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Voltaire – Lettres philosophiques

Lettres philosophiques - Voltaire - Bibliothèque numérique romande - esquisse Quentin de la TourVoltaire – Lettres philosophiques : Bien que publiées il y a près de 300 ans, les Lettres philosophiques gardent une actualité étonnante. En vingt-cinq lettres, rédigées en partie alors qu’il était en exil à Londres, Voltaire traite de questions religieuses (quakers, anglicans, presbytériens, sociniens), politiques (parlement, gouvernement, commerce), scientifiques (Newton, Locke, la question de l’ “insertion de la petite vérole”, l’attraction, la chronologie, l’infini), littéraires (la comédie, la tragédie, l’Académie), philosophiques (Pascal), avec une liberté d’esprit réjouissante.

Rédigées quelques décennies avant l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les Lettres philosophiques annoncent les Lumières et reflètent le même désir de comprendre et d’approfondir tous les sujets d’actualité, même les plus complexes – avec, en plus, l’esprit critique et les formules cinglantes de l’auteur. Ainsi à la fin de la lettre sur Pascal : “C’est assez d’avoir cru apercevoir quelques erreurs d’inattention dans ce grand génie ; c’est une consolation pour un esprit aussi borné que le mien d’être bien persuadé que les plus grands hommes se trompent comme le vulgaire”. Et sur les quakers : “Ils firent de bonne foi toutes les grimaces de leur maître, ils tremblaient de toutes leurs forces au moment de l’inspiration. De là ils eurent le nom de quakers, qui signifie trembleurs. Le petit peuple s’amusait à les contrefaire. On tremblait, on parlait du nez, on avait des convulsions, et on croyait avoir le Saint-Esprit. Il leur fallait quelques miracles, ils en firent.”

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Rambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série)

Les Alpes suises 1 - Eugène Rambert - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie SavaryRambert Eugène – Les Alpes suisses (1ère série) : Objet d’engouement indissociable de l’identité suisse, les Alpes, telles qu’on les envisage aujourd’hui, auraient été “inventées” au Siècle des Lumières, au moment où poètes et philosophes (Haller, Rousseau, Burke, Kant et Goethe, parmi d’autres) posent un regard nouveau sur la nature et introduisent dans l’esthétique européenne les notions de sublime et de pittoresque. Réputées jusqu’alors sauvages et inhospitalières, les Alpes se muent en paysages (Walter 94-97*) et deviennent bientôt une étape obligée du Grand Tour, offrant aux jeunes gens des élites britanniques et continentales des 18e et 19e siècles le spectacle grandiose de leurs panoramas. En réalité, comme le démontre notamment Claude Reichler**, cette thèse, encore très en vogue, mérite d’être nuancée. Car les Alpes ont toujours attiré les voyageurs, et ce bien avant le 18e siècle. Si certains n’y voient qu’un monde effroyable et monstrueux (Lescarbot, 1618, in Walter 91), d’autres – des intellectuels et savants sans doute plus hardis et plus éclairés – en ramènent des écrits richement illustrés (Reichler 2013) qui témoignent de l’intérêt continu que suscite, depuis la Renaissance, ce haut-lieu de l’imaginaire helvétique.

Les Alpes suisses, d’Eugène Rambert (1830-1886), s’inscrit dans le droit-fil de ce mouvement d’appropriation culturelle et scientifique du massif alpin qui fleurit particulièrement aux 18e et 19e siècles. L’œuvre, dynamique dans sa diversité, est celle d’un érudit et d’un curieux qui fut à la fois professeur (il donna son nom à un prix littéraire), poète, essayiste, naturaliste et grand amateur d’altitude. L’ouvrage, écrit d’une plume alerte et enjouée, fut publié en cinq séries entre 1864 et 1875. Malgré son ampleur encyclopédique, l’ensemble, quelque peu disparate, reste très accessible, car l’auteur a soin de mettre ses connaissances du terrain à la portée de son public citadin et sait faire partager à ses lecteurs sa ferveur d’alpiniste.

La première série, publiée en 1865, s’ouvre sur un petit essai (Les plaisirs d’un grimpeur) dans lequel Rambert se plaît à comparer l’alpinisme aux jeux de hasard. Vient ensuite le compte-rendu d’une exploration du massif glaronnais des Clarides. Nous sommes loin du tourisme pédestre d’aujourd’hui. L’escalade se fait à la force des bras et des jarrets, et à l’aide de cartes encore très incomplètes, mais les récompenses n’en sont que plus mémorables. Le texte suivant, une petite nouvelle (Les Cerises du vallon de Gueuroz), nous transporte dans la vallée du Trient et décrit à grands traits les dures conditions de vie des flotteurs de bois. Le partie principale du volume s’achève sur une étude de la flore alpine, dont on appréciera tant l’ampleur que la verve poétique : “La nature, écrit Rambert non sans humour, était en veine de romantisme, quand elle a marié à l’immobilité du sapin la joyeuse coquetterie du hêtre. […] Les jeunes sapins […] sont faits pour vivre en société et se prêter assistance. Aussi l’intérêt général l’a-t-il emporté sur les fantaisies de l’humeur individuelle. Tous prennent la forme qui convient le mieux à tous ; aucun ne dévie du type. Les nécessités d’une lutte en commun ont imprimé à la race entière un instinct d’ordre et de discipline.” Existe-t-il au monde essence plus helvétique que le sapin ? Enfin Eugène Rambert revient sur l’accident de Whymper lors de la première ascension du Cervin avec un plaidoyer pour le maintien de la “cordée” dans l’alpinisme.

( *François Walter, « La montagne des Suisses. Invention et usage d’une représentation paysagère (XVIIIe-XXe siècles) », Études rurales, 1991, Volume 121, Numéros 121-124, 1991. De l’agricole au paysage, pp. 91-107. [Consulté en ligne le 16 juillet 2015.], **Claude Reichler, Les Alpes et leurs imagiers. Voyage de l’histoire du regard. [Lausanne : Presses polytechniques et universitaires romandes, 2013], 27.)

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Chambrier Alice de – Poésie, Éloge de Lamartine

Poésie, Éloge de Lamartine - Alice de Chambrier - Bibliothèque numérique romande - photo Sylvie Savary Lac Léman et le GrammontChambrier Alice de – Poésie, Éloge de Lamartine : Une jeune fille gaie et enjouée qui participe à la vie sociale qu’implique la position de sa famille et qui trouve le temps d’aider discrètement autour d’elle…. Mais cette jeune fille est aussi une passionnée d’écriture et de poésie. Elle vole, pour cela, des instants de travail, note discrètement des vers dans un carnet, corrige, recorrige et retravaille ceux-ci pour, quand ils lui conviennent enfin, les recopier dans un cahier recouvert de peluche. Pour les publier ? Non ! Elle s’est fixé pour règle de ne rien considérer d’achevé avant d’avoir atteint ses trente ans. Un coma diabétique l’emporte à 21 ans…

En cinq années depuis l’âge de 17 ans, alors qu’elle est au pensionnat (où elle écrit L’Atlantide), elle compose 175 poèmes (près de 15’000 vers), quatre nouvelles en prose (Belladonna et autres contes publiées par la BNR), deux romans (dont le Châtelard de Bevaix publié par la BNR), trois tragédies, deux drames (dont l’un, inachevé), trois comédies, une saynète, etc.

Si l’inexpérience de cette jeune auteure est quelquefois sensible, s’il ne faut pas oublier qu’elle se promettait de retravailler encore son œuvre, la facture des vers reste aiguisée, plusieurs de ses poèmes sont magnifiques et touchants, et l’idéalisme de la jeune fille emporte l’émotion. Chez cette admiratrice de Victor Hugo le lecteur percevra çà et là l’influence de La Légende des siècles, comme dans le poème en six chants intitulé La Nuit du Désert, une rêverie fantastique et obscure, mais d’autres poèmes, d’une simplicité dépouillée comme « J’aurai vingt ans demain », sont le fruit d’une créativité et d’une sensibilité émouvantes.

L’Éloge de Lamartine, écrit pour le concours de l’Académie française, fut le fruit d’un travail acharné dans lequel elle recomposa trois fois son œuvre. « Quel dommage, disait-elle, que ce ne soit pas Victor Hugo! » L’évocation de Lamartine apaisant l’émeute mérite cependant la lecture.

(Cette présentation s’inspire largement de la préface de Philippe Godet au recueil posthume des œuvres d’Alice de Chambrier, « Au-delà » qu’il publia en 1883. Nous réaliserons prochainement la retranscription numérique de ce recueil.)

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Dunant Henri – Un Souvenir de Solférino

Un souvenir de Solférino - Henri Dunant - Bibliothèque numérique romandeDunant Henri – Un Souvenir de Solférino: 24 Juin 1859 : la bataille de Solférino entre troupes franco-piémontaises de Napoléon et troupes autrichiennes et alliées racontée par Henri Dunant comme si on y était… avec ses blessés, ses morts et toute l’horreur d’une guerre dont le suivi médical n’est pas la priorité.

« On comprend que les souvenirs fussent déjà quelque peu effacés et qu’ils soient en outre abrégés en ce qui concerne les scènes de douleurs et de désolation dont j’ai été témoin » écrit-il dans ce témoignage, rédigé trois ans plus tard. Qu’a dû donc être la réalité !

Cette description des horreurs du combat, comme des situations dantesques des secours et l’organisation des soins, présida à la réflexion d’Henri Dunant sur la nécessité de créer des Sociétés de secours présidées par des philanthropes de tous les pays afin que l’on puisse, lors de conflits armés, s’occuper de toutes les victimes de ces guerres. Publiée en 1862, elle amena à la création un an plus tard du Comité International de secours aux blessés qui devint par la suite le CICR. « Un souvenir de Solférino » servit aussi largement aux fondements de la première Convention de Genève en 1864.

Ce texte mérite une large audience, même si quelques passages restent durs à lire et soulèveront chez le lecteur des sentiments contrastés, de dégoût, de tristesse, d’incompréhension… 156 ans plus tard, n’avons-nous toujours pas compris les horreurs de la guerre et sa tristesse ?

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Voltaire – Micromégas

Micromégas - Voltaire - Bibliothèque numérique romande - photo étoile double de Sirius (A et B) NASA, ESA and G. Bacon (STScI)Voltaire – Micromégas : Sirius aux deux étoiles jumelles dont l’une, énorme… Une région de l’espace peuplée d’êtres de 32 km de haut, vivant des milliers d’années, dotés de nombreux sens et de beaucoup de savoir… Mais voilà ! Il y a là-bas un grand muphti (lisez l’archevêque de Paris), qui trouve suspecte la recherche qu’a faite Micromégas, notre jeune héros sur les insectes siriens. Exilé, Micromégas voyage et rencontre sur Saturne un secrétaire d’académie, philosophe lui-aussi, pour lequel il se prend d’amitié. Un nain, en comparaison, qui doit faire douze pas pour une seule enjambée de Micromégas. Et, ma foi, pas trop créatif… (le modèle dont s’inspire ce personnage, déposa plainte contre le livre.) Tout deux arrivent sur terre et finissent par discerner, au microscope, les puces humaines. Mais celles-ci, malgré leur faible masse, ne sont pas détachées des passions de la matière et de l’esprit. Et que d’orgueil !

Une Science-Fiction de l’époque des Lumières, un conte philosophique divertissant où l’humour voltairien grince en dénonçant préjugés et guerres, obscurantisme et fanatisme, au profit des idées des Lumières (raison, tolérance, foi dans le progrès, esprit d’observation et d’expérimentation). « Léger, fantaisiste, plein d’ironie, Micromégas est un méli-mélo où l’on trouve du fantastique dans la tradition de Rabelais, de Cyrano de Bergerac et de Swift, mais aussi l’écho des dernières avancées scientifiques, des règlements de compte, une méthode d’investigation, une critique des systèmes philosophiques traditionnels » (Wikipédia).

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Vallotton Félix – Les Soupirs de Cyprien Morus

Les Soupirs de Cyprien Morus Félix Vallotton Bibliothèque numérique romande Le ProvincialVallotton Félix – Les Soupirs de Cyprien Morus : Cyprien Morus est né dans une famille d’immigrés russes. Il francise son nom et adopte, en tout, le mode de vie du « monde » de la bourgeoisie parisienne. Avide de reconnaissance et de récompenses, Cyprien Morus, avec toute sa famille – sa femme, ses enfants, son père, sa sœur et un exotique beau-frère vénézuélien – tente d’être un acteur du milieu mondain, organise des événements que ce soit à Paris, ou à Cabourg, leur résidence d’été. Tout cela sans grand succès…

Dans ce roman, Félix Vallotton montre de l’empathie pour le héros de son histoire, tout en se moquant ouvertement de l’armée, de l’administration et de la bourgeoisie parisienne. Ses descriptions vivantes mettent en scène de nombreux personnages, dans des situations souvent rocambolesques. Finalement, un roman truculent, imprégné de la sensibilité du peintre.

Peintre, sculpteur et graveur sur bois, Félix Vallotton (Lausanne, 1865 – Paris, 1925) a connu le succès dans les arts plastiques. Plus confidentielle est son œuvre d’écrivain :  trois romans, publiés après son décès, font pourtant la preuve de son talent.

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