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Catégorie : Ici et à côté

Cornaz Louise – Madame Récamier

Cornaz Louise - Madame Récamier - Bibliothèque numérique romande - François-Louis Dejuinne Le salon de Madame Récamier à l'Abbaye-aux-BoisCornaz Louise – Madame Récamier (sous le pseudonyme de Joseph Autier) : « Elle était, pour ainsi dire, une des curiosités de la capitale ; on allait la voir un peu comme on allait visiter le Louvre ou le Panthéon. » « Son salon a été un rendez-vous de gens célèbres, une sorte de carrefour des nations où se sont entrecroisés, sans jamais s’entrechoquer, les rangs, les races et les opinions »

Juliette Récamier, dite Madame Récamier, née en 1777, épouse à 15 ans un riche banquier, et tient salon à Paris dès 1797. Amie de Madame de Staël rencontrée au château de Coppet, elle subit le même sort qu’elle, un exil de trois ans loin de Paris ordonné par Napoléon. Mais en 1814, elle reprend ses réunions mondaines et pendant plus de vingt années, ses réceptions rassemblent autour d’elle les esprits les plus brillants de l’époque : Chateaubriand, Benjamin Constant, mais aussi Tocqueville, Lamartine, Sainte-Beuve, Balzac, et de nombreux artistes. Madame Récamier était belle et intelligente, mais son charme agissait sur tous surtout grâce à sa gentillesse, son dévouement et sa sérénité. Elle a été « une lumière sereine éclairant un tableau d’orage » dit d’elle Chateaubriand dans ses Mémoires. Elle restera connue dans l’histoire comme la source d’inspiration des artistes de son temps.

La biographie écrite par Louise Cornaz n’est pas une biographie linéaire et exhaustive. Dans un style fluide et assez dépouillé, elle trace rapidement les grandes lignes de son parcours, parfois de manière un peu édulcorée, puis s’attache à décrire plus précisément les amitiés et les amours qui ont marqué la vie Madame Récamier : Madame de Staël, Mathieu de Montmorency, Ballanche, Jean-Jacques Ampère, et bien sûr, Benjamin Constant et Chateaubriand.

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Staël Germaine de – Dix années d’exil

Staël Germaine de - Dix années d'exil - Bibliothèque numérique romande - portrait de Vladimir BorovikovskyStaël Germaine de – Dix années d’exil : «Trouvez-vous que mes enfants et moi sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes?» (Madame de Staël à Camille Jordan, 1er novembre 1810, Diesbach 471). La colère de la célèbre baronne n’a d’égale que son désespoir face aux circonstances tragiques qui entourent la publication de De l’Allemagne. Alors qu’elle travaille aux corrections du troisième volume à Chaumont-sur-Loire, en septembre 1810, l’œuvre, jugée suspecte par la police de Napoléon, est supprimée et mise au pilon. Son auteure, déjà interdite de séjour à moins de quarante lieues de la capitale, est expulsée de France et bannie de tous les territoires sous domination française, hormis Coppet et Genève. Cette condamnation tombe comme un couperet. Assignée à résidence dans sa propriété des bords du Léman, privée de son brillant salon et étroitement surveillée par les sbires de l’Empereur, l’illustre châtelaine devient du jour au lendemain une pestiférée qu’il est dangereux de fréquenter. Ses plus fidèles amis en feront l’amère expérience. Coppet, qui avait été pour elle un havre sous la Révolution, Coppet, dont elle avait fait le plus important think tank de la pensée européenne, est désormais une prison où elle se morfond, malgré la présence de ses enfants et celle de John Rocca, son nouvel et jeune amant.

Abattue, mais non point vaincue, l’irréductible adversaire de Napoléon riposte en complotant sa fuite en Angleterre. En attendant les passeports, qui tardent à venir, elle entame Dix années d’exil. Ces mémoires, inachevées, ne seront publiées qu’en 1821, soit six ans après sa mort. Elles comprennent deux parties. La première, ébauchée à Coppet en 1811, couvre la période 1800-1804. L’auteure y dénonce le despotisme naissant de Bonaparte et les persécutions dont elle fut la victime. La deuxième, rédigée à Stockholm vers la fin de 1812, est moins polémique. Madame de Staël saute six années de sa vie pour relater « à chaud » son extraordinaire évasion de Coppet le 23 mai 1812. Accompagnée de sa fille Albertine et de deux serviteurs, l’intrépide femme de lettres est rejointe en route par ses fils Auguste et Albert, leur tuteur, Auguste Schlegel, ainsi que Rocca. Les ports de la Manche leur étant fermés, ils sont obligés d’effectuer un immense détour qui les force à traverser toute l’Europe en guerre et les entraîne, via l’Autriche, la Bohème, la Moravie et la Pologne, jusqu’à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. Précédée de sa gloire littéraire, mais talonnée par la Grande armée en marche, l’auteure de Delphine et Corinne se hâte de ville en ville, où elle est à chaque fois accueillie comme une célébrité. C’est ironiquement en Russie, où survit le servage, qu’elle recouvre la liberté. Là n’est pas le moindre paradoxe de ce pays qui la fascine par son immensité, sa piété, ses coutumes orientales et son fervent patriotisme. À Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à la cour impériale, elle forge des liens personnels avec le tzar Alexandre I, qui la traite en égale et aborde avec elle les grandes questions européennes. Son récit s’interrompt brusquement en septembre 1812, alors qu’elle et les siens s’apprêtent à rejoindre la Suède, d’où ils gagneront Londres en juin 1813.

Dans ces mémoires où elle mêle étroitement son destin personnel à celui de la Nation et de l’Europe tout entière, Madame de Staël (ou son fils Auguste, qui fit des coupes importantes dans le manuscrit pour préserver la réputation de sa mère) ne nous dit évidemment pas tout. Elle tait par exemple la naissance secrète de son cinquième enfant, qui retarda de neuf mois son évasion ; elle passe aussi sous silence son mariage clandestin à John Rocca, ainsi que sa présence à ses côtés durant tout le périlleux voyage. Dans la liste de ses griefs contre Napoléon, elle minimise également l’influence considérable qu’elle-même exerça dans l’opposition, tout comme elle élude plus tard son rôle dans les pourparlers qui conduisirent la Suède et la Russie à rejoindre la sixième coalition contre la France. Malgré ces lacunes et omissions, cette autobiographie offre un aperçu passionnant sur une vie et une époque mouvementées. Madame de Staël y démontre avec éclat que les exils répétés dont elle fut l’objet, loin de la réduire au silence et à l’oubli, contribuèrent grandement à accroître sa notoriété et sa sphère d’influence sur la scène politique internationale. [Sources : Ghislain de Diesbach, Madame de Staël (Perrin 1983) ; Madame de Staël, Dix années d’exil. Édition critique par Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifaccio (Fayard 1996) ; Michel Winock, Madame de Staël (Fayard 2010).]

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Sciobéret Pierre – Abdallah Schlatter

Sciobéret Pierre - Abdallah Schlatter - Bibliothèque numérique romande - Grigori Gagarine Jardin aux environs de TiflisSciobéret Pierre – Abdallah Schlatter ou les curieuses aventures
d’un Suisse au Caucase : À Redoutkalé sur les bords de la mer Noire, en 1860, Abdallah Schlatter, un jeune homme de 25 ans, « Suisse d’origine et Turc de nom », travaillant pour une société de Trébizonde, rencontre Emphidiantz, un Arménien rusé, qui le convainc de devenir son associé et de monter une opération commerciale en Abkhasie. Reçus chez un prince abkhaze au cours d’une réception digne des mille et une nuits, Abdallah Schlatter boit … énormément.. Le lendemain, ébahi, il se rend compte de son erreur mais doit se soumettre à la volonté du prince abkhaze. Le mariage a lieu, et Abdallah entame une nouvelle vie en Abkhasie. Tout  se passe bien jusqu’au jour où de mystérieux ravisseurs enlèvent son fils. Qui sont-ils ? Pourquoi ce rapt ? Après une piteuse tentative d’évasion, Abdallah Schlatter découvre les enjeux politico-stratégiques de son mariage dans cette région convoitée par de puissants voisins.

Pierre Sciobéret (1830-1876) est né et mort à Bulle, dans le canton de Fribourg. D’abord professeur de langues anciennes et de philosophie à Fribourg, il quitte la Suisse en 1857 pour Odessa où il a trouvé un poste de précepteur. Puis il s’installe à Yalta comme maître d’hôtel. Après un passage à Tiflis au service d’un Zurichois, il revient à l’enseignement chez des princesses géorgiennes en 1861. Il y vivra 3 ans, d’abord enchanté de son nouvel environnement « très semblable à la basse-Gruyère, avec un climat presque italien », puis assez vite lassé de la vie d’émigré. La mort de son père en 1864 le décide à rentrer en Suisse, où il entreprend des études de droit. Devenu avocat à Bulle, il se lance dans la politique tout en poursuivant son activité littéraire. En 1870, paraissent ses souvenirs de voyage en Orient sous le titre « Abdullah Schlatter ou les curieuses aventures d’un Suisse au Caucase »*. Il décède à 46 ans, laissant derrière lui plusieurs nouvelles et romans du terroir fribourgeois (Scènes de la vie gruyérienne, Scènes de la vie du peuple montagnard fribourgeois, Scènes de la vie champêtre).

* Ce récit a ceci de particulier qu’il mêle les souvenirs personnels de Pierre Sciobéret à la vie du vrai Abdullah Schlatter, un St-Gallois parti en 1850 pour Constantinople. Tour à tour enseignant, traducteur, guide de voyage dans le Caucase, il épousa la descendante d’une noble famille abkhaze, devenant ainsi propriétaire d’un territoire plus grand que la Suisse. Cette anecdote fut rapportée par la très sérieuse NZZ (Neue Zürcher Zeitung) à la fin des années 1850.

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Vuille Nancy-Marie (André Gladès) – Résistance

Vuille Nancy-Marie (André Gladès) - Résistance - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Pied du Jura depuis AvusyVuille Nancy-Marie (André Gladès) – Résistance : Une fugue d’adolescente  ! À dix-huit ans, Christine étouffe à Belle-Aigue (Divonne-les-Bains ?) une petite ville coincée entre Alpes et Jura où les conventions sont si prégnantes. Dans sa famille nul ne sait exprimer sa tendresse et la seule approbation qu’elle y ait jamais reçue était « de n’être pas blâmée. » Éperdument amoureuse de Lionel, un jeune irlandais rencontré aux Thermes, elle brave l’opposition de sa famille – qui s’est renseignée sur le prétendant mais n’en informe pas sa fille, trop jeune pour comprendre – et s’enfuit avec lui. Elle ne tarde pas à regretter son erreur…

Mais, à la fin du 19ème siècle, une femme qui « fauté » et compromis ainsi son honneur commet un acte « qui ne peut pas plus s’oublier que s’effacer ». Et Christine, refuse de  retourner vivre auprès de cet homme qui lui offre la « réparation » par un mariage que les familles ont arrangées. Désormais en marge de la société, Christine va tenter de refaire sa vie et, au prix de nombreuses privations, réaliser son rêve de devenir médecin. Mais avec quel mépris sont considérées ces jeunes étudiantes qui forcent les portes de la faculté ! Christine parviendra à ses fins mais réalisera la fragilité de la position d’une femme seule et indépendante dans la société d’alors.

Bien en avance sur son temps, Nancy-Marie Vuille dénonce avec vigueur l’ostracisme social  qui frappe, à la fin du 19ème siècle, les « filles-mères » et n’accorde aux femmes aucune réparation à une erreur de jeunesse.  Elle décrit la prise de conscience progressive de Christine et le combat que doivent mener les femmes qui souhaitent travailler et réaliser seules leur indépendance.

Née à Neuchâtel en 1867 dans une famille bourgeoise, Nancy-Marie Vuille grandit à Genève et suit les cours d’Édouard Rod à l’université dès 1886. Elle noue des liens privilégiés avec lui, et il la conseillera et la soutiendra dans ses activités littéraires tout au long de sa vie. En 1893, elle s’installe avec son père et sa sœur à Paris et, en plus de nombreuses traductions, elle publie trois romans Au gré des choses (1895), Résistance (1898) et Le stérile sacrifice (1901), signant du pseudonyme d’André Gladès, du nom de jeune fille de sa mère. Elle ne reviendra à Genève que pour accompagner sa mère dans sa longue agonie, ce qui la marquera profondément. Elle succombera elle-même à la maladie en 1906.

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Bove Emmanuel – Mémoires d’un homme singulier

Bove Emmanuel - Mémoires d'un homme singulier - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton Les toits, rue MériméeBove Emmanuel – Mémoires d’un homme singulier : Fils d’une fille pauvre abusée par un militaire, le narrateur s’interroge, à quarante ans, sur sa vie et son destin : « Je vous supplie, mon Dieu, de me donner un but dans la vie. » Singulier, il revendique son altérité quitte à forcer le trait, se faire un masque grimaçant ou marcher à cloche pied.

Achevé en 1939 et marqué par la perspective de la guerre, ce roman à caractère biographique, voire autobiographique, est « le plus proche [d’Emmanuel Bove] et c’est là ce qui lui donne un accent poignant,  […] Dans ce « non-cerné » [de la psychologie du héros, je vois] un charme et un caractère essentiel du livre ». (Marcel Arland, lettre à Emmanuel Bove) La banalité et la médiocrité, la pauvreté, le malheur tranquille sont omniprésents, mais Bove surpasse cette monotonie en l’érigeant en style d’écriture innovant, qui a fait dire à plusieurs critiques qu’il était un précurseur du « Nouveau Roman ».

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

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Saussure Horace Bénédict de – … Au Mont-Blanc

Saussure Horace Benedict de - ... Au Mont-Blanc - Bibliothèque numérique romande - TL Le Mont-Blanc depuis le village de CordonSaussure Horace Bénédict de – … Au Mont-Blanc : Ce journal est un témoignage « en direct » de l’été 1787 et de l’ascension, pour la 2e fois dans l’histoire, du Mont-Blanc.  Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799) arriva le 7 juillet à Chamonix avec sa famille et d’importants bagages. C’était un scientifique accompli, fasciné par les cimes lointaines et curieux de pouvoir y pratiquer ses expériences. Baromètre, thermomètre, diaphanomètre, réchaud, capsules à éther font partie de ses bagages. Aux côtés des gilets de flanelle, redingotes, bas de grosse laine, crêpes, chemise de nuit, pantoufles et autres objets qu’il avait listés pour son ascension. Il tient un journal de bord dans lequel il recense les activités quotidiennes, les visites, les repas ; écrivant parfois en grec pour plus de discrétion ! La météo de juillet est pluvieuse et il devra attendre de longues semaines avant de pouvoir enfin, le 3 août, mettre le pied au sommet. En ayant soin de noter ses impressions et son ressenti tout au long de l’ascension, y compris ses nausées dues à l’altitude qui l’empêcheront de réaliser toutes les expériences qu’il souhaitait faire à 4’809 mètres.  Dépité, il écrira : J’étais comme un gourmet invité à un superbe festin et qu’un dégoût extrême empêche d’en profiter.

Mais les voyages de de Saussure ne se bornent pas à cette unique ascension : « À l’âge de dix-huit ans, dit-il, j’avais déjà parcouru plusieurs fois les montagnes les plus voisines de Genève… je brûlais du désir de voir de près les hautes Alpes… enfin, en 1760, j’allai seul, à pied, visiter les glaciers de Chamonix, peu fréquentés alors, et dont l’accès passait même pour dangereux. J’y retournai l’année suivante, et dès lors je n’ai pas laissé passer une seule année sans faire de grandes courses… J’ai traversé quatorze fois la chaîne des Alpes, par huit passages différents ; j’ai fait seize autres excursions. » C’est le compte rendu de certaines de ses observations que vous trouverez dans L’Ascension au Mont-Blanc (extraits) : « Le héros a rendu compte de ses voyages et de ses expériences dans quatre énormes in-quarto. Nous ne pouvions songer à reproduire la partie scientifique de cette relation : elle est trop étendue … Mais les détails pittoresques, les descriptions, saisissantes de vérité, restent avec tout leur intérêt et toute leur portée éducative. »

Horace-Bénédict de Saussure, né le 17 février 1740 à Conches, près de Genève, et mort le 22 janvier 1799 au même endroit, est un naturaliste et géologue genevois considéré comme le fondateur de l’alpinisme. Sa vie et son œuvre scientifique eurent pour cadre les Alpes, et plus particulièrement le massif du Mont-Blanc, où il mena diverses recherches et expériences scientifiques. (Wikipédia)

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Vuille Nancy-Marie (André Gladès) – Le stérile Sacrifice

Vuille Nancy-Marie (Gladès André) - Le stérile Sacrifice - Bibliothèque numérique romande - Ancha Temple d'Amour VeveyVuille Nancy-Marie (André Gladès) – Le stérile Sacrifice : Ulric vient habiter dans le domaine de son père décédé et découvre la Suisse et sa campagne, tout heureux de se retrouver dans cet environnement paisible. Mais, en visitant le château voisin de la ferme, il rencontre Mahaut, jeune fille retirée auprès de son grand-père. Ils tombent tout naturellement amoureux, mais Ulric est déjà fiancé et ne saura pas se défaire de ces liens de famille et d’argent. Il n’aura jamais le courage d’avouer son amour pour Mahaut à sa fiancée, pour éviter un mariage programmé. Mahaut  ne saura pas non plus se soustraire à cet amour impossible, et essaiera toujours de comprendre Ulric, quitte à s’isoler et à souffrir en silence.

À la fin du roman, l’ajout de fragments du Journal de Mahaut nous fait entrer dans son intimité et révèle une part de révolte contre la lâcheté masculine, mais une soumission consentie et une acceptation de sa triste solitude.

Le Stérile  sacrifice est le troisième roman de Nancy-Marie Vuille, née en 1867, élève d’Edouard Rod, qui a pris le pseudonyme masculin de André Gladès pour écrire ses trois romans qui précèdent les nouvelles Florence Monneroy et le Hasard que la BNR a déjà publiées.

Malgré ce titre un peu rébarbatif, ce roman de 1901 ne s’inscrit pas dans la mouvance suisse romande de l’époque, souvent moralisante et très « couleur locale ». Il s’inspire plutôt des romans anglais du 19e siècle, des sœurs Brontë par exemple, où « la femme acquière une prise de conscience qui lui permet de dévoiler l’aliénation dans laquelle elle vit et qu’elle perpétue » (Daniel Maggetti, préf. de l’éd. de 1988, Morges, Cabédita)

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Charrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés

Charrière Isabelle de - Lettres trouvées dans des porte-feuilles d'émigrés - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-Wells photo PiotrusCharrière Isabelle de – Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés : Les Lettres trouvées dans les portefeuilles d’émigrés comprend vingt-huit lettres fictives datées du 19 avril au 16 juillet 1793. Madame de Charrière compose son ouvrage entre mai et juillet 1793. Elle écrit donc à chaud, en prise directe avec l’actualité. Or celle-ci est particulièrement préoccupante : en janvier 1793, Louis XVI est guillotiné ; à partir de mars, la République, en guerre contre la Première coalition, est menacée de l’intérieur par une brutale chouannerie vendéenne ; en avril, la Convention institue le Comité de salut public ; la France, peu à peu, s’achemine vers la Terreur. L’intrigue colle de près à l’inquiétante réalité. Germaine, une jeune noble émigrée en Angleterre, aime Alphonse, un gentilhomme réfugié à Neuchâtel en compagnie d’un abbé, son ancien tuteur. Le père de Germaine, le Marquis de ***, qui a rejoint l’armée de Condé à Mannheim, s’oppose à leur union, car Alphonse refuse de porter les armes contre son pays. De son côté, Pauline, la demi-sœur de Germaine, vit avec sa mère et son grand-père en Vendée, dans le château paternel, au cœur même de l’insurrection royaliste. Elle s’est éprise de Laurent Fontbrune, un officier républicain et meilleur ami d’Alphonse, qui, tout Jacobin qu’il est, a sauvé le château du saccage des sans-culottes.

Ces péripéties amoureuses sont prétexte à de brûlantes réflexions sur l’avenir social et politique de la France, sur l’égalité des hommes et des femmes et sur le droit au bonheur. Les jeunes héros, plus souples que leurs aînés, triompheront-ils des préjugés de classe et des conflits idéologiques et militaires qui font obstacle à leur amour ? L’auteure ne nous le dit pas, car prise de court par l’Histoire, elle interrompt brusquement son roman le 16 juillet 1793, sans conclure…

Brillante épistolière et femme de lettres d’expression française, réputée pour l’élégance classique de son style, Madame de Charrière – née Isabelle Van Tuyll, à Zuylen, près d’Utrecht, en 1740 – est issue d’une ancienne famille aristocratique hollandaise de tendance républicaine. Enfant, elle apprend le français auprès d’une gouvernante genevoise qui lui transmet sa passion pour les auteurs du Grand siècle. La jeune Isabelle montre tant d’affinité pour la langue de Molière qu’elle en fait son principal outil d’expression. En grandissant, Belle Van Zuylen, comme on l’appelle alors, n’a rien d’une timide jeune fille à marier. Si les prétendants ne manquent pas, ils lui conviennent rarement, ou c’est elle qui les intimide par son intelligence hors du commun. À trente ans passés, de guerre lasse, elle épouse un Vaudois, Monsieur de Charrière, homme intelligent mais effacé, qui l’emmène à Colombier, non loin de Neuchâtel.

Retirée à la campagne, Madame de Charrière demeure une fine observatrice des débats de son temps et maintient une vaste correspondance aux quatre coins de l’Europe. Sa carrière littéraire ne débute toutefois que tardivement. Entre 1784-1785 paraissent trois romans (Lettres neuchâteloises, Lettres de Mistress Henley et Lettres écrites de Lausanne), dans lesquels elle dénonce les vicissitudes de la condition féminine. En 1786-1787, lors d’un séjour d’un an à Paris pour achever Caliste (1787), son quatrième roman, elle fréquente divers salons, y rencontre Benjamin Constant, avec qui elle se lie d’une intense amitié, et assiste aux premiers soulèvements prérévolutionnaires. Cette expérience sera déterminante. De retour à Colombier, elle met sa plume au service des idées nouvelles et publie une série de textes engagés, parmi lesquels des Observations et conjectures politiques (1787), six Lettres d’un évêque français à la nation (1789) et trois contes dans lesquels elle n’hésite pas à faire la leçon à Louis XVI et à Marie-Antoinette. Le massacre de la Garde suisse le 10 août 1792 marque chez elle un tournant idéologique important. Républicaine modérée, elle condamne les violences sanguinaires perpétrées au nom du peuple et de la liberté. Apprenant que des émeutes jacobines se fomentent non loin de Colombier, elle publie un pamphlet (Lettres trouvées dans la neige) qui réussit à calmer le jeu. Forte de ce succès, elle entame aussitôt ses Lettres trouvées dans des porte-feuilles d’émigrés, roman épistolaire inspiré par l’afflux d’aristocrates français venus chercher refuge dans la principauté prussienne de Neuchâtel.

[Sources : Isabelle et Jean-Louis Vissière, Isabelle de Charrière, une aristocrate révolutionnaire (des femmes 1988) ; Colette Piau-Gillot, « Préface », Lettres trouvées dans des portefeuilles d’émigrés, 1793 (côté-femmes 1993) ; Raymond Trousson, Isabelle de Charrière, un destin de femme au XVIIIe siècle (Hachette 1994).]

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Epuy Michel – Le Secret de la Malle noire

Epuy Michel - Le Secret de la Malle noire - Bibliothèque numérique romande - Maquette Laura Barr-Wells Malle Jackmac34Epuy Michel – Le Secret de la Malle noire : Dans la cohue du local des douanes à l’arrivée du train de Calais, une mère et sa fille … et leurs bagages, des montagnes de bagages ! Mais voici qu’une grosse malle noire attire l’attention d’un douanier. Pourquoi la jeune fille manifeste-t-elle une telle réticence à son inspection ? Obstiné, le douanier persiste ! Et il a raison car, la malle ouverte, va révéler…

C’est ainsi que commence, pour le jeune détective qui a assisté à la scène, une enquête qui l’entraînera, entre Paris et l’Angleterre, de faux semblants en hypothèses qui s’effondrent,  sur la piste d’un criminel inattendu.

Un roman policier aux multiples rebondissements dont l’écriture faussement distanciée n’empêche pas le lecteur de se prendre au jeu et d’accompagner le détective dans sa recherche aux péripéties surprenantes.

Michel Epuy (de son vrai nom Louis Vaury 1876-1943) est un écrivain et traducteur suisse. Auteur d’une vingtaine de titres et de quelques trente-cinq autres en traduction, tout à tour romancier, conteur, auteur de romans policiers, écrivain pour la jeunesse et éditeur d’anthologies ou de volumes d’œuvres choisies, comme celles de Kipling, il est qualifié, par J.-H. Rosny aîné dans une préface élogieuse, de romancier de grand talent, peintre de mœurs, essayiste admiré.

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Gourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony

Gourd Émilie - Une vie et un exemple Susan B. Anthony - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells maquette G.E. Perine & Co gravureGourd Émilie – Une vie et un exemple : Susan-B. Anthony : Dans les années 1850, aux États-Unis, « une femme mariée n’avait guère plus de droits légaux qu’un nouveau-né : son mari avait le droit absolu de surveiller sa fortune, son gain et sa personne. Il était seul responsable des enfants. Non seulement, comme nous l’avons vu, il était inconvenant et présomptueux pour une femme de parler en public, mais l’opinion lui interdisait aussi sévèrement d’écrire et de publier. Toutes les professions lucratives étaient fermées aux femmes (les universités et la formation professionnelle leur étant inaccessibles), auxquelles il ne restait que quelques occupations mal rétribuées. Les occasions d’acquérir de l’instruction étaient rares. Et enfin, et surtout, la croyance invétérée dans certains milieux que la soumission de la femme à l’homme était d’ordre divin ligotait d’une façon bien pire que toutes les dispositions légales les femmes, du berceau à la tombe, comme d’une camisole de force. »

Dans cette courte biographie de 1920, Émilie Gourd, nous conte l’histoire de cette suffragiste américaine de la fin du 19e siècle qui consacra sa vie à son combat. Si le style est parfois un peu désuet, les propos restent percutants – et parfois presque drôles dans les compte-rendu d’invraisemblables assemblées comme celle où ce cafetier qui avait loué sa salle, mais entendait nettoyer le sol en même temps, forçait les participants à écouter debout en évitant les passages de la serpillière ou ce président d’une association de tempérance qui déclarait aux femmes de l’assemblée : « Nos sœurs n’ont pas été invitées ici pour y prendre la parole, mais pour se taire et s’instruire. » Il ne nous semble pas inutile de rappeler les péripéties tumultueuses des temps qui nous ont précédés et le prix payé pour parvenir à la situation d’aujourd’hui, dans une époque où l’égalité entre hommes et femmes reste bien fragile et incomplète et se trouve sans cesse remise en question.

Émilie Gourd (1879), vient de la bourgeoisie protestante genevoise. En 1898, elle achève sa formation à l’École secondaire et supérieure de jeunes filles. Ce diplôme ne lui permet pas d’étudier à l’université où elle sera auditrice. Elle rejoint en 1903 une association féministe, l’Union des Femmes, puis s’engage au sein de l’Association genevoise pour le suffrage féminin, dont elle deviendra présidente. Elle est aussi de toutes les batailles: assurance maladie, assurance maternité, formation des filles, égalité des salaires, accès des femmes à toutes les fonctions. En 1912, Émilie Gourd fonde le journal Le Mouvement féministe dont elle s’assurera le poste de rédactrice en chef, jusqu’à sa mort. Ce journal changera maintes fois de nom, mais depuis le 14 juin 2001, il porte le nom de L’Émilie, en hommage à la défunte féministe. La journaliste, durant cette période, multiplie ses activités féministes, jusqu’à être nommée secrétaire de l’Alliance internationale pour le suffrage des femmes en 1923. Atteinte d’une maladie cardiaque, Émilie Gourd doit restreindre ses activités. Elle meurt le 4 décembre 1946 à 66 ans. (Source de cette biographie : http://www.emiliegourd.ch/qui-etait-emilie-gourd- )

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