T. Combe
(Adèle Huguenin-Vuillemin)

COMMENT SON PATRON TUAIT LES ANARCHISTES :
HISTOIRE D’UN APPRENTI

1895

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COMMENT SON PATRON TUAIT LES ANARCHISTES :  HISTOIRE D’UN APPRENTI 3

Ce livre numérique. 14

 

COMMENT SON PATRON TUAIT LES ANARCHISTES :

HISTOIRE D’UN APPRENTI

Il est ouvrier depuis l’autre jour, très fier de cette dignité nouvelle, très émerveillé de se voir à la tête de dix-huit francs par semaine, pour commencer. Il a fait cinq années d’apprentissage chez un patron qui le nourrissait, le logeait, l’habillait et le blanchissait, mais non point selon la formule que répètent, dans l’amertume de leur âme déjà rancuneuse, nombre d’apprentis : « Nourri à la cuisine, habillé à la diable, blanchi à la muraille. »

Quand il fut expédié – pauvre petit Jean Maraudet, plus qu’orphelin, car n’est-on pas plus qu’orphelin quand on a un père sous les verrous et une mère qui court le monde ? – quand il fut expédié par le secrétaire communal et livré franco en gare à M. Benoît, fabricant de ressorts, pour être son apprenti et sa chose pendant cinq années, Jean Maraudet, âgé de treize ans, était déjà un fort joli petit anarchiste. Il avait des griefs, réels ou imaginaires, plein l’âme. Enfant de commune, il s’était vu placé chez des gens tantôt vicieux, tantôt simplement égoïstes, qui avaient exploité à fond sa petite enfance, son activité, son intelligence alerte ; qui l’avaient traité avec rudesse souvent, toujours comme une petite créature inférieure aux enfants de la famille. Il avala des injustices, il serra cent fois son poing de gamin fluet, il pleura tout seul et personne ne le consola.

Dans la rue, dans un cabaret surtout, où la tutélaire autorité communale l’avait placé – car le propriétaire de l’établissement se chargeait à un prix très modique de l’éducation des orphelins – il entendit toutes les rengaines anarchistes et, comme il possédait une mémoire excellente, il sut bientôt les répéter couramment. Il parlait aussi bien qu’un homme des sueurs du peuple, des patrons repus, des grèves et des syndicats, qui ne sont qu’un petit commencement de ce qu’on verra plus tard. Il disait avec accent, ce petit bonhomme, des phrases très sanguinaires, ce qui n’était rien, mais il accumulait en lui-même des rancunes qui pouvaient devenir un moteur de très mauvaises actions. Dans le train qui l’emmenait à la rencontre de M. Benoît, Jean se disait : « Cette fois, c’est un patron pour de bon, un exploiteur ; il faudra que je lui gagne de l’argent pendant cinq années… Ah ! Mais s’il serre trop la vis, c’est moi qui vais mettre en branle les prud’hommes. Je connais mes droits. Et puis j’ai mon idée : dans ce grand village il y a une masse d’apprentis ; je fonderai un syndicat d’apprentis pour faire enrager les patrons. On causera d’anarchie. » Quand il vit M. Benoît qui l’attendait à la gare, il eut un étonnement, car ce patron lui tendit la main, lui demanda cordialement s’il avait fait bon voyage, et la patronne à son tour le reçut maternellement, l’introduisit dans une chambre proprette qu’il devait partager avec le fils aîné de la maison. À table, Jean remarqua qu’on servait les enfants par rang d’âge, et lui aussi à son rang, comme s’il eût été de la famille, après Bernard qui avait quinze ans, avant Louis qui n’en avait que douze. Il y fut sensible. Sensible encore à ne pas voir tomber dans son assiette les morceaux de rebut, tout le gras de la viande, ou la plus grosse portion de fèves réchauffées, et chacun ensuite, l’apprenti comme les autres, eut sa part de légumes frais. « Ça me va, pensa-t-il ; mais attendons la suite. »

La suite fut un propos extraordinaire que tint son patron dans le cours de l’entretien, auquel les enfants, pas plus l’apprenti que les autres, n’avaient la permission de prendre part. Un cousin soupait avec la famille ; il causait des nouvelles du jour et en particulier de certaines mesures de rigueur décrétées en certains pays contre les anarchistes.

— Bah ! fit M. Benoît, les gouvernements ne savent pas s’y prendre ; moi, je tue les anarchistes, mais je les tue tout petits, dans l’œuf.

Il regarda sa femme, qui répondit d’un signe de tête, et le cousin sourit, avec une mine d’approbation. L’un et l’autre comprenaient apparemment ce propos extraordinaire. Jean Maraudet ouvrit de grands yeux, retint son souffle un instant, mais il craignit d’avoir l’air niais et il se composa aussitôt la physionomie d’un jeune homme que rien ne peut étonner.

Après le repas, M. Benoît le conduisit dans les ateliers, déserts à cette heure, deux grandes pièces tout en vitrages ; il lui indiqua les noms de quelques outils, lui montra la place où chaque jour de travail, et pendant cinq années, l’apprenti devait s’asseoir ; il lui fit une description encourageante de l’ouvrier qu’on lui donnait comme voisin.

— Chez moi, dit le patron, les brimades et les montures aux apprentis sont interdites. On t’appellera « pommeau », on te fera quelques plaisanteries ; si tu as pour deux sous d’esprit et de bonne humeur, tu sauras y répondre, et dans quinze jours l’épreuve sera finie.

Il lui expliqua ensuite ses devoirs d’apprenti, les corvées, les nettoyages, dont Bernard, apprenti lui-même de son père, devait faire la moitié.

— Et tu reconnaîtras bientôt, je l’espère, poursuivit M. Benoît, que je suis un homme juste. Même poids, même mesure pour l’apprenti que pour mes enfants. J’apprécie la bonne volonté ; les maladresses, je les pardonne ; mais il est une chose à laquelle je suis inexorable, c’est le mensonge. Un menteur, chez moi, qu’il soit mon fils ou l’apprenti, est puni de la canne.

Or, Jean Maraudet, dont la morale jusqu’alors avait été celle du sauvage, une morale toute défensive, Jean Maraudet n’était point un prodige de véracité. Adroit, vif et laborieux, prenant goût dès la première heure à ses outils, à l’air de l’atelier, il n’encourut aucun reproche à l’égard de son travail ; sa première faute fut un mensonge, un très gros et absurde mensonge, que le patron perça à jour à l’instant même, par deux ou trois questions tout droit plantées.

— Tu as menti, avoue-le, dit-il sévèrement.

— Avouer ! Ah ! Bien non, ce serait trop bête ! fit Jean Maraudet avec effronterie.

Le mauvais fond du gamin, bravade, méchanceté, défiance, émergeait à la surface.

— Je t’ai averti, poursuivit le patron d’une voix tranquille, mais ferme. Pour un mensonge, c’est la canne.

— Ah ! Vous ne me toucherez pas, cria Jean bondissant en arrière. Vous n’en avez pas le droit d’abord… Il y a les prud’hommes.

— Comme tu voudras. Le contrat n’est pas encore signé. Désires-tu que je te renvoie à ta commune ?

— J’y retournerai bien tout seul, fit l’apprenti d’un ton rogue, mais le cœur serré. Vous n’avez pas le droit de me battre !

— Bernard s’est soumis à ce châtiment, il y a quatre ans de ça. Depuis lors, il n’a jamais menti.

— Ça ne me regarde pas ! Je ne suis pas votre fils, moi !

— Je te traite pourtant comme si tu l’étais, fit M. Benoît d’un ton plus doux.

Il avait pitié du petit révolté et désirait l’amener à se soumettre de bon cœur.

— Je pourrais, continua-t-il, t’empoigner par les épaules, te coucher sur le plancher et t’administrer ta correction. Mais je n’en ferai rien. Réfléchis, et dans une heure viens me dire : « J’ai mérité la canne, je l’accepte. »

— Jamais ! cria l’apprenti avec un juron plus gros que lui. J’aime mieux décamper.

Il saisit son chapeau accroché à un clou et se sauva, la rage dans l’âme. De sa fenêtre, M. Benoît le vit traverser la cour comme un trait, enfiler une ruelle, se diriger vers les prés. À dix minutes de la maison, il y avait un petit bois, quatre ou cinq trembles, des pins, un fourré d’aubépines et d’églantiers tout autour. À la rigueur, on pouvait s’y cacher ; la terre, jonchée d’aiguilles, était sèche et douce sous les pins. M. Benoît songea un instant et se dit : « Il faut avoir patience. »

Jean, couché sur le sol, la tête enfouie dans ses bras, s’attendait à être poursuivi et préparait une belle défense. Autour de lui, les dernières mouches de l’été finissant bourdonnaient ; il n’entendit aucun autre bruit, sinon le sifflet lointain des fabriques, pendant des heures et des heures. Il essaya de dormir, mais, trop agité de colère, il ne fit que se coucher, s’asseoir, se lever, ruminant toutes les injures que la vie et les hommes lui avaient déjà infligées. À midi, il commença à sentir l’agréable et régulier appétit d’un estomac de treize ans ; à trois heures, cet appétit fut moins agréable ; à cinq, c’était déjà une petite torture. Jean tâta ses poches : pas un sou. Il mâcha des feuilles d’aubépines et les trouva fades. À sept heures, il n’avait plus de colère, mais une grande faim accompagnée de perplexité, et en même temps une résolution héroïque de ne point se laisser prendre lâchement par la famine. Que faire cependant ? Passer la nuit dans cette cachette et renvoyer une décision au lendemain matin.

Déjà, il rassemblait des aiguilles sèches pour s’en faire une couche et il amusait son estomac en se racontant des histoires de naufragés. Tout à coup, derrière les églantiers, il entendit une voix qui l’appelait : « Hé ! Jean ! » et Bernard, portant un panier, l’apercevait :

— Voici ton souper, dit-il.

Il avait sa consigne, apparemment, car il ne parla que de choses indifférentes tout en posant à terre une grande tranche de pain frais, un petit pot de café, une assiette couverte d’un linge.

— Des omelettes aux pommes ; maman s’entend fameusement à les faire, seulement elles ne seront plus très chaudes.

— Pourquoi le patron m’envoie-t-il à souper ? demanda l’apprenti étonné et défiant.

— Mais pour que tu manges, répondit Bernard sans se compromettre.

Mourir de faim eût été noble… Le pain était frais, l’odeur du café montait dans l’air : Jean tomba sur cette nourriture inespérée et au-dedans de lui pensa : « Le patron est juste, après tout ; j’ai travaillé pour lui ce matin, il me devait mon repas. »

— Et alors, demanda Bernard, emballant la vaisselle dans le panier, que vas-tu faire à présent ?

— Dormir. J’ai déjà préparé mon lit, fit-il, indiquant le tas d’aiguilles de pin.

— Mais tu auras froid.

— Ça se pourrait.

Bernard n’insista pas ; toujours sa consigne, probablement. Il hésitait néanmoins à s’éloigner ; il fit deux pas, puis revint :

— J’ai aussi été « canné », moi, dans le temps. On n’en meurt pas.

— Canné par ton père, c’est bien différent.

— Tu n’as qu’à te figurer que mon père est le tien, fit Bernard.

— Facile à dire !

Des pensées amères montaient comme une vague dans le cœur de ce pauvre mauvais garnement, qui aurait eu besoin en effet d’une forte dose d’imagination pour se figurer qu’un honnête homme était son père.

Bernard était parti, la nuit tombait, épaisse déjà sous les arbres ; et comme Jean, pelotonné sous un pin, cherchait à s’endormir, un appel se fit entendre de nouveau : « Jean Maraudet, hé ! Jean ! » Cette fois, c’était le patron. Le patron lui-même, qui frottait une allumette-bougie et s’avançait, cette petite lumière à la main, comme pour chercher une épingle.

— Ici, m’sieu ! Je suis ici, dit Jean qui se leva presque malgré lui.

— Et tu es bien décidé à y rester ? demanda M. Benoît de sa voix tranquille.

— Tout ce qu’il y a de plus décidé, oui, m’sieu.

— Dans ce cas, voici mon manteau d’hiver que je t’apporte. Tu t’en couvriras.

Le patron s’assit à côté du gamin et parut attendre. On n’y voyait presque plus, mais Jean tâta l’étoffe du manteau et la trouva épaisse, moelleuse.

— Et si je « levais » avec votre manteau ? Je m’en ferais des sous, dit-il audacieusement.

— C’est une idée qui pourrait te venir, en effet, mais tu ne la suivras pas…

— Non, je ne la suivrai pas, fit Jean à voix basse. Ça ne serait pas chic… Mais, reprit-il d’un accent perplexe, je voudrais comprendre. Si vous me laissiez mourir de faim et geler sur place, je me rendrais peut-être. Au lieu de ça, bien nourri, rien à faire, une bonne couverture pour la nuit, c’est une vie de cocagne ; j’ai envie de la faire durer.

Sans voir la figure de son patron, Jean devina qu’il riait.

— Je compte un peu sur ta conscience, dit M. Benoît, pour mettre des épines dans cette vie de cocagne… Vois-tu, mon garçon, poursuivit-il d’un accent affectueux, tu as tort de t’imaginer que je te veux du mal. Je te veux du bien. Je te veux véridique et droit.

— Faut-il absolument que je sois canné ? demanda Jean, qui se figura que le patron parlementait.

— Absolument.

— Ah ! Alors, trouvez quelqu’un d’autre.

— Tu as donc bien peur des coups ? fit M. Benoît, avec une nuance d’ironie.

— Les coups, je m’en moque. C’est pas ça. Mais je m’étais juré qu’un patron ne me toucherait pas.

— Dans ce cas, tu aurais mieux fait de ne pas mentir. Tu étais averti. Bonsoir donc, mon garçon, conclut-il en se levant.

— Bonsoir, m’sieu.

Jean se roula dans le manteau, s’enfouit sous les aiguilles amoncelées, chercha une place commode pour sa tête, qu’il avait enveloppée de son mouchoir. Oh ! La longue nuit, et que d’épines le piquèrent, comme son patron l’avait souhaité… Pourquoi donc avait-il menti, après tout ? Stupide idée, stupide habitude ! Ah ! Il eût été plus simple de dire la vérité… Perdre sa place, perdre son apprentissage, quand il avait eu la chance de tomber sur un brave homme de patron, sur une brave femme de patronne… C’était se mettre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Oui, mais les principes, la dignité du prolétaire ?…

Au matin déjà brillant de soleil, Jean Maraudet s’éveilla étonné, sauta debout, se frotta les yeux et retrouva son problème sans solution, comme la veille.

— Bah ! songea-t-il, le plus simple est de retourner dans ma commune ; c’est une journée de marche. Ils me trouveront une autre place, et je ferai alors mes conditions au patron.

Il secoua le manteau de M. Benoît pour le débarrasser des aiguilles qui le hérissaient, il le plia soigneusement, le mit sur son bras et sortit du petit bois. Les yeux fixés sur la maison qu’il allait quitter, et où il avait passé après tout la meilleure quinzaine de sa vie, il descendit le sentier.

— Entrez ! répondit M. Benoît, matinalement assis devant son bureau, à un coup brusque frappé à la porte. C’est toi, Jean ?

— Oui, m’sieu ; je vous rapporte votre manteau.

— La nuit a-t-elle porté conseil ?

— Je pars, m’sieu, pour ma commune.

— L’estomac vide, pauvre garçon ? Non pas. Tu déjeuneras encore une fois avec nous, et ma femme te préparera ton petit paquet.

Jean baissa la tête ; sa gorge se serrait. Ses yeux… il n’osait plus les lever, de peur qu’on ne vît des larmes dedans. Tout à coup il parla :

— Écoutez, m’sieu, si vous aviez le temps de me canner à présent ?… Ce serait une affaire liquidée.

— Parfaitement, répondit M. Benoît. Et dis-toi bien une chose, fit-il en saisissant son apprenti par les épaules et en le regardant au profond des yeux, c’est que ça me fera plus mal qu’à toi.

Au premier coup, Jean ferma les yeux, serra les lèvres ; il ne broncha pas. Quand l’exécution – pas bien longue – fut finie, le patron se pencha vers l’apprenti, lui prit la tête à deux mains, et paternellement l’embrassa. Ni l’un ni l’autre ne prononça une parole. Quelques instants plus tard, ils entraient ensemble dans la grande cuisine où la famille déjeunait. Oui, la main dans la main, ils entraient ensemble ; la patronne sourit.

— Tu le vois, dit son mari à voix basse. Encore un petit anarchiste que j’ai tué dans l’œuf.

Jean Maraudet est donc ouvrier aujourd’hui, très habile ouvrier, et il rêve de devenir patron à son tour.


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— Élaboration :

Ont participé à l’élaboration de ce livre numérique : Isabelle, Françoise.

— Sources :

Ce livre numérique est réalisé principalement d’après : T. Combe, Comment son patron tuait les anarchistes : Histoire d'un apprenti in Le Véritable messager boiteux de Neuchâtel pour l'an de grâce 1895, À Pontarlier, Chez Faivre 1895, p. 61-65 ainsi que in Figurines, Neuchâtel, Attinger, 1901. D’autres éditions ont pu être consultées en vue de l’établissement du présent texte. Nos recherches nous ont fait découvrir une réédition moderne à Lausanne par Paulette éditrice (www.paulette-editrice.ch), 2019, dont nous recommandons la collection « Les Pives » proposant une vingtaine de titres intéressants. L’illustration de première page, Le Locle, est une gravure de Graff, 19e siècle.

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