gustave Caillebotte Rue de Paris temps de pluieMalot Hector – L’Auberge du Monde 1 Le Colonel Chamberlain : À la veille de l’exposition universelle de 1867 à Paris, les journaux publient un « scoop » : le jeune colonel Chamberlain, richissime industriel américain, va venir s’installer à Paris. La capitale française bruisse d’impatience et les femmes affûtent leurs stratégies pour gagner le cœur de ce célibataire. En réalité, Chamberlain exauce le vœu de son père décédé : se rendre à Paris pour y rencontrer sa cousine, la fille d’un modeste ébéniste du faubourg St-Antoine, et l’épouser. Mais son ami Gaston de Pompéran ne l’entend pas de cette oreille : Thérèse est un parti trop modeste. Il emmène le colonel aux Variétés et à un souper avec le tout-Paris. Les femmes les plus élégantes s’y pressent. Il y a aussi le baron Lazarus, un Allemand rusé, affairiste, qui cherche à marier sa fille Ida. Et le prince Mazzazoli, un Italien ruiné, qui compte sur le mariage de sa nièce Carmelita pour se renflouer. Mais le colonel Chamberlain veut être aimé pour lui-même et non pour ses millions. Dans le Paris des bals, des courses de chevaux et des jeux d’argent, comment Thérèse, une jeune fille de 16 ans, pourra-t-elle rivaliser avec les roueries des élégantes ?

Écrite 3 ans avant le célèbre roman « Sans Famille », L’Auberge du Monde est un quadrilogie passionnante, qui dénonce l’arrivisme et la toute-puissance de l’argent.

Hector Malot (1830-1907)  fut un écrivain prolifique : une soixantaine de romans qui connurent de son vivant et jusque dans les années 1930 un grand succès et furent traduits dans de plusieurs langues. Son œuvre s’inscrit dans la veine réaliste. À l’instar d’Honoré de Balzac, Malot représente la société contemporaine : Paris et la province, notamment sa chère Normandie, les différentes classes sociales et plus particulièrement la bourgeoisie. (Source Wikipédia).

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Erckmann-Chatrian – Des contes populaires

Erckmann-Chatrian - Des contes populaires - Bibliothèque numérique romande - Olivier AlbéErckmann-Chatrian – Des contes populaires : Quand le surnaturel se mêle de nos affaires, il n’est pas facile de s’en débarrasser. Tel pourrait le fil rouge de ces contes qui nous emmènent à travers les villages et les campagnes d’Alsace du XIXe siècle, contes qui proviennent du même recueil que Le Bourgmestre en Bouteille. Le rêve d’Aloïus dont le cœur parle plus librement du fond d’un songe. L’œil invisible ou l’auberge des trois pendus : quel mauvais jeu joue la vieille Flédermausse lorsqu’un homme passe la nuit à l’auberge du Bœuf gras ? La comète se rapproche trop de la terre un soir de carnaval, va-t-elle percuter la terre ? Le citoyen Schneider : un curé est secouru in extremis en pleine tempête hivernale, que fera-t-il de sa vie par la suite ? Le requiem du Corbeau : Hans aux plumes noires est-il une réincarnation du diable ? Le Juif polonais : un coup de sonnette peut-il tuer un homme ? Comment Les Bohémiens d’Alsace sous la Révolution échappèrent-ils à la guillotine ? Messire Tempus : que fait la belle Charlotte en compagnie d’un borgne, d’un boiteux et d’un bossu ? Le chant de la tonne : le miracle du vin qui fait chanter les hommes. Le coquillage de l’oncle Bernard peut-il déceler les mauvaises actions ? La tresse noire peut-elle se transformer en serpent ?

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Vuille Nancy-Marie (André Gladès) – Le stérile Sacrifice

Vuille Nancy-Marie (Gladès André) - Le stérile Sacrifice - Bibliothèque numérique romande - Ancha Temple d'Amour VeveyVuille Nancy-Marie (André Gladès) – Le stérile Sacrifice : Ulric vient habiter dans le domaine de son père décédé et découvre la Suisse et sa campagne, tout heureux de se retrouver dans cet environnement paisible. Mais, en visitant le château voisin de la ferme, il rencontre Mahaut, jeune fille retirée auprès de son grand-père. Ils tombent tout naturellement amoureux, mais Ulric est déjà fiancé et ne saura pas se défaire de ces liens de famille et d’argent. Il n’aura jamais le courage d’avouer son amour pour Mahaut à sa fiancée, pour éviter un mariage programmé. Mahaut  ne saura pas non plus se soustraire à cet amour impossible, et essaiera toujours de comprendre Ulric, quitte à s’isoler et à souffrir en silence.

À la fin du roman, l’ajout de fragments du Journal de Mahaut nous fait entrer dans son intimité et révèle une part de révolte contre la lâcheté masculine, mais une soumission consentie et une acceptation de sa triste solitude.

Le Stérile  sacrifice est le troisième roman de Nancy-Marie Vuille, née en 1867, élève d’Edouard Rod, qui a pris le pseudonyme masculin de André Gladès pour écrire ses trois romans qui précèdent les nouvelles Florence Monneroy et le Hasard que la BNR a déjà publiées.

Malgré ce titre un peu rébarbatif, ce roman de 1901 ne s’inscrit pas dans la mouvance suisse romande de l’époque, souvent moralisante et très « couleur locale ». Il s’inspire plutôt des romans anglais du 19e siècle, des sœurs Brontë par exemple, où « la femme acquière une prise de conscience qui lui permet de dévoiler l’aliénation dans laquelle elle vit et qu’elle perpétue » (Daniel Maggetti, préf. de l’éd. de 1988, Morges, Cabédita)

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Sand George – Monsieur Rousset

Sand George - Monsieur Rousset - Bibliothèque numérique romande Jean-Claude Perez Village de la Côte d'OrSand George – Monsieur Rousset : « … La pendule marquait minuit… La baronne, en se retournant pour voir la cause de ma surprise, laissa échapper un cri de frayeur… »  Vous riez de ces choses ?  M. Guigne, un comédien d’un certain âge, lui, n’en rit plus. Car dans sa jeunesse, dans un château isolé niché dans une petite vallée de la Bourgogne, il a vu…

Un essai au fantastique de George Sand, une tentation comme dans l’Histoire d’un Rêveur que retrouverez dans cette courte nouvelle, une narration d’apparente simplicité que l’auteure présente comme un fragment de roman inédit.

George Sand (pseudonyme d’Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, 1804-1876) fut écrivaine prolifique (plus de 70 romans et 50 œuvres diverses). Elle prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d’une société conservatrice. Elle fait scandale par sa vie amoureuse agitée, sa tenue vestimentaire masculine et son pseudonyme masculin. Malgré de nombreux détracteurs (dont Charles Baudelaire) elle contribue activement à la vie intellectuelle de son époque et s’illustre par un engagement politique à partir de 1848, inspirant Alexandre Ledru-Rollin, participant au lancement de trois journaux : La Cause du peuple, Le Bulletin de la République, l’Éclaireur.

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Wells H. G. – L’Homme invisible

Wells H. G. - L'Homme invisible - Bibliothèque numérique romande - illustration Louis StrimplWells H. G. – L’Homme invisible : Un village sur la lande, l’hiver… Un homme étrangement accoutré, ganté, masqué, avec d’épaisses lunettes, s’installe à l’hôtel. Ses expériences chimiques, ses manières et son habitude du secret, rendent vite méfiante Madame Hall, sa logeuse. Si, en plus, il ne paie pas son terme ! Un cambriolage puis des événements étranges ne tardent pas à se produire, au fur à mesure qu’augmentent les soupçons des villageois.

… Un inventeur, dépassé par les conséquences de sa découverte, qui sombre peu à peu dans la folie. Un livre qu’on ne présente plus et qui fut l’un des plus célèbres de H. G. Wells dont l’œuvre est arrivée cette année dans le domaine public en Europe. Humour, invention… un chef d’œuvre du fantastique, dont le thème est à l’origine d’une quinzaine de films et de nombreuses séries télévisées.

H. G. Wells, (1866-1946) est un écrivain anglais dont les romans de science-fiction connurent un énorme succès (La Guerre des Mondes (publié par la BNR), La Machine à explorer le Temps, L’Île du Docteur Moreau) mais qui publia également des « romans de satire sociale, d’œuvres de prospective, de réflexions politiques et sociales ainsi que d’ouvrages de vulgarisation touchant aussi bien à la biologie, à l’histoire qu’aux questions sociales. »

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Charrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés

Charrière Isabelle de - Lettres trouvées dans des porte-feuilles d'émigrés - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-Wells photo PiotrusCharrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés : Les Lettres trouvées dans les portefeuilles d’émigrés comprend vingt-huit lettres fictives datées du 19 avril au 16 juillet 1793. Madame de Charrière compose son ouvrage entre mai et juillet 1793. Elle écrit donc à chaud, en prise directe avec l’actualité. Or celle-ci est particulièrement préoccupante : en janvier 1793, Louis XVI est guillotiné ; à partir de mars, la République, en guerre contre la Première coalition, est menacée de l’intérieur par une brutale chouannerie vendéenne ; en avril, la Convention institue le Comité de salut public ; la France, peu à peu, s’achemine vers la Terreur. L’intrigue colle de près à l’inquiétante réalité. Germaine, une jeune noble émigrée en Angleterre, aime Alphonse, un gentilhomme réfugié à Neuchâtel en compagnie d’un abbé, son ancien tuteur. Le père de Germaine, le Marquis de ***, qui a rejoint l’armée de Condé à Mannheim, s’oppose à leur union, car Alphonse refuse de porter les armes contre son pays. De son côté, Pauline, la demi-sœur de Germaine, vit avec sa mère et son grand-père en Vendée, dans le château paternel, au cœur même de l’insurrection royaliste. Elle s’est éprise de Laurent Fontbrune, un officier républicain et meilleur ami d’Alphonse, qui, tout Jacobin qu’il est, a sauvé le château du saccage des sans-culottes.

Ces péripéties amoureuses sont prétexte à de brûlantes réflexions sur l’avenir social et politique de la France, sur l’égalité des hommes et des femmes et sur le droit au bonheur. Les jeunes héros, plus souples que leurs aînés, triompheront-ils des préjugés de classe et des conflits idéologiques et militaires qui font obstacle à leur amour ? L’auteure ne nous le dit pas, car prise de court par l’Histoire, elle interrompt brusquement son roman le 16 juillet 1793, sans conclure…

Brillante épistolière et femme de lettres d’expression française, réputée pour l’élégance classique de son style, Madame de Charrière – née Isabelle Van Tuyll, à Zuylen, près d’Utrecht, en 1740 – est issue d’une ancienne famille aristocratique hollandaise de tendance républicaine. Enfant, elle apprend le français auprès d’une gouvernante genevoise qui lui transmet sa passion pour les auteurs du Grand siècle. La jeune Isabelle montre tant d’affinité pour la langue de Molière qu’elle en fait son principal outil d’expression. En grandissant, Belle Van Zuylen, comme on l’appelle alors, n’a rien d’une timide jeune fille à marier. Si les prétendants ne manquent pas, ils lui conviennent rarement, ou c’est elle qui les intimide par son intelligence hors du commun. À trente ans passés, de guerre lasse, elle épouse un Vaudois, Monsieur de Charrière, homme intelligent mais effacé, qui l’emmène à Colombier, non loin de Neuchâtel.

Retirée à la campagne, Madame de Charrière demeure une fine observatrice des débats de son temps et maintient une vaste correspondance aux quatre coins de l’Europe. Sa carrière littéraire ne débute toutefois que tardivement. Entre 1784-1785 paraissent trois romans (Lettres neuchâteloises, Lettres de Mistress Henley et Lettres écrites de Lausanne), dans lesquels elle dénonce les vicissitudes de la condition féminine. En 1786-1787, lors d’un séjour d’un an à Paris pour achever Caliste (1787), son quatrième roman, elle fréquente divers salons, y rencontre Benjamin Constant, avec qui elle se lie d’une intense amitié, et assiste aux premiers soulèvements prérévolutionnaires. Cette expérience sera déterminante. De retour à Colombier, elle met sa plume au service des idées nouvelles et publie une série de textes engagés, parmi lesquels des Observations et conjectures politiques (1787), six Lettres d’un évêque français à la nation (1789) et trois contes dans lesquels elle n’hésite pas à faire la leçon à Louis XVI et à Marie-Antoinette. Le massacre de la Garde suisse le 10 août 1792 marque chez elle un tournant idéologique important. Républicaine modérée, elle condamne les violences sanguinaires perpétrées au nom du peuple et de la liberté. Apprenant que des émeutes jacobines se fomentent non loin de Colombier, elle publie un pamphlet (Lettres trouvées dans la neige) qui réussit à calmer le jeu. Forte de ce succès, elle entame aussitôt ses Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés, roman épistolaire inspiré par l’afflux d’aristocrates français venus chercher refuge dans la principauté prussienne de Neuchâtel.

[Sources : Isabelle et Jean-Louis Vissière, Isabelle de Charrière, une aristocrate révolutionnaire (des femmes 1988) ; Colette Piau-Gillot, « Préface », Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés, 1793 (côté-femmes 1993) ; Raymond Trousson, Isabelle de Charrière, un destin de femme au XVIIIe siècle (Hachette 1994).]

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