Rod Édouard – L’Ombre s’étend sur la Montagne

L'Ombre s'étend sur la Montagne Édouard Rod Bibliothèque numérique romande photo AnchaRod Édouard – L’Ombre s’étend sur la Montagne : Unis par leur passion, Irène Jaffé et Frantz Lysel, assis au-dessous de la ruine d’Umspunnen, près d’Interlaken, contemplent en silence un coucher de soleil sur la Jungfrau. Tout à leurs pensées, ne devraient-ils pas voir un présage dans cette ombre qui s’étend sur la montagne ? Lysel, violoniste talentueux et compositeur à ses heures bénéficie du soutien des Jaffé, couple fortuné et passionné de musique, à ce moment crucial où il accède à la célébrité. Et il aime la femme de son protecteur. En secret ? Plutôt dans un semi-secret, puisque le mari est au courant et accepte cette relation. Jusqu’au jour où leur fille, Anne-Marie, devient adolescente et commence à se rendre compte de la situation.

Tout au long de ce roman dramatique, au fil de lettres enflammées entre les amants séparés, le lecteur participe à un débat sur la vérité et le mensonge, le rêve et la réalité, l’amour et le renoncement, et sur le pouvoir consolateur de la musique. Madame Jaffé doit-elle renoncer ou non à son amour ? Une nature alpine très présente dans ce roman où la beauté parfois tragique de la montagne reflète les sentiments et les tourments humains.

Édouard Rod (1857-1910) était l’ami de Zola, de Maupassant, de Barrès. Un prix Édouard Rod a été fondé en 1996 sous l’impulsion de Jacques Chessex, lui aussi de Ropraz, en Suisse. « Regarder en soi non pour se connaître ni pour s’aimer, mais pour connaître et aimer les autres » (Édouard Rod – Les Trois Cœurs, éd. Didier, Paris, 1890)

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Voltaire – Candide ou l’optimisme

Candide ou l?optimisme Voltaire Bibliothèque numérique romandeVoltaire – Candide ou l’optimisme : De Genève, Voltaire apprend successivement le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, qui fit des milliers de morts, puis, en 1756, le début de la Guerre de Sept Ans. Touché par ces évènements il écrit, cette année-là, dans son Essai sur l’Histoire Générale que “Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles” et envoie à Jean-Jacques Rousseau un Poème sur le désastre de Lisbonne. Celui-ci lui répond et tente de justifier la providence divine.

Candide ou l’optimisme lui est-il une réponse ? Dans tous les cas, l’optimisme de Leibnitz, le chantre du meilleur des mondes possibles et de l’harmonie préétablie, incarné dans l’histoire par Pangloss, le mentor de Candide, est certainement mis à mal par les péripéties de ce conte. Elles éduqueront peu à peu notre héros naïf et l’entraîneront de l’Allemagne au Portugal et du Pérou à Constantinople. Dans ce pamphlet contre Leibnitz et l’idée qu’un mal nécessaire en cette terre est compensé par un bien d’essence supérieure et celle d’un monde dans lequel rien n’arrive sans qu’il n’y ait une cause nécessaire, Voltaire, s’amuse à déconstruire le vernis de bonheur que nous présentons tous au monde et ironise sur le conservatisme social d’une noblesse qui sera en fin de vie dans quelques décennies.

Candide est un fils naturel car son père ne pouvait prouver soixante et onze quartiers de noblesse. Surpris avec Cunégonde sa cousine, il est chassé du château de son oncle « à coups de pied dans le cul ». Enrôlé dans les armées bulgares, il fuit la guerre et apprend que Cunégonde et sa famille ont été massacrées par les Bulgares. Il échouera, avec Pangloss son ancien mentor devenu gueux à Lisbonne au moment du tremblement de terre. Victime, mais survivant de l’autodafé expiatoire qui suit cette catastrophe, il découvre que Cunégonde est vivante et n’aura de cesse de la retrouver, du Pérou à l’Eldorado, puis de Paris à Constantinople. Mais finalement, conclut Candide, ne vaut-il pas mieux cultiver son jardin ?

Réédité vingt et une fois du vivant de l’auteur, Candide est un des plus grands succès littéraires francophones.

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Castella Célestin – Une excursion sur la Dent de Jaman

Une excursion sur la Dent de Jaman - Célestin Castella - Bibliothèque numérique romande - photo Dent de Jaman Sylvie SavaryCastella Célestin – Une excursion sur la Dent de Jaman, nouvelles et légendes gruériennes : Les fêtes de la Bénichon marquent la fin de l’été et la désalpe. L’occasion pour Célestin Castella de prendre quelques jours et réaliser une excursion projetée de longue date avec un ami sur la Dent de Jaman, dans les Préalpes fribourgeoises. L’itinéraire est l’occasion de nous raconter des histoires locales comme celle du drame de Laurette et Auguste ou de s’emplir les yeux de panoramas montagnards, de rencontrer des touristes anglaises, de parler des chasseurs de chamois d’autrefois …et de finir la course par une fricassée à l’Hôtel de Jaman à Montbovon. Un voyage dans le temps et la Gruyère d’autrefois…

Seul parmi les poètes de la Gruyère, Célestin Castella (1828-1892) est resté agriculteur au contraire d’autres poètes comme Jean-François-Marcellin Bussard, Joseph-Ignace Baron, Nicolas Glasson, Louis Bornet, Auguste Majeux, Pierre-Joseph Sciobéret ou Joseph Sterroz. Paysan authentique, ses poèmes chantent le sol et la montagne. Si Eugène de Boccard en écrit « Versificateurs maladroits, manquant de métier, […] ils sont restés sensibles aux émotions des âmes agrestes et primitives, et la naïveté charmante ainsi que l’enthousiasme avec lesquels ils chantent les beautés de leur pays, l’amour de leur village et de leur patrie et les humbles travaux auxquels ils participèrent, éveillent de la sympathie chez le lecteur. L’esprit caustique de la Gruyère leur a parfois permis de réussir assez bien dans la fable », reconnaissons pourtant, que la simplicité de son poème :

Sur les flancs du Moléson,
Ah ! voyez ce frais gazon !
Entendez les chansonnettes
Du pinson, des alouettes ;
Chantons, que l’on soit prêt !
Partons pour le chalet. […]

n’a rien de maladroit…

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Renfer Werner – Blosse La Tentation de l’Aventure

Blosse, La Tentation de l'Aventure - Werner Renfer - Bibliothèque numérique romande - photo Christine HugueninRenfer Werner – Blosse La Tentation de l’Aventure Du vain travail de voir divers pays : Blosse et son chapeau pointu annoncent le printemps, dit-on à la ferme… Quel plaisir de rire de lui et de son allure un peu étrange!

L’aventure, ce peut-être tout près, pourquoi pas au funiculaire du Mont-Soleil juste à côté ? En Suisse, écrit Werner Renfer, les pendules sont à l’heure, les trains aussi, et le funiculaire n’a jamais déraillé. Et pourtant ? Si cela arrivait alors qu’il était dedans ? L’aventure est-elle à Paris, dont il revient ? Ou dans ce Jura, où tout semble immobile, mais où les funiculaires peuvent dérailler ?

Werner Renfer, né à Corgémont en 1898, titulaire d’un diplôme d’ingénieur agronome fut journaliste, rédacteur au Jura Bernois puis au Paysan jurassien, fut aussi un écrivain dont l’œuvre est injustement tombée dans l’oubli. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles dont nous vous avons déjà proposé Hannebarde. Il est décédé à 38 ans en 1936. La Bibliothèque numérique romande est fière de participer à la redécouverte de cet écrivain et poète jurassien.

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Rousseau Jean-Jacques – Du Contrat social

Du Contrat social Jean-Jacques Rousseau Bibliothèque numérique romande Île Rousseau Genève photo Sylvie SavaryRousseau Jean-Jacques – Du Contrat social ou principes  du droit politique : Œuvre audacieuse et révolutionnaire, le Contrat Social (1762) est le prolongement de la réflexion inaugurée dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité (1755). Partant de la constatation que “L’homme est né libre et partout il est dans les fers”, Rousseau y développe les concepts-clés de sa philosophie politique, à savoir la souveraineté populaire, la volonté générale, la liberté et l’égalité devant le droit, et démontre de façon magistrale que seul un pacte social librement consenti par tous assure à l’État sa légitimité: “Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps : ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre; car telle est la condition qui donnant chaque citoyen à la patrie le garantit de toute dépendance personnelle; condition qui fait l’artifice et le jeu de la machine politique, et qui seule rend légitimes les engagements civils, lesquels sans cela seraient absurdes, tyranniques, et sujets aux plus énormes abus.”

Le vent de contestation qui souffle dans ces pages a contribué à faire de ce court traité l’un des textes fondateurs de la modernité politique. Rousseau y croise le fer avec les philosophes de l’Antiquité et de la Renaissance comme avec ceux de son temps; il s’arrête longuement sur l’histoire de Rome et d’Athènes, cite les cas de Venise et de bien d’autres grandes puissances; mais ce faisant, il puise aussi dans son vécu personnel des arguments qui prêtent à sa démonstration une grande force de conviction. À lire ou relire le Contrat social, on prend en effet conscience que le rayonnement de cette œuvre universelle n’est pas étranger à un certain cachet local, et que cet ouvrage majeur n’aurait peut-être pas été tout à fait ce qu’il est si son auteur ne se fût considéré, avant toute chose, comme un citoyen de Genève: “Né citoyen d’un État libre, et membre du souverain, quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d’y voter suffit pour m’imposer le droit de m’en instruire. Heureux, toutes les fois que je médite sur les gouvernements, de trouver toujours dans mes recherches de nouvelles raisons d’aimer celui de mon pays!”

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Reymond Lucien – Les Colons de la Vallée de Joux

Les Colons de la Vallée de Joux - Lucien Reymond - Bibliothèque numérique romande - Johann Ludwig Aberli, Heinrich Rieter der Ältere Lac de Joux  Le Pont en 1782Reymond Lucien – Les Colons de la Vallée de Joux : Paris, 1572: la paix de Saint-Germain en Laye, signée deux ans auparavant entre catholiques et protestants, n’a pas satisfait les ultras et le climat s’alourdit progressivement. Les de Richardon, de fervents huguenots originaires du Languedoc, s’inquiètent. Mathilde de Richardon doit subir les sollicitations importunes du duc d’Épernon alors qu’elle aime son jeune cousin. Les massacres de la Saint-Barthélemy les jettent sur la route de l’exil. Ils se dirigent vers la Franche-Comté et la Vallée de Joux.

La Vallée de Joux a vu ses premiers habitants au 12e siècle, notamment des “moines blancs” appelés par Ebald Ier, sire de Grandson et de La Sarraz. Vendue, en 1344, aux ducs de Savoie, “La Vallée” a été annexée par les Bernois avec le reste du Pays de Vaud, en 1536. L’Abbaye est détruite et les habitants, soulagés de voir se terminer les vexations du monastère du Lac, acceptent, sans réellement rechigner, la religion réformée bernoise. Quarante ans plus tard, les massacres de la Saint-Barthélemy provoquent une première vague d’immigration huguenote, à laquelle se rattachent les de Richardon de ce roman. Elle sera suivie d’une deuxième vague d’immigrés, lors de la révocation de l’Édit de Nantes, qui sera le prélude au développement de l’horlogerie dans “La Vallée” aux débuts du 18e siècle.

L’aventure de la fuite de cette famille de Richardon, narrée par Lucien Reymond, de façon parfois un peu convenue mais riche en péripéties, reste intéressante par la description détaillée du cadre et des événements de cette période troublée comme celle des origines de “La Vallée”.

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