Chateaubriand – Mémoires d’Outre-tombe (tome IV)

Chateaubriand - Mémoires d'Outre-ombe 4 - Bibliothèque numérique romande - photo Lise-Marie D.Chateaubriand – Mémoires d’Outre-tombe (tome IV) : Ce quatrième volume nous entraîne dans les coulisses du pouvoir sous la Restauration.

En 1814, le retour des Bourbons sur le trône occupé pendant dix ans par Napoléon fait renaître l’ambition de Chateaubriand, qui aspire à une brillante carrière d’homme d’État. Il perdra vite ses illusions. Louis XVIII, prudent et conciliateur, mène une politique de compromis, tant avec les anciens jacobins qu’avec les hommes de l’Empire, et n’accorde à l’écrivain qu’un poste intérimaire de ministre de l’Intérieur. (suite…)

Bakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg

Bakounine Michel - Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-Pétersbourg - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton portraitBakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg : Dans cet essai, Bakounine se met dans la peau d’un patriote suisse déçu de constater que sa patrie obéit à des ordres d’expulsion de dictatures étrangères. Il cite trois exemples dans l’actualité de l’époque où la Suisse pourchasse et expulse des personnes venues chercher asile en Suisse, sur demande de gouvernements étrangers. Avec une grande ironie, Bakounine décrit ces cas où les principes mêmes de la République helvétique sont bafoués : « Aura-t-il (le gouvernement suisse) vraiment le courage de le livrer au tsar de Russie ? Nous allons lui donner un conseil : Qu’il le jette plutôt dans la fosse aux ours de Berne. Ce sera plus franc, plus honnête, plus court, et surtout plus humain. »

Puis il s’interroge sur l’efficacité démocratique du parlementarisme et de la « nouvelle » constitution helvétique de 1848 qui instaure le fédéralisme plutôt qu’une confédération d’états plus ou moins autonomes. Après 1848, une fois le suffrage universel établi, on crut avoir assuré la liberté des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion ! En effet tout le mensonge du système représentatif repose sur cette fiction, qu’un pouvoir et une chambre législative sortis de l’élection populaire doivent absolument ou même peuvent représenter la volonté réelle du peuple. Mais les instincts de ceux qui gouvernent sont, à cause même de leur position exceptionnelle, diamétralement opposés. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions démocratiques, de la hauteur où ils se trouvent placés ils ne peuvent considérer la société autrement que comme un tuteur considère son pupille. Mais entre le tuteur et le pupille l’égalité ne peut exister. D’un côté, il y a le sentiment de la supériorité, inspiré nécessairement par une position supérieure ; de l’autre, celui d’une infériorité qui résulte de la supériorité du tuteur, exerçant soit le pouvoir exécutif, soit le pouvoir législatif. Une question qui reste d’actualité encore aujourd’hui…

Bakounine reconnait que 1848 a apporté une centralisation économique et politique nécessaire, mais il en mesure les inconvénients. Évoquant les soulèvements populaires qui, canton par canton, portèrent au pouvoir les radicaux, il écrit : Ces révolutions , ces soulèvements populaires telle est encore aujourd’hui l’unique forme de contrôle qui existe réellement en Suisse, l’unique borne qui arrête le débordement des passions ambitieux. En détruisant l’autonomie des cantons, en subordonnant les gouvernements cantonaux au pouvoir fédéral. Désormais, les révolutions cantonales, ce moyen unique dont disposaient les populations cantonales pour exercer un contrôle réel et sérieux sur leurs gouvernements, et pour tenir en échec les tendances despotiques inhérentes à chaque gouvernement, ces soulèvements salutaires de l’indignation populaire, sont devenues impossibles. En effet aujourd’hui, le Conseil fédéral a non seulement le droit, il a le devoir d’y envoyer autant de troupes fédérales, prises dans les autres cantons, qu’il sera nécessaire pour rétablir l’ordre public.

Tout pouvoir politique, quelle que soit son origine et sa forme, tend-il nécessairement au despotisme ? c’est l’opinion de l’anarchiste Bakounine. Il faut abolir complètement, écrit-il, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l’organisation des forces productives et des services économiques.

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Malot Hector – L’Auberge du Monde 3 Ida et Carmelita

Malot Hector - L'Auberge du Monde 3 Ida et Carmelita - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Mouettes sur le LémanMalot Hector – L’Auberge du Monde Partie 3 Ida et Carmelita : Édouard Chamberlain a fui Paris et les infidélités de la marquise de Lucillière. Abasourdi, terrassé par le chagrin et l’humiliation, il trouve refuge à Glion, au-dessus de Montreux, sur les bords du lac Léman. Il espère y trouver la solitude et la liberté, loin de la vie mondaine et des trahisons. Mais il ignore qu’on l’a suivi depuis Paris. C’est le prince Mazzazoli et sa nièce, la belle Carmelita, qui arrivent un matin à Glion. L’hôtel n’a plus assez de chambres et le colonel n’a d’autre choix que de céder l’une des siennes. Une seule porte sépare désormais Carmelita de Chamberlain. Piégé, pourra-t-il résister aux plans du redoutable prince italien pour marier sa nièce ? Pourquoi Chamberlain disparaît-il brusquement ? Serait-ce pour aller se venger de la marquise de Lucillière ? Et que va machiner le baron Lazarus pour le mariage de sa fille Ida ? Pendant ce temps, Thérèse a grandi et embelli…

Écrite 3 ans avant le célèbre roman « Sans Famille », L’Auberge du Monde est un quadrilogie passionnante, qui dénonce l’arrivisime et la toute-puissance de l’argent.

Hector Malot (1830-1907)  fut un écrivain prolifique : une soixantaine de romans qui connurent de son vivant et jusque dans les années 1930 un grand succès et furent traduits dans de plusieurs langues.

Son œuvre s’inscrit dans la veine réaliste. À l’instar d’Honoré de Balzac, Malot représente la société contemporaine : Paris et la province, notamment sa chère Normandie, les différentes classes sociales et plus particulièrement la bourgeoisie. (Source Wikipédia).

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Erckmann-Chatrian – Autres contes des bords du Rhin

Erckmann-Chatrian - Autres contes des bords du Rhin - Bibliothèque numérique romande - Palacre Le Rhin au RohrschollenErckmann-Chatrian – Autres contes des bords du Rhin : Myrtille, l’orpheline gypsie, élevée chez les gadjos, pourra-t-elle oublier le goût de la liberté ? Selsam pense soigner par la dissonance l’amour excessif pour la musique de la vieille Annah Wunderlich  : est-ce une bonne idée ? Bien avant les westerns, assistez au duel épique de deux buveurs de bière : qui roulera sous la table et qui récupérera La Pêche miraculeuse, le tableau inachevé du maître Van Marius ? Dans les hauts de Neuchâtel, Rœsel, la jeune aveugle, Reine des Abeilles, a réalisé un lien étrange avec les essaims qu’elle élève. Dans la Kasba, le lieutenant Castagnac, adepte du Talion, a su tuer, d’un seul mot, Dutertre, son ennemi : comment le confondre ? Théodore Blitz, l’organiste est-il un esprit dérangé ou peut-il sentir les esprits et les forces élémentaires, Le Blanc et le Noir qui parcoure notre univers ? Une dizaine de bambins ont disparu sans laisser de trace : qu’en fait la Voleuse d’enfants ? Le Cabaliste Hans Veinland qui a dû fuir à Paris, veut se venger : un adepte de Mithras a-t-il des ressources insoupçonnées ? Huit contes, publiés dans le même recueil que Le Trésor du vieux Seigneur, tour à tour fantastiques, émouvants ou terrifiants qui interrogent sur les forces inconnues qui s’expriment au-delà du monde matériel.

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Hugo Victor – Victor Hugo en Suisse

Hogo Victor - Victor Hugo en Suisse - Bibliothèque numérique romande - gravure Vevey au 19e siècleHugo Victor – Victor Hugo en Suisse : En 1825, Victor Hugo avait eu l’idée avec Charles Nodier de publier la relation du voyage qu’il comptait faire au Mont-Blanc avec sa famille. Le voyage se fit, mais l’éditeur ayant eu des difficultés, ces relations ne se publièrent que par morceaux, dans diverses revues. Plus tard, Victor Hugo effectua d’autres voyages…

Dans ce périple en Suisse de 1839 – descendant depuis l’Allemagne vers Nice au climat plus clément –  et dont certaines étapes sont restées à l’état de notes – Victor Hugo nous écrit : « Je veux tout voir, et je regarde autant le bord du chemin que le bord du ciel. Et puis, ce sont des scènes domestiques où se révèlent les originalités locales. […] plutôt curieux qu’archéologue, plutôt flâneur de grandes routes que voyageur, je suis un grand regardeur de toutes choses, rien de plus, mais je crois avoir raison ; toute chose contient une pensée ; je tâche d’extraire la pensée de la chose. C’est une chimie comme une autre. Tout cela m’amuse et me ravit. […] À Freiburg, j’ai oublié longtemps l’immense paysage que j’avais sous les yeux pour le carré de gazon dans lequel j’étais assis. C’était sur une petite bosse sauvage de la colline. Là aussi, il y avait un monde. […] En somme, cet univers-là est aussi grand que l’autre. […] À Rheinfelden, les exubérantes enseignes d’auberge m’ont occupé comme des cathédrales ; et j’ai l’esprit fait ainsi, qu’à de certains moments un étang de village, clair comme un miroir d’acier, entouré de chaumières et traversé par une flottille de canards, me régale autant que le lac de Genève. »

(suite…)

Chateaubriand – Voyage en Italie

Chateaubriand - Voyage en Italie - Bibliothèque numérique romande - kodiak Dome de Saint-Pierre et pontChateaubriand – Voyage en Italie, suivi des voyages en Auvergne et au Mont-Blanc: Lorsque François-René, vicomte de Chateaubriand, foule pour la première fois le sol de l’Italie, en 1803, ce n’est pas à l’occasion d’une étape du Grand Tour, mais pour prendre ses nouvelles fonctions de secrétaire de légation à Rome, auprès du cardinal Fesch, l’oncle de Bonaparte. Ce premier poste dans la diplomatie sera un échec sur le plan professionnel : l’auteur d’Atala, de René, du Génie du Christianisme, alors âgé de trente-cinq ans, est au sommet de sa gloire littéraire. Rentré en France en 1800, après huit ans d’exil à Londres sous la Révolution, il aspire désormais à la carrière d’homme d’État. Son ami Fontanes, proche du Premier Consul, le fait nommer à Rome ; mais l’écrivain se montrera si indiscipliné, voire malveillant*, que le cardinal, excédé, le congédiera au bout de six mois. Humaniste féru d’histoire, Chateaubriand mettra à profit sa vaste érudition pour explorer la Ville éternelle et les environs de Naples, consignant ses impressions dans un « fatras » de notes, lettres et extraits de journal qu’il ne prendra jamais le temps d’organiser en un tout cohérent. Ainsi, à l’exception de la Lettre à Fontanes et de l’Ascension du Vésuve, publiées en 1804 et 1806 respectivement, le Voyage en Italie reste une ébauche qui ne paraîtra que beaucoup plus tard, en 1827, dans un volume augmenté du Voyage en Auvergne et du Voyage au Mont-Blanc.

Parti de Lyon en mai 1803, Chateaubriand franchit les Alpes par le mont Cenis, fait étape à Turin, qu’il trouve belle mais un peu triste, puis à Milan, où le gothique de la cathédrale lui semble « jurer avec le soleil et les mœurs de l’Italie ». Sa froideur s’évanouit en traversant la Toscane et en arrivant à Rome, le 27 juin 1803. Dans l’émerveillement des premiers jours, il se précipite au Colisée, au Panthéon, au château Saint-Ange, à Saint-Pierre. Le 2 juillet, avant même l’arrivée de son ambassadeur, il obtient une audience privée avec le Saint-Père. Le cardinal en prend ombrage et aura bien d’autres occasions de se plaindre de son encombrant secrétaire… Mais Chateaubriand ne nous dira rien de ces différends. Il est également avare de détails chronologiques et biographiques, laissant un trou de plusieurs mois dans son récit, qu’il ne reprendra que le 10 décembre. Ce qu’il tait, et ne révèlera que dans ses Mémoires d’outre-tombe, est la mort tragique de Pauline de Beaumont, l’une de ses plus chères maîtresses, venue le rejoindre à Rome. Ce deuil va colorer toute la suite de son séjour, transformant les lieux qu’il visite en déserts de ruines où il médite sur le passage du temps, des hommes et des empires. À Tivoli, à la Villa Adriana, sous la froide lumière de décembre, il invoque Horace, Tibulle, Virgile, qu’il cite de mémoire ; ces poètes, qui ont chanté la perte d’un être cher, lui serviront dorénavant de guide. Mais au musée du Vatican, au Capitole ou à la galerie Doria, aucune œuvre ne le retiendra longtemps. Seule Rome au clair de lune semble au diapason de sa douleur.

Le 30 décembre 1803, il part pour Naples, qui le déçoit au premier abord. Pourtant, quelques jours plus tard, inspiré par le paysage dantesque du Vésuve, il décrira avec brio les couleurs chatoyantes de la lave et la rumeur profonde du gouffre au bord duquel il médite sur sa vie et sa destinée. Quittant ce lieu infernal, il atteint enfin Herculanum et Pompéi, que des fouilles archéologiques sont en train de mettre au jour. Le Voyage en Italie s’achève sur la célèbre Lettre à Fontanes, où Chateaubriand, retrouvant tout l’élan de son génie poétique, évoque « l’inconcevable grandeur » des campagnes romaines baignées d’une lumière digne des tableaux du Lorrain.

Si l’Italie est incontestablement un lieu de mémoire, si l’Auvergne, qu’il visite en 1805, est elle-même une terre pétrie d’histoire, il en va tout autrement des Alpes, qui le laissent… de glace.  Aussi son Voyage au Mont-Blanc, paru d’abord en 1806, fera-t-il scandale**: on reproche à  l’écrivain, né sur les rivages de l’Atlantique, d’être insensible au plus grand monument de la nature. Pour Chateaubriand en effet, les montagnes, vues de près, n’élèvent pas l’âme, elles l’oppressent (n’en déplaise à Rousseau), et s’il leur concède une certaine majesté, ce n’est que de loin, lorsqu’elles se profilent à l’horizon, comme dans les sublimes paysages de l’école française de Rome. (*Victor-L. Tapié, Chateaubriand par lui-même (Seuil 1965), 17. **Juan Rigoli, Le Voyage à l’envers. Montagnes de Chateaubriand (Droz 2005), 23.)

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