Imagerie d’Épinal

AVENTURES,
CONTES ET LÉGENDES

Les Aventures de Gulliver, Le Robinson suisse, Le Rêve du Mousse, Le Petit Savoyard, Le Petit Poucet, Finette ou l’adroite Princesse, La Légende de Saint Éloi

édité par la bibliothèque numérique romande

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Table des matières

 

AVENTURES DE GULLIVER.. 1

LE ROBINSON SUISSE. 1

LE RÊVE DU MOUSSE. 1

LE PETIT SAVOYARD.. 1

HISTOIRE DU PETIT POUCET. 1

L’ADROITE PRINCESSE OU LES AVENTURES DE FINETTE  1

LA LÉGENDE DE SAINT ÉLOI 1

Ce livre numérique. 1

 

AVENTURES DE GULLIVER

Le navire qui porte Gulliver, chirurgien de marine, fait naufrage dans les mers du Sud. Vaisseau et équipage disparaissent sous les flots ; seul, Gulliver, nageur habile, se soutient longtemps sur la mer et atteint enfin un rivage inconnu.

Là il s’endort, vaincu par la fatigue. À son réveil, il est bien surpris de se sentir attaché au sol par des liens aussi ténus que des fils d’araignée, et de voir cheminer sur son corps des milliers de créatures humaines pas plus hautes que son petit doigt.

C’est que la mer l’a jeté dans l’île de Lilliput, et que sa grande taille ayant effrayé les petits habitants de ce pays, ils l’ont ligoté pendant son sommeil et maintenant l’emmènent dans leur capitale, sur un chariot après lequel s’attèle une véritable armée.

Rassuré bientôt par la douceur de son captif, le souverain le remet en liberté. On le fête alors de toutes parts, et, dans la cour du palais, sur un fil de ver à soie, généraux et ministres dansent, comme nos acrobates sur la corde raide, pour le grand amusement de Gulliver.

Un autre jour, le roi fait défiler toute son armée entre les jambes de son favori. C’est merveille alors de voir Gulliver marcher avec précaution au milieu de ces êtres minuscules et relever les pans de son habit pour ne pas enlever les toits des habitations.

Son entretien est un peu onéreux pour les Lilliputien. Six bœufs, quarante moutons, du pain et du vin à proportion, forment son menu ordinaire. En revanche, il met sa force au service de ses petits hôtes et exécute rapidement tous les travaux qu’ils désirent.

Une flotte ennemie menaçant le royaume, Gulliver se jette à la mer, s’empare des vaisseaux, et, d’une seule main, les ramène prisonniers. Comblé d’honneurs pour ce haut fait, il est en butte à la jalousie des courtisans et s’enfuit sur une barque qu’il trouve échouée à la côte.

Le vent le pousse vers une terre qui paraît merveilleusement fertile. À peine y est-il qu’un géant formidable vient se baigner dans la mer. Gulliver tremblant s’enfuit vers un champ voisin. Chaque tige de blé étant aussi grosse qu’un arbre, le fugitif s’y croit en sûreté.

Mais un bruit épouvantable renouvelle sa terreur : ce sont les épis monstres qui tombent sons la faucille de colosses pareils à celui du rivage. L’un d’eux aperçoit Gulliver, le saisit et s’amuse beaucoup des contorsions du petit homme, presque écrasé entre ses gros doigts.

Enchanté de sa trouvaille, le moissonneur emporte Gulliver chez lui et le montre à sa femme et à ses enfants. Ceux-ci, charmés par la bonne grâce de notre aventurier, lui émiettent du pain et de la viande qu’il mange assis sur le bord d’une assiette.

Soudain surviennent deux énormes chiens, et bien vite Gulliver se blottit dans la main de la fermière ; mais bientôt rassuré par la douceur de ces bonnes bêtes, il se met à califourchon sur le nez de l’un d’eux, un lévrier aussi haut qu’une girafe.

Nouveau et plus sérieux danger. Le dernier né de la famille prenant notre homme pour une poupée, s’en saisit et d’un seul coup engloutit sa tête tout entière. Cris forcenés de Gulliver que l’enfant lâche, et qui tomberait par terre si la maman ne le recevait dans son tablier.

Pour préserver Gulliver de nouvelles mésaventures, le fermier construit une cage où chacun peut l’admirer, et l’on ne s’en prive pas. Le renom de l’Homme-insecte, comme on l’appelle, parvient bientôt aux oreilles du roi.

Celui-ci se fait amener le petit homme et l’achète aussitôt. Il l’installe dans un appartement fait à sa taille et lui donne un carrosse attelé de quatre fourmis. En cet équipage, il fait les délices de la Cour et surtout des enfants.

Malheureusement son désir d’aventures l’entraîne hors de sa petite maison et il est un jour attaqué par deux énormes rats, aussi gros que des moutons, qui le dévoreraient, sans son courage et la bonne épée qui ne le quitte jamais.

Un événement singulier, qui semble devoir causer la mort de notre héros, lui permet au contraire de revoir sa famille. Un aigle ayant enlevé la petite maison, s’envole vers la mer : mais attaqué par d’autres aigles, il laisse tomber sa proie. Un navire anglais, qui passait par là recueille Gulliver et le ramène dans sa patrie.

LE ROBINSON SUISSE

Je m’étais embarqué pour l’Amérique avec ma femme et mes quatre fils.

Pendant la traversée, une terrible tempête jeta le vaisseau sur des récifs en avant d’une côte qui se trouvait à quelque distance. La partie où nous nous étions prosternés, implorant la clémence divine, fut seule soutenue au-dessus des flots ; le reste s’était enfoncé avec équipage et passagers.

La tempête enfin apaisée, nous parvînmes avec des planches et quelques cordages à établir un radeau qui nous permit de gagner la côte. Il ne s’y voyait aucun être humain et nous connûmes bientôt que c’était celle d’une île déserte. Nous nous étions munis de quelques outils et ustensiles et surtout d’armes et de munitions. Nos estomacs criaient famine ; avant tout, il fallait songer à manger.

Pendant que la mère et les deux cadets, Ernest et Jack, allumaient du feu sous la marmite, Fritz, l’aîné, s’était mis en chasse avec le chien du bord qui nous avait suivis à la nage, tandis que je recueillais les débris que la mer rejetait et que le petit Frantz explorait les rochers. À l’appel de celui-ci, nous fumes bientôt tous réunis autour d’un énorme homard qu’il venait de capturer.

Ce crustacé et quelques oiseaux abattus par Fritz nous assurant de quoi vivre pendant deux jours, sans plus de souci à cet égard, avec trois cuves que j’avais recueillies entr’autres choses jetées à la côte, nous construisîmes une sorte de bateau ; et, le lendemain, grâce à ce rudimentaire esquif, nous arrivions à l’épave et en ramenions, avec des provisions, un bœuf et une vache trouvés vivants.

Après quinze jours consacrés à retirer de l’épave tout ce qui pouvait s’y trouver d’utilisable pour notre nourriture, nos vêtements et l’édification d’une cabane, nous explorâmes le pays, et c’est ainsi que nous reconnûmes que c’était une île déserte. Mais, comme il y venait des fruits et des légumes de toutes sortes et que le gibier abondait, sans parler des poissons, notre subsistance était largement assurée.

Au cours de notre exploration, comme je venais de tuer un singe et que le chien et Jack s’élançaient vers ma victime, un petit frère de celle-ci se laissa tomber sur la tête de mon garçon et se prit à tirer sur les cheveux avec frénésie.

Je mis vivement fin au supplice, et Jack, qui était sans rancune, soigna si bien le jeune singe qu’il en fit en peu de temps son compagnon assidu et son meilleur ami.

Ernest qui, très studieux, avait poussé loin ses connaissances en botanique, nous fut un guide précieux dans la recherche des plantes pouvant nous être utiles. Il nous fit, entr’autres, arracher des racines de manioc, nous disant qu’au retour, en les râpant, nous obtiendrions une farine propre à la confection d’excellent pain. Et, en effet, nous eûmes ainsi l’aliment qui, jusque là, nous avait le plus manqué.

Un jour, ayant dépisté un troupeau de buffles, Fritz et moi nous parvînmes, en rampant, à nous en approcher jusqu’à bonne portée de nos armes.

Sous la décharge, il en resta deux sur le terrain ; le reste s’enfuit, sauf un jeune dont nous pûmes nous emparer alors qu’il s’obstinait à faire tête à notre chien. Nous boucanâmes la chair des deux morts et Fritz, en quelques jours, dompta le vivant.

Une fois que nous pêchions, vint à passer près de notre bateau une énorme tortue. Vivement je la harponnai ; puis, profitant de ce qu’elle était étourdie, on lui boucla un fût vide sur le dos pour l’empêcher de plonger. Dirigée ensuite à coups de rames, elle nous remorqua jusqu’au rivage. Et là, on la tua et dépeça pour la soupe.

Il faut dire qu’entre temps Jack avait déniché, apprivoisé et dressé à la chasse une jeune aigle. Il avait aussi appris à lancer le lasso. Un jour, monté sur le buffle, dont il s’était fait une monture très docile, il put ainsi prendre vivante une autruche que d’ailleurs ensuite il protégea à grand’peine contre les attaques de son aigle.

Jack n’eut plus alors de cesse qu’il n’eût apprivoisé l’autruche. Ce n’était point chose aisée, car cet étrange oiseau – qui ne vole pas et n’use de ses ailes que pour activer sa course – est des moins intelligents. Il y arriva pourtant et, mieux encore, il réussit, à l’admiration de tous, à s’en faire une monture obéissant à merveille à la bride.

Le dimanche était consacré à la prière et au repos. Réunis dans notre cabane, après la lecture de la Bible, nous rendions grâce à la Providence, non seulement pour nous avoir sauvés tous du naufrage, mais encore pour nous avoir ménagé ensuite un refuge aussi excellent qu’était notre île ; puis nos fils se livraient sous nos yeux charmés aux jeux de leur âge.

Intrépide chasseur et excellent tireur, Fritz était notre pourvoyeur de grand gibier. Avec le chien, et l’aigle que Jack délaissait pour ses montures, il dépistait les buffles les plus sauvages et attaquait les plus féroces sangliers.

Aussi hardi pêcheur, et expert dans l’art de lancer le harpon, monté sur une barque insubmersible qu’il s’était construite, il poursuivait et capturait au milieu des îlots démontés les phoques et les veaux marins.

Un jour que lui et moi, de notre bateau de cuves, nous tendions des filets le long de la côte, nous découvrîmes au large un grand trois-mâts. À force de signaux, on finit par nous apercevoir et le vaisseau stoppa pour nous attendre.

Le capitaine nous fit le meilleur accueil et consentit à prendre à son bord Fritz et Ernest qui rentreraient au pays pour nous revenir avec tout le nécessaire, car nous entendions faire de cette île hospitalière notre définitive patrie.

LE RÊVE DU MOUSSE

Sur un navire un petit mousse rêvait à son pays natal.

Dans ses rêves il voyait sa mère qui le berçait sur ses genoux.

Sur la grève il allait jouer avec ses petits camarades.

Le dimanche, avec sa famille, il se rendait au vieux clocher.

Et le soir on mangeait ensemble de bons gâteaux de sarrazin.

Le petit mousse vit son père sortant ses filets du bateau.

« Fais sécher ces filets sur l’herbe » commanda le père à son fils.

Le fils, enclin à la paresse, n’obéit point à son papa.

Le mousse vit alors sa mère qui l’exhortait à travailler.

Mais sa paresse était si grande qu’il n’écouta pas non plus sa maman.

Deux jours après, sans lui rien dire, son papa le prit par la main.

Et sur un navire en partance, le fit entrer comme apprenti.

Il lui fallut carguer les voiles, nuit et jour, par tous les temps.

Refusant d’accomplir sa tâche, il fut attaché au grand mât.

Il reçut vingt coups de garcette et fut barbouillé de goudron.

En vain, il déplora sa faute, il était trop tard : Vogue petit

LE PETIT SAVOYARD

J’ai quitté notre montagne

Un gros bâton à la main :

On me mettait en campagne

Pour aller gagner mon pain

Avec ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

Fallait suivre un diable d’homme

Qu’était venu racoler,

Et toujours il hurlait comme

Un loup pour me fair’ marcher

Avec ma mie, * Ma marmotte en vie.

En passant dans les villages,

J’avais beau le supplier,

Il se mettait dans des rages

Pour me forcer à mendier

Avec, ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

Quand c’était dans une ville,

J’avais beau me démener

Me disant bien malhabile,

Il me faisait ramoner

Lors sans ma mie. * Ma marmotte en vie.

Quand manquait ce sale ouvrage,

Que j’comptais me reposer,

Ah bien oui ? Pas davantage !

Il me forçait à danser

Avec ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

À la fin de la journée,

Il me prenait tout l’argent

Amassé dans ma tournée,

M’laissant sans un sou vaillant

Avec ma mie, * Ma marmotte en vie.

Encor c’était demi-peine

Car, si je rentrais sans rien,

Il m’battait à perdre haleine

En jurant comme un païen,

Devant ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

Un soir, une bonne dame

Eut pitié du savoyard

Qui, dans sa peur de l’infâme,

Se couchait sur le boul’vard

Avec sa mie, * Sa marmotte en vie.

Elle m’emmena chez elle :

On me mit dans un bon lit.

Au matin, dans la ruelle,

Je trouvais de beaux habits…

Bien, mais ma mie, * Ma marmotte en vie ?

 

Ma marmotte eut en partage

Un joli coin au jardin.

Ah ! ma marmotte bien sage,

Quel changement dans not’ destin !

Oh, oui, ma mie, * Ma marmotte en vie.

La dame me mit en classe ;

Je m’y rendais de bon cœur :

À côté de mes disgrâces,

Pour moi c’était du bonheur

Bien qu’sans ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

M’retrouvant, le méchant homme

Me happait par le collet,

Mais alors je criai comme

Un lapin qu’saisit l’furet,

Pas vrai, ma mie, * Ma marmotte en vie ?

Ce qu’entendant, accourt vite

Un laquais avec un fouet :

Il met le larron en fuite.

Clic et clac, c’est bientôt fait.

Ris-en, ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

On m’mit en apprentissage

Chez un patron pâtissier :

J’avais du cœur à l’ouvrage,

Je connus bientôt l’métier ;

Pas vrai, ma mie, * Ma marmotte en vie ?

Gagnant largement ma vie,

Je pus mettre de côté :

Un jour, j’eus l’âme ravie

En me mettant à compter,

Oh oui, ma mie, * Ma marmotte en vie.

 

J’avais d’quoi dans ma vallée

Retourner vivre aisément ;

Je pris donc mon envolée…

Ah ! papa, que j’suis content,

Aussi ma mie, * Ma marmotte en vie.

HISTOIRE DU PETIT POUCET

 

Il y avait une fois un bûcheron et sa femme qui étaient si pauvres, qu’ils résolurent d’abandonner leurs sept garçons. Le plus jeune, nommé Petit Poucet, entendit la conversation de ses parents.

L’avisé gamin emplît ses poches de petits cailloux blancs et, le lendemain, alors que leurs parents les emmenaient dans la forêt, il sema les cailloux sur le chemin.

Arrivés bien loin, le bûcheron et sa femme s’enfuirent sans être vus de leurs enfants. Le soir, ne voyant plus leurs parents, les pauvres petits se mirent à pleurer.

Petit Poucet dit à ses frères : « Soyez tranquilles et suivez-moi ». Et il les ramena au logis en reprenant à rebours le chemin d’aller, marqué par les petits cailloux blancs.

À quelque temps de là, le bûcheron les emmena à nouveau dans la forêt. Petit Poucet, faute de cailloux, émietta le pain de son déjeuner le long du chemin.

Poucet et ses frères croyaient qu’ils se retrouveraient facilement ; mais les oiseaux avaient mangé le pain, la nuit était venue et ils entendaient les hurlements des loups.

Les pauvres petits avaient bien faim et bien peur aussi. Petit Poucet s’avisa de grimper tout en haut d’un arbre et s’écria tout joyeux qu’il apercevait une petite lumière.

Il entraina ses frères dans cette direction et ils arrivèrent à la porte d’un vieux château. Ils frappèrent et demandèrent l’hospitalité à la bonne dame qui vint leur ouvrir.

Elle les laissa se chauffer, puis leur conseilla de partir, disant qu’ils étaient dans la maison d’un ogre qui mangeait les petits enfants ; mais au même instant, l’ogre frappa à la porte.

Elle fit rapidement cacher les enfants sous le lit et courut ouvrir. En entrant l’ogre demanda à souper et sa femme lui servit un mouton tout entier, cuit à la broche.

Tout à coup, l’ogre se mit à flairer à droite et à gauche disant : « Je sens la chair fraîche ». Sa femme lui répondit que c’était probablement le veau qu’elle venait de tuer.

Mais l’ogre flairant plus fort, alla droit au lit, en tira les pauvres petits et s’apprêtait à les égorger quand il se ravisa et dit à sa femme de leur donner à manger et de les coucher.

La femme obéit et les emmena coucher dans le lit voisin de celui de ses sept filles. Toujours méfiant, Poucet se releva sans bruit et échangea les couronnes des filles de l’ogre contre les bonnets de ses frères et le sien.

La précaution était bonne car l’ogre, se ravisant, vint dans la nuit pour les égorger. Seulement ce furent ses filles que dans l’obscurité, en tâtant les coiffures, il prit pour les garçons. Il leur coupa le cou et se recoucha.

Dès que l’ogre fut rendormi, Petit Poucet fit lever ses frères et tous se sauvèrent sans bruit par le jardin. Ils coururent pendant toute la nuit sans prendre de repos.

Le lendemain matin, en voyant sa méprise, l’ogre entra dans une violente fureur. Il chaussa aussitôt ses célèbres bottes de sept lieues et se mit à la poursuite des fugitifs.

Quand Poucet et ses frères aperçurent l’ogre qui franchissait les montagnes d’une seule enjambée, ils renoncèrent à fuir et se cachèrent sous un énorme rocher.

L’ogre, pour se reposer, vînt s’asseoir précisément sur ce rocher et s’endormit profondément. Petit Poucet ordonna à ses frères de rentrer chez leurs parents et tira doucement les bottes de l’ogre.

Il les adapta de son mieux à ses petites jambes, courut à la maison de l’ogre et, disant que celui-ci était tombé aux mains de brigands, réussit à se faire remettre une forte somme pour la rançon.

Chargé des richesses de l’ogre, Poucet revint à la maison paternelle où il retrouva ses frères. Avec la prétendue rançon, il acheta des biens à son père et ils vécurent tous heureux.

L’ADROITE PRINCESSE OU LES AVENTURES DE FINETTE

 

Un roi partant pour la Palestine, enferme ses trois filles dans une tour, leur donnant à chacune une quenouille de verre qui devait se briser à leur première faute.

Les filles du roi, Babillarde et Nonchalante, montent dans le corbillon qui servait aux provisions, une vieille femme qui demandait la charité.

Le soir venu, la vieille se dépouillant de ses haillons, apparaît sous les habits d’un jeune prince ; c’était Riche-Cautèle, fils d’un roi voisin.

Les princesses s’étant enfuies dans leur chambre, Riche-Cautèle décide Nonchalante à lui donner sa foi, et l’ayant enfermée il en fait autant de Babillarde.

Puis il va à la chambre de Finette, et ne pouvant la décider à ouvrir, il enfonce la porte ; mais la princesse armée d’un marteau tint à distance.

Le prince Riche-Cautèle tombe dans un piège dressé par Finette, et est précipité dans un égout.

Finette va ensuite délivrer ses sœurs que le prince avait enfermées dans leur chambre.

Riche-Cautèle parvenu à sortir de l’égout qui donnait sur une rivière, se fait entendre à des bateliers qui pêchaient.

Riche-Cautèle voulant se venger, envoie sous les fenêtres de la tour des arbres chargés de fruits. – Finette pour contenter ses sœurs se fait descendre et est capturée par les officiers du prince.

Finette est conduite sur le haut d’une montagne, où elle trouve le prince qui la menace de la faire mettre dans un tonneau hérissé de pointes acérées.

Riche-Cautèle s’étant baissé à l’entrée du tonneau, Finette le pousse dedans, et il roule jusqu’au bas de la montagne, où il arrive dans un état désespéré.

Les sœurs de Finette ayant eu deux fils, Finette les fait mettre dans des boîtes et se dirige vers le royaume de Moult-Benin, déguisée en médecin.

Elle se fait conduire près du malade, et ayant dit qu’elle allait quérir une eau incomparable, elle laisse les boîtes où l’on trouve les deux enfants.

Riche-Cautèle mourant, fait promettre à son frère Bel-à-Voir, d’épouser Finette et de lui plonger un poignard dans le cœur.

De retour de la guerre, le père des trois princesses demande à voir les quenouilles, et Finette ayant pu seule montrer la sienne, il envoie à la fée, Nonchalante et Babillarde.

Celle-ci les emploie aux plus durs travaux ; Nonchalante meurt de fatigue, et Babillarde s’étant enfuie se brise la tête contre un arbre.

Le prince Bel-à-Voir épouse Finette et l’on fait des fêtes magnifiques en l’honneur de ce mariage.

Le soir la princesse ayant mis à sa place un mannequin dans le lit, se cache dans un coin à l’arrivée de Bel-à-Voir.

Celui-ci voulant tenir son serment passe son épée au travers du mannequin qu’il prend pour Finette.

Puis il tourne son épée contre lui-même ; mais Finette se précipitant sur lui, lui sauve la vie.

LA LÉGENDE DE SAINT ÉLOI

 

Le jeune Éloi fit son apprentissage comme orfèvre : doué de très remarquables dispositions, il était, le temps fini, un compagnon distingué.

Il partit alors pour accomplir son tour de France, comme c’était l’usage. Mais on ne sait trop ce qu’il fit…

Jusqu’au moment où on le voit près de Limoges, installé comme serrurier maréchal-ferrant et excellant dans cette profession.

On lui fit une telle réputation que, s’abandonnant à la vanité, il installa au-dessus de sa porte l’orgueilleuse enseigne que vous voyez.

Le bon Dieu s’émut de cet orgueil excessif et lui dépêcha Saint Pierre sous la figure d’un jeune compagnon.

— Maître, dit-il, sauriez-vous m’enseigner quelque chose que j’ignore ?

— Lis mon enseigne, répondit Eloi.

Et pour te mettre à l’épreuve, ajoute-t-il, voici un morceau de fer brut dont il s’agit de tirer un fer à cheval parfait en trois chaudes seulement.

— Je l’exécuterai en une seule, répondit le prétendu compagnon.

— Voilà, maître, dit Pierre en présentant son ouvrage au maréchal confondu.

En ce moment on amenait un cheval à ferrer, Pierre demanda et obtint la permission d’exécuter ce travail à sa manière.

S’armant alors d’une hachette, il trancha le pied d’un seul coup sans que le cheval eût bougé ou paru ressentir la moindre douleur.

Eloi était stupéfait.

Ayant alors serré le pied dans un étau, Pierre y adapta le fer qu’il venait de forger, chassa les clous, desserra l’étau, reprit le pied et se dirigea vers le cheval.

Ayant remis le pied bien exactement à sa place, il donna un petit coup sec comme pour l’assujettir. L’animal fit trois bonds et se remit à marcher sur ses quatre pieds aussi facilement qu’auparavant.

Eloi qui n’était pas encore tout-à-fait guéri de sa vanité, pensa dans sa naïve crédulité qu’il pourrait en faire autant, car il avait observé avec la plus scrupuleuse attention la façon de procéder du compagnon. Un jour que ce dernier était absent, un cavalier présenta son cheval à ferrer.

Eloi coupa le pied du cheval. Mais le sang jaillit et l’animal rua de douleur. Sans trop se préoccuper de cet accident, Eloi s’empressa de fixer à ce pied le meilleur de ses fers.

Puis il courut l’adapter à la jambe saignante, tout comme il avait vu faire. Mais le pied, de quelque manière qu’il s’y prit, ne voulut point tenir.

Sur les entrefaites le compagnon rentra et remit le pied à sa place avec le même succès que la première fois.

— Désormais, s’écria Éloi, c’est vous qui serez maître, et je ne me dirai plus qu’un modeste compagnon.

« Heureux celui qui s’humilie, honte à celui qui s’exalte », dit l’apôtre en apparaissant dans sa majesté surnaturelle. Et sautant en croupe derrière le cavalier qui n’était autre que Saint Georges, ils disparurent.

Éloi brisa son enseigne.

— Maître, vous faites bien, lui dit un passant, car il n’y a réellement de maître sur maître, de maître sur tous, que Celui qui dispose de la foudre et tient en ses mains la vie de tous les hommes.


Ce livre numérique

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en juin 2016.

 

— Élaboration :

Ont participé à l’édition, aux corrections, aux conversions et à la publication de ce livre numérique : Isabelle, Françoise.

— Sources :

Ce livre numérique est réalisé principalement d’après : Imagerie d’Épinal, planches n° 657, 885, 813, 796, 1098, 1116, 631. L’illustration de première page est tirée de la planche n° 813, Le Rêve du Mousse, dernière case.

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