Gourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony

Gourd Émilie - Une vie et un exemple Susan B. Anthony - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells maquette G.E. Perine & Co gravureGourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony : Dans les années 1850, aux États-Unis, « une femme mariée n’avait guère plus de droits légaux qu’un nouveau-né : son mari avait le droit absolu de surveiller sa fortune, son gain et sa personne. Il était seul responsable des enfants. Non seulement, comme nous l’avons vu, il était inconvenant et présomptueux pour une femme de parler en public, mais l’opinion lui interdisait aussi sévèrement d’écrire et de publier. Toutes les professions lucratives étaient fermées aux femmes (les universités et la formation professionnelle leur étant inaccessibles), auxquelles il ne restait que quelques occupations mal rétribuées. Les occasions d’acquérir de l’instruction étaient rares. Et enfin, et surtout, la croyance invétérée dans certains milieux que la soumission de la femme à l’homme était d’ordre divin ligotait d’une façon bien pire que toutes les dispositions légales les femmes, du berceau à la tombe, comme d’une camisole de force. »

Dans cette courte biographie de 1920, Émilie Gourd, nous conte l’histoire de cette suffragiste américaine de la fin du 19e siècle qui consacra sa vie à son combat. Si le style est parfois un peu désuet, les propos restent percutants – et parfois presque drôles dans les compte-rendu d’invraisemblables assemblées comme celle où ce cafetier qui avait loué sa salle, mais entendait nettoyer le sol en même temps, forçait les participants à écouter debout en évitant les passages de la serpillière ou ce président d’une association de tempérance qui déclarait aux femmes de l’assemblée : « Nos sœurs n’ont pas été invitées ici pour y prendre la parole, mais pour se taire et s’instruire. » Il ne nous semble pas inutile de rappeler les péripéties tumultueuses des temps qui nous ont précédés et le prix payé pour parvenir à la situation d’aujourd’hui, dans une époque où l’égalité entre hommes et femmes reste bien fragile et incomplète et se trouve sans cesse remise en question.

Émilie Gourd (1879), vient de la bourgeoisie protestante genevoise. En 1898, elle achève sa formation à l’École secondaire et supérieure de jeunes filles. Ce diplôme ne lui permet pas d’étudier à l’université où elle sera auditrice. Elle rejoint en 1903 une association féministe, l’Union des Femmes, puis s’engage au sein de l’Association genevoise pour le suffrage féminin, dont elle deviendra présidente. Elle est aussi de toutes les batailles: assurance maladie, assurance maternité, formation des filles, égalité des salaires, accès des femmes à toutes les fonctions. En 1912, Émilie Gourd fonde le journal Le Mouvement féministe dont elle s’assurera le poste de rédactrice en chef, jusqu’à sa mort. Ce journal changera maintes fois de nom, mais depuis le 14 juin 2001, il porte le nom de L’Émilie, en hommage à la défunte féministe. La journaliste, durant cette période, multiplie ses activités féministes, jusqu’à être nommée secrétaire de l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes en 1923. Atteinte d’une maladie cardiaque, Émilie Gourd doit restreindre ses activités. Elle meurt le 4 décembre 1946 à 66 ans. (Source de cette biographie : http://www.emiliegourd.ch/qui-etait-emilie-gourd- )

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Pergaud Louis – La Vie des Bêtes : Psychologie animale

Pergaud Louis - La Vie des Bêtes : Psychologie animales - Bibliothèque numérique romande - Martin Pettitt Profil d'une tête de Renard roux Pergaud Louis – La Vie des Bêtes : Psychologie animale : En préambule du présent recueil, Louis Pergaud présente La Fontaine et la psychologie animale. Grand poète mais moins grand observateur du monde animalier, La Fontaine, à la suite d’Ésope, pour Pergaud,  utilise la fable et les animaux pour mieux critiquer le genre humain.

Suivent plusieurs textes concis et savoureux sur le rire du chien, Toto le chat, Jacquot le geai, le lièvre, l’hirondelle, etc. différents animaux qu’il a pu observer dans son jardin et dans la campagne environnante de sa Franche-Comté natale. Certains chapitres (la vengeance du bouc) nous replongent dans la bande de gosses délurés de La Guerre des boutons.

Le langage est parfois léger, empreint de « rabelaiseries », souvent humoristique et cocasse (le chien satyre), toujours très vivant et poétique. Pergaud est soucieux de rétablir la vérité (la poltronnerie du lièvre, l’hypocrisie du chat) sur ses amis animaux, sans tomber dans la théorie naturaliste, en suivant son bon sens et son amour de l’observation et de l’anecdote. À l’heure d’internet et des documentaires animaliers savants, ces textes réjouissent par leur légèreté et leur sensibilité.

En fin de livre, un roman inachevé, à peine esquissé,  pour nous rappeler que Louis Pergaud, ce pacifiste, lauréat du prix Goncourt de 1910,  est mort très jeune, fauché dans les tranchées de la grande guerre à Verdun en 1915.

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Pourtalès Guy de – Deux contes de fées pour les grandes personnes

Pourtalès Guy de - Deux contes de fées pour les grandes personnes - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary Ciel nocturnePourtalès Guy de – Deux contes de fées pour les grandes personnes : Peut-on être Un disciple d’Épictète lorsque l’on est, à Calcutta, né d’un père portugais et d’une mère hindoue ? C’est pourtant l’aventure intellectuelle de Gualtero qui, après avoir étudié le christianisme et l’hindouisme découvre la philosophie stoïcienne. Dès lors, philosophe errant, il va construire sa propre aventure de Lisbonne à Londres, puis à Paris… Si sa tresse lui procure des auditeurs, le monde s’avère bien décevant pour un stoïcien. Ne lui faudra-t-il pas un prince pour retrouver la terre de son enfance ?

Naine, laide et sourde ! Ainsi Marie Hurteau, La Pauton, essuie quolibets et maltraitance. Paris sera-t-il différent ? Mais les apparences sont trompeuses et la moquerie peut être insidieuse… Peut-on rêver d’amour quand on est « La Pauton » ? Est-ce un crime ou une pitié que de nourrir des illusions ?

Deux contes et deux univers totalement différents, mais un seul fil rouge dans une époque cruelle: celui la désillusion.

Mobilisé durant la 1ère guerre mondiale, Guy de Pourtalès dut mettre sa carrière littéraire entre parenthèses. Seuls Deux contes de fées pour les grandes personnes et À mes amis suisses verront le jour en 1917.

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Huguenin Oscar – Le Régent de Lignières

Huguenin Oscar - Le Régent de Lignières - Bibliothèque numérique romande - Didier Schürch La vallée des Ponts et de la SagneHuguenin Oscar – Le Régent de Lignières : Le nouvel instituteur du petit village neuchâtelois de Lignières, au pied du Chasseral, est bien sous tous rapports : jeune, instruit, poli, serviable, il est en plus bien accueilli par les notables. Tout semble donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Pourquoi alors un inconnu lui lance-t-il une pierre qui manque de le blesser sérieusement alors qu’il est en train de corriger des copies le soir dans sa chambre ? Et qui lui en veut au point de lui tirer dessus avec un fusil alors qu’il marche en montagne ? Serait-ce lié à la fille de son hôte ? Grâce à l’un de ses élèves, particulièrement cancre, mais totalement dévoué, parviendra-t-il à résoudre cette énigme ?

Oscar Huguenin est né à la Sagne, en 1842, dans une famille d’horlogers. Doué pour les études et le dessin, il devint néanmoins horloger comme ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans. Le pasteur de sa paroisse le décide alors à faire des études d’instituteur. Dès lors, il partage sa vie entre l’enseignement et le dessin, sa passion. Des soucis de santé l’obligent à marquer le pas. Il se plonge dans la lecture : Töpffer, Cooper, Erckmann-Chatrian, Jérémias Gotthelf et surtout Charles Dickens, son auteur favori. Devenu professeur de dessin et installé avec sa famille à Boudry, dans le climat plus clément du bord du lac de Neuchâtel, il étudie les archives de la commune et publie, à 42 ans, son premier roman, l’Armurier de Boudry. Il écrira de nombreux romans décrivant « l’ancien temps », dont l’action est souvent située à la Sagne. La maladie finit par triompher et il décède en 1903.

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Staël Germaine de – Delphine (tomes 4-6)

Staël Germaine de - Delphine 4-6 - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Cloître albigeoisStaël Germaine de – Delphine (tomes 4-6) : « Un homme doit braver l’opinion, une femme doit s’y soumettre. » Cet avertissement, placé en exergue au roman, érige le conformisme féminin en vertu sociale. La phrase, tirée d’un ouvrage posthume de Madame Necker, résonne avec une urgence particulière dans le deuxième volume de Delphine. Elle n’est cependant pas sans ambiguïté. Car Madame de Staël, qui croit au progrès et défend la cause des femmes, ne saurait souscrire à la sévère maxime de sa mère. Dès lors, en prenant pour sujet le destin tragique d’une héroïne qui ose braver l’opinion, tandis que l’homme qu’elle aime, Léonce, en est l’esclave, l’auteure ne se borne pas à entériner une société fondée sur deux poids, deux mesures ; elle dénonce avec vigueur le caractère répressif d’un système patriarcal qui se perpétue bien au-delà de l’Ancien régime.

Malgré leur passion réciproque, les deux héros ont peu de choses en commun. Delphine, qui a été éduquée par son tuteur dans le respect de la liberté et de l’égalité, selon les principes philosophiques et religieux des Lumières, incarne l’aristocratie libérale, ouverte au progrès et aux idées nouvelles. Léonce, qui a hérité de sa mère espagnole une conception archaïque de l’honneur et un rigide esprit de caste, représente au contraire sa faction la plus rétrograde. La machiavélique Madame de Vernon aura alors beau jeu de détruire leur union pour favoriser celle de sa dévote fille, Mathilde, qu’elle destine au fier et ombrageux Léonce.

À l’opposé de ce personnage taciturne et avide de pouvoir, en qui certains contemporains virent un portait de Talleyrand habillé en femme, Henri de Lebensei, l’ami et conseiller de Delphine, est un pur produit de l’aristocratie éclairée. Ce protestant, éduqué en Angleterre et inspiré en partie par Benjamin Constant, représente le porte-parole politique de l’écrivain. Ses lettres sont de vibrants réquisitoires contre le mariage forcé, les vœux monastiques, l’émigration. Elles touchent ainsi à tous les sujets chers à Madame de Staël, y compris la loi sur le divorce, votée le 20 septembre 1792, mais sévèrement limitée sous le Consulat.

La Révolution, qui n’était encore qu’une lointaine rumeur au début du premier volume, se précise au fur et à mesure que l’on avance dans le roman. On recueille ainsi, au détour des phrases, les échos des événements les plus marquants de l’époque : la fuite et l’arrestation de la famille royale (juin 1791), la saisie des biens des émigrés (juillet 1792), la chute de la monarchie (10 août), les massacres de septembre et l’entrée de l’armée prussienne sur le territoire français. La guerre révolutionnaire, tel un deus ex machina, précipitera en effet le dénouement. Entre la défaite de Verdun, le 2 septembre 1792, et la victoire de Valmy, le 20 septembre, Léonce, qui s’apprête à rallier l’armée des Princes, est arrêté et fusillé comme traître à la patrie. Delphine, trop faible pour le sauver, se suicide. C’est donc tout un monde qui s’écroule à la fin : Léonce meurt parce que les normes politiques et sociales qu’il représente ne sont plus d’actualité ; Delphine, en avance sur son temps, est victime de circonstances contre lesquelles une femme seule n’a pas la force de lutter.

[Sources : Simone Balayé, Madame de Staël, écrire, lutter, vivre (Droz 1994) ; Madame de Staël, lumières et liberté (Klincksiek 1979).]

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Rod Édouard – Luisita

Rod Édouard - Luisita - Bibliothèque numérique romande - Philoude photos prises depuis les Abbesses à EchandensRod Édouard – Luisita : Les Baudruz sont une famille de paysans vignerons d’un petit village de La Côte (rive lémanique entre Lausanne et Genève). Le père, libre penseur, soixante-dix ans « sans plier le dos », mène la ferme – la mieux tenue du village – avec ses deux fils, Pierre et Gaspard des jumeaux bien dissemblables, l’un sage et l’autre un peu tire au flan, un peu buveur, ainsi qu’avec avec la femme de Pierre, Julie. Fiers de leur vin, tous travaillent durement malgré les aléas du travail de la vigne, les intempéries et le développement du phylloxera. Édouard Rod nous décrit la vie d’un village vaudois au siècle passé avec beaucoup de vérité : il y a le pasteur, qui traverse « par raccourci » le champ des Baudruz pour visiter une voisine malade mais ne refuse pas un verre de blanc, le régent (l’instituteur) un jeune venu d’ailleurs et fier de son savoir, le syndic (le maire) qui est à couteaux tirés avec les Baudruz, le facteur et tous les autres… Mais voilà que l’oncle Charles, qui « courrait les cinq partie du monde », vient à décéder dans un hôpital de Buenos-Aires. Que faire alors de l’orpheline, Luisita Baudruz ?

Édouard Rod, né en 1857 à Ropraz, est un écrivain vaudois établi à Paris, ami de Zola, de Maupassant, de Barrès. Critique réputé, Édouard Rod écrit d’abord des romans « naturalistes » à la manière d’Émile Zola puis se dégageant de cette influence, il s’attache à présenter des cas de conscience, des dilemmes moraux. Il est décédé à Grasse en 1910. Un prix Édouard Rod a été fondé en 1996 sous l’impulsion de Jacques Chessex, lui aussi de Ropraz.

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