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Catégorie : Ici et à côté

Huguenin Oscar – Maître Raymond de Loeuvre

Huguenin Oscar - Maître Raymond de Loeuvre - Bibliothèque numérique romande - Yves Häusermann Depuis les hauts de Peseux, BoudryHuguenin Oscar – Maître Raymond de Loeuvre : Un maître d’école de Boudry, au 16e siècle, né dans le Gard dans le sud de la France ? C’est ce que mentionnent des archives de Boudry qu’a exhumées Oscar Huguenin.  C’est qu’en effet, en 1545, le roi François Ier a demandé au Parlement de Provence d’exécuter l’arrêt rendu quelques années auparavant contre les colonies « vaudoises » (huguenotes) de la région de Mérindol et de Cabrières. Une expédition fut montée et, selon un historien, l’abbé Moréty, près de trois mille personnes moururent à l’occasion du sac de Cabrières. « Le reste de ces misérables Vaudois qui s’étaient sauvés dans les bois, y moururent presque tous de faim, à la réserve des plus robustes qui se retirèrent à Genève et dans les cantons protestants. ».

C’est sur ce fond historique qu’Oscar Huguenin, reconstruit de manière romancée, le destin de Raymond de Lœuvre, ce maître d’école qui, échappé à ces massacres, s’établit à Boudry où il reçut charge d’enseignement et s’intégra à la vie locale. Un livre « engagé » d’Oscar Huguenin qui démontre encore qu’il est un excellent conteur.

Oscar Huguenin est né à la Sagne, en 1842, dans une famille d’horlogers. Doué pour les études et le dessin, il devint néanmoins horloger comme ses parents jusqu’à l’âge de 18 ans. Le pasteur de sa paroisse le décide alors à faire des études d’instituteur. Dès lors, il partage sa vie entre l’enseignement et le dessin, sa passion. Des soucis de santé l’obligent à marquer le pas. Il se plonge dans la lecture : Töpffer, Cooper, Erckmann-Chatrian, Jérémias Gotthelf et surtout Charles Dickens, son auteur favori. Devenu professeur de dessin et installé avec sa famille à Boudry, dans le climat plus clément du bord du lac de Neuchâtel, il étudie les archives de la commune et publie, à 42 ans, son premier roman, l’Armurier de Boudry. Il écrira de nombreux romans décrivant « l’ancien temps », dont l’action est souvent située à la Sagne. La maladie finit par triompher et il décède en 1903.

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Combe T. – Cœurs lassés

Combe T. - Cœurs lassés - Bibliothèque numérique romande - Krol:k La BrévineCombe T. – Cœurs lassés  : Des locataires viennent d’emménager dans la maison : une « tribu » que dirige la mère, Madame Beausire, une originale, avec ses quatre filles et leurs deux oncles. À côté, les propriétaires, une famille recomposée avec un couple et le fils de monsieur, Antoine Jaquier, dans laquelle règne une atmosphère lourde empreinte de reproches, remords, amour étouffant et non-dits. Comment les propriétaires pourront-ils s’accommoder de ces voisins pas comme les autres ?

Mais, sous ce décor bon enfant dans les hauts de Neuchâtel, T. Combe nous introduit dans le monde de la culpabilité et de la dépendance. Car monsieur Jaquier est un vieil homme usé par un remord qui le ronge et qui finira par le tuer. Son épouse prend plaisir à culpabiliser son entourage et à leur faire payer le tribut de son histoire. Le fils, Antoine Jaquier, rebelle, étriqué dans ce monde où il ne trouve ni sa place ni son bonheur, se sent responsable de protéger son père mais reste avide de partir au loin et de tout laisser derrière lui. Chez les locataires, Madame Beausire cache ses misères financières derrière une fausse allure désinvolte et Juliette seule parmi ses filles, est pragmatique : la maisonnée repose sur elle et elle veille sur tous mais n’y trouve, elle non plus, pas son compte de bonheur.

À trop contraindre ou à ne pas écouter, certaines et certains iront chercher ailleurs ce qu’il ne trouvent pas chez eux et l’histoire de ces deux maisons va s’imbriquer en dépit de menaces et d’événements imprévus. Antoine et Juliette finiront par tenter de vivre leur vie et non celle que l’on avait prévue pour eux.

Adèle Huguenin-Vuillemin est née au Locle, en 1856, dans une famille d’horlogers. Ceux-ci sont ruinés par la crise de 1870 et Adèle doit travailler. Elle devient institutrice à 16 ans. Mais le salaire d’une institutrice est fixé par la loi au tiers de celui d’un instituteur. C’est pour compléter son revenu qu’elle se mettra à écrire à 21 ans, avec succès sous le pseudonyme de T. Combe. À 25 ans, elle part à Londres où réside une amie de jeunesse et travaille comme institutrice dans deux familles : une première expérience malheureuse, puis une seconde plus heureuse. Comme dans le roman, Adèle, lorsqu’elle rentre chez elle en 1887, vivra avec des parents malades qui dépendent financièrement de leurs deux filles. Adèle sera une écrivaine et conférencière renommée, chrétienne, féministe, luttant contre l’alcoolisme. Elle adhérera, à 57 ans, au parti socialiste (favorable au suffrage féminin). Elle décède dans sa maison des Brenets à 77 ans en 1933.

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Staël-Holstein Germaine de – Corinne (tome2)

Staël-Holstein Germaine de - Corinne ou l'Italie 2 - Bibliothèque numérique romande - Joseph Wright of Derby Vésuve depuis PausilippeStaël-Holstein Germaine de – Corinne ou l’Italie (tome2) : Dans ce deuxième tome, après avoir vécu bonheur, succès, amour et communion de l’esprit, Edward et Corinne, se confient leur histoires de vie et découvrent que leur union se heurte à des interdits et à des préjugés. Corinne ne saurait-elle être une bonne épouse aux yeux de la morale anglaise à cause de son génie artistique ?  Souffrance, malentendus, trahisons sont au rendez-vous de ce drame romantique qui connut le succès dans l’Europe entière. Roméo et Juliette périrent l’un et l’autre mais Corinne et Edward seront-ils vraiment égaux face aux peines d’un amour malheureux ? Écrit à l’aube du romantisme, cet ouvrage cosmopolite et féministe avant l’heure mérite une relecture, qui vous passionnera…

Germaine est la fille du banquier Jacques Necker, et de Suzanne Curchod (originaire du canton de Vaud). Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère. À la suite de ses ennuis politiques (décrits dans Dix années d’exil) elle fera de Coppet, sur La Côte vaudoise en Suisse, le lieu principal de rencontre du Groupe de Coppet, l’un des principaux Think-Tank de son époque. Sa relation malheureuse avec Benjamin Constant l’inspira sans doute pour le drame de Corinne. Selon ses contemporains, elle fut « la femme la plus extraordinaire qu’on vit jamais » (Stendhal), « un être à part, un être supérieur tel qu’il s’en rencontre peut-être un par siècle » (Benjamin Constant avec qui il eut une relation orageuse). Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : « Il faut reconnaître après tout que c’est une femme d’un très grand talent… » L’année 2017 est celle du bicentenaire de son décès que la Bibliothèque numérique romande a tenu à commémorer par plusieurs publications.

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Tissot Victor – Au Pays des Glaciers

Tissot Victor - Au Pays des Glaciers - Bibliothèque numérique romande - Sylvie Savary BerninaTissot Victor – Au Pays des Glaciers (Vacances en Suisse) : « Oh ! le plaisir de voyager à pied, d’aller, sac au dos, alpenstock à la main, par le plus court chemin qui s’ouvre devant vous et qui semble, tout exprès pour votre passage, s’être paré de fleurs nouvelles ! Aller à pied, c’est aller au gré de son caprice, de sa fantaisie, ne dépendre de personne, être son seul et unique maître, – être tout à la fois son cheval, son postillon et sa voiture, courir aussi librement que l’air et le vent. C’est un vagabondage délicieux et qui vous remplit la tête d’idées, quand le pays est joli, quand les pierres ne sont pas trop dures, et quand les ruisseaux jasent à côté de vous comme pour vous tenir compagnie. Si vous saviez ce qu’il y a d’histoires charmantes dans les confidences babillardes des petits ruisseaux qui traversent les villages ! »

Grand voyageur qui prend son temps et sait apprécier le calme et la nature, Victor Tissot se déplace en famille, avec sa femme et son fils de 14 ans. Il grimpe les sommets, admire les paysages de Lucerne, de l’Engadine, du Tessin, du Valais, de la Gruyère et profite de livrer quelques anecdotes savoureuses qu’on lui a racontées au cours de son périple.  Sans jamais être pédant, il donne toutes sortes de renseignements sur les animaux de la montagne, les glaciers, les différents dialectes suisses, l’origine et les coutumes des habitants qu’il croise et avec lesquels il tisse facilement des liens.

Avec un certain lyrisme , il décrit les paysages et les « rapports intimes qu’il y a entre l’homme et le sol qu’il habite »

Victor Tissot, né le 14 août 1844  à Fribourg, mènera une carrière d’écrivain et de journaliste à Paris mais aussi à Lausanne (où il sera rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne avant d’être celui du Figaro à Paris). Puis il revient s’établir en Suisse, à Gruyère. Il décède à Paris, le 6 juillet 1917, et lègue sa fortune et ses collections à la Ville de Bulle, en vue de la création d’un musée (ce sera le Musée Gruérien).

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Staël-Holstein Germaine de – Corinne (tome 1)

Staël-Holstein Germaine de - Corinne 1 - Bibliothèque numérique romande - Giovanni Paulo Panini - Panthéon et autres monumentsStaël-Holstein Germaine de – Corinne (tome 1) : Il est difficile, aujourd’hui, d’envisager l’ampleur du succès que connu Corinne dans l’Europe tout entière. Jusqu’en Suède, Selma Lagerlöf met en scène une jeune femme romantique qui, la mort dans l’âme, est obligée de jeter du traîneau ses deux exemplaires de Corinne pour distraire les loups qui la poursuivent. Comme l’écrit dans sa préface Mme Necker de Saussure, Corinne est un ouvrage au double sujet : « C ’est une composition de génie dans laquelle deux œuvres différentes, un roman et un tableau de l’Italie, ont été fondues ensemble. Les deux idées sont évidemment nées à la fois : l’on sent que l’une sans l’autre elles n’auraient pas pu séduire l’auteur, ni correspondre à ses pensées […] Le naturel, et un naturel ardent, passionné, bien que tendre et mélancolique, y perce de toutes parts, et il n’y a pas une ligne qui ne soit écrite avec émotion. Madame de Staël s’est, pour ainsi dire, divisée entre ses deux principaux personnages. Elle a donné à l’un ses regrets éternels, à l’autre son admiration nouvelle : Corinne et Oswald, c’est l’enthousiasme et la douleur, et tous deux c’est elle-même. » Écrit à l’aube du romantisme, cet ouvrage cosmopolite et féministe avant l’heure mérite une relecture, qui vous passionnera…

Germaine est la fille du banquier Jacques Necker, et de Suzanne Curchod (originaire du canton de Vaud). Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère. À la suite de ses ennuis politiques (décrits dans Dix années d’exil) elle fera de Coppet, sur La Côte vaudoise en Suisse, le lieu principal de rencontre du Groupe de Coppet, l’un des principaux Think-Tank de son époque. Selon ses contemporains, elle fut « la femme la plus extraordinaire qu’on vit jamais » (Stendhal), « un être à part, un être supérieur tel qu’il s’en rencontre peut-être un par siècle » (Benjamin Constant avec qui il eut une relation orageuse). Napoléon lui-même, qui voyait en Mme de Staël une dangereuse messagère de liberté, déclara un jour : « Il faut reconnaître après tout que c’est une femme d’un très grand talent… » L’année 2017 est celle du bicentenaire de son décès que la Bibliothèque numérique romande a tenu à commémorer par plusieurs publications.

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Javelle Émile – Souvenirs d’un alpiniste

Javelle Émile - Souvenirs d'un alpiniste - Bibliothèqze numérique romande - dessin Émile JavelleJavelle Émile – Souvenirs d’un alpiniste : Ce stéphanois qui devint professeur de lettres à Vevey était un passionné de montagne qui fut le 16ème à réaliser l’ascension du Cervin. Les alpes valaisannes, le Chablais, le Mont-Blanc, la Tour Noir – qui fut la plus connue de ses premières – composent l’essentiel de ces récits d’ascensions et de ses observations alpines. Elle furent parfois écrites pour des revues, pour des conférences publiques ou simplement pour le plaisir de l’auteur – tout comme ses nombreux dessins et photographies de scènes d’alpinisme.

Après son décès, à 35 ans, ces textes furent réunis dans le présent volume par son ami Édouard Béraneck. L’ouvrage connut un énorme succès en France tout comme Suisse romande. L’écriture lumineuse d’Émile Javelle, avec la poésie d’un homme qui aime et respecte la montagne n’y fut pas étrangère. Dans une époque où le matériel et les techniques modernes d’alpinisme n’existaient pas encore, ces escalades représentent souvent de véritables exploits. Ses descriptions sont parfois visionnaires, comme celle de Salvan où de ce petit village accroché au flanc de la montagne alors que ses habitants n’avaient rien d’autre que leur dos pour transporter le foin, le bois et autres charges, il projette l’arrivée des touristes alpinistes, les changements qu’ils entraîneront et toutes les voies de communications qui devront être créées.

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Rod Édouard – La Chute de Miss Topsy

Rod, Édouard - La Chute de Miss Topsy - Bibliothèque numérique romande - Georges Seurat Le Cirque Rod Édouard – La Chute de Miss Topsy : Frémy et Pellard sont tous deux employés du ministère de l’Intérieur à Paris. Pellard, un joyeux luron, est poète à ses heures, espérant voir son œuvre présentée à la Comédie française. L’autre est mélancolique et réservé, sceptique sur l’amour après une histoire malheureuse. Malgré leurs différences, ils deviennent amis et confidents ; ils courent les banlieues et partagent leurs loisirs. Un soir, Pellard entraîne Frémy au Cirque d’été. L’affiche annonce les débuts de Miss Topsy, une écuyère. Frémy est touché par sa grâce et sa bravoure. Il retourne la voir le lendemain puis le surlendemain. Il s’aventure à lui parler, malgré sa crainte d’être déçu. Ils se découvrent des points communs, des sentiments partagés. Mais Frémy hésite à s’engager. L’accident de cheval dont Topsy est victime aura-t-il raison de ses doutes ?

Édouard Rod, né en 1857 à Ropraz, est un écrivain vaudois, établi à Paris dès 1879. Critique réputé, il écrit d’abord des romans « naturalistes » à la manière d’Émile Zola puis se dégageant de cette influence, il s’attache à présenter des cas de conscience, des dilemmes moraux. Il est décédé à Grasse en 1910. Ce court roman écrit à l’âge de 25 ans est empreint de désillusion, reflétant le sentiment d’inadéquation ressenti par l’écrivain vaudois dans le milieu littéraire parisien. 

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Rambert Eugène – Les Alpes suisses (4ème série)

Rambert Eugène - Les Alpes suisses 4 - Bibliothèque numérique romande - Planomenos Le Bristenstock vu de SträngmattRambert Eugène – Les Alpes suisses (4ème série) : La quatrième série des Alpes suisses, publiée en 1871, offre un ensemble de textes aussi variés que les précédents, prouvant une fois de plus qu’en vulgarisateur de talent, Rambert allie à ses connaissances encyclopédiques de la montagne une passion indissociable de sa sensibilité poétique.

Son premier essai est un vibrant hommage au Bristenstock, qui se dresse tel un bastion au-dessus de la mythique prairie du Grütli. Si l’auteur, dans son précédent volume, mettait en garde contre certains excès du discours patriotique, il n’hésite pas ici à en décliner l’un des principaux clichés : à ses yeux, ce massif au nom rocailleux est une figure tutélaire quasi sacrée qui veille sur le berceau de la nation et de la liberté. Poursuivant sa réflexion sur le mythe des Alpes, très en vogue en cette époque de flottement politique et culturel, Rambert examine le rôle de son pays dans les œuvres et l’inspiration de Schiller et Goethe. En humaniste éclairé, il suggère que, sans la Suisse, ces deux géants de la littérature allemande « ne seraient pas tout ce qu’ils sont » et il conclut, non sans fierté, que les Alpes suisses sont devenues grâce à eux l’une des « muses » de l’Allemagne. 

Après un interlude où il offre à ses lecteurs un choix de ses propres poèmes, inspirés de près ou de loin par la montagne, Rambert propose un essai sur le foehn, dans lequel il confronte, non sans un certain enjouement, les différentes théories scientifiques sur l’origine de ce vent chaud et violent dont on a cru longtemps qu’il venait tout droit du Sahara. La quatrième série des Alpes suisses se termine par une nouvelle simple mais touchante. La Batelière de Postunen nous emmène au bord du lac des Quatre-Cantons, à l’époque de la Révolution française. La jeune et belle Grite, orpheline de dix-sept ans, s’oppose aux conventions sociales car elle refuse d’entrer en service à la ville voisine, comme le voudrait la tradition. Reprenant le bateau de son père, elle devient à son tour batelière, au grand dam de ses oncles paternels, qui voient d’un mauvais œil la jeune fille accomplir avec grâce et succès un dur travail d’homme.

« Avant Ramuz, et un peu comme lui, il a d’instinct senti qu’il ne pourrait faire d’oeuvre vraie que s’il renonçait définitivement à toute tentation de carrière française et de littérature selon les modes parisiennes du temps. Et alors, d’instinct aussi, il a trouvé le mouvement, le rythme de récit qui convenait aux personnes qu’il aimait et qu’il voulait faire vivre. De là vient cet art consommé du récit tranquille, qui ne doit rien aux effets de la nouvelle, mais qui est un art à lui.  Par contre – et c’est là la grande découverte que nous faisons aujourd’hui – le style de Rambert a gardé une surprenante fraîcheur, et sa capacité d’évocation poétique (parce qu’il n’y pense pas) est incroyablement vivante, surtout dans la prose de ses récits. Sans doute ces récits ont eux aussi un certain côté « document d’époque », et ils renseignent les hommes d’aujourd’hui sur un type d’hommes et de femmes qu’on pourrait croire disparu, sur des genres de vie définitivement périmés. Mais comment s’expliquer l’émotion qu’ils suscitent en nous, précisément aujourd’hui ? Et cette façon presque bouleversante qu’ils ont, avec toute leur lenteur, leur cheminement patient, de nous faire rêver à ce qu’étaient ce pays et ces gens ? » [Éric de Montmollin : Avant-propos de l’édition de 1972 des récits et croquis d’Eugène Rambert (Plaisir de lire, Lausanne)]

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Cornaz Louise – Madame Récamier

Cornaz Louise - Madame Récamier - Bibliothèque numérique romande - François-Louis Dejuinne Le salon de Madame Récamier à l'Abbaye-aux-BoisCornaz Louise – Madame Récamier (sous le pseudonyme de Joseph Autier) : « Elle était, pour ainsi dire, une des curiosités de la capitale ; on allait la voir un peu comme on allait visiter le Louvre ou le Panthéon. » « Son salon a été un rendez-vous de gens célèbres, une sorte de carrefour des nations où se sont entrecroisés, sans jamais s’entrechoquer, les rangs, les races et les opinions »

Juliette Récamier, dite Madame Récamier, née en 1777, épouse à 15 ans un riche banquier, et tient salon à Paris dès 1797. Amie de Madame de Staël rencontrée au château de Coppet, elle subit le même sort qu’elle, un exil de trois ans loin de Paris ordonné par Napoléon. Mais en 1814, elle reprend ses réunions mondaines et pendant plus de vingt années, ses réceptions rassemblent autour d’elle les esprits les plus brillants de l’époque : Chateaubriand, Benjamin Constant, mais aussi Tocqueville, Lamartine, Sainte-Beuve, Balzac, et de nombreux artistes. Madame Récamier était belle et intelligente, mais son charme agissait sur tous surtout grâce à sa gentillesse, son dévouement et sa sérénité. Elle a été « une lumière sereine éclairant un tableau d’orage » dit d’elle Chateaubriand dans ses Mémoires. Elle restera connue dans l’histoire comme la source d’inspiration des artistes de son temps.

La biographie écrite par Louise Cornaz n’est pas une biographie linéaire et exhaustive. Dans un style fluide et assez dépouillé, elle trace rapidement les grandes lignes de son parcours, parfois de manière un peu édulcorée, puis s’attache à décrire plus précisément les amitiés et les amours qui ont marqué la vie Madame Récamier : Madame de Staël, Mathieu de Montmorency, Ballanche, Jean-Jacques Ampère, et bien sûr, Benjamin Constant et Chateaubriand.

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Staël Germaine de – Dix années d’exil

Staël Germaine de - Dix années d'exil - Bibliothèque numérique romande - portrait de Vladimir BorovikovskyStaël Germaine de – Dix années d’exil : «Trouvez-vous que mes enfants et moi sommes faits pour planter des choux à Coppet sans rien faire de nos esprits ni de nos âmes?» (Madame de Staël à Camille Jordan, 1er novembre 1810, Diesbach 471). La colère de la célèbre baronne n’a d’égale que son désespoir face aux circonstances tragiques qui entourent la publication de De l’Allemagne. Alors qu’elle travaille aux corrections du troisième volume à Chaumont-sur-Loire, en septembre 1810, l’œuvre, jugée suspecte par la police de Napoléon, est supprimée et mise au pilon. Son auteure, déjà interdite de séjour à moins de quarante lieues de la capitale, est expulsée de France et bannie de tous les territoires sous domination française, hormis Coppet et Genève. Cette condamnation tombe comme un couperet. Assignée à résidence dans sa propriété des bords du Léman, privée de son brillant salon et étroitement surveillée par les sbires de l’Empereur, l’illustre châtelaine devient du jour au lendemain une pestiférée qu’il est dangereux de fréquenter. Ses plus fidèles amis en feront l’amère expérience. Coppet, qui avait été pour elle un havre sous la Révolution, Coppet, dont elle avait fait le plus important think tank de la pensée européenne, est désormais une prison où elle se morfond, malgré la présence de ses enfants et celle de John Rocca, son nouvel et jeune amant.

Abattue, mais non point vaincue, l’irréductible adversaire de Napoléon riposte en complotant sa fuite en Angleterre. En attendant les passeports, qui tardent à venir, elle entame Dix années d’exil. Ces mémoires, inachevées, ne seront publiées qu’en 1821, soit six ans après sa mort. Elles comprennent deux parties. La première, ébauchée à Coppet en 1811, couvre la période 1800-1804. L’auteure y dénonce le despotisme naissant de Bonaparte et les persécutions dont elle fut la victime. La deuxième, rédigée à Stockholm vers la fin de 1812, est moins polémique. Madame de Staël saute six années de sa vie pour relater « à chaud » son extraordinaire évasion de Coppet le 23 mai 1812. Accompagnée de sa fille Albertine et de deux serviteurs, l’intrépide femme de lettres est rejointe en route par ses fils Auguste et Albert, leur tuteur, Auguste Schlegel, ainsi que Rocca. Les ports de la Manche leur étant fermés, ils sont obligés d’effectuer un immense détour qui les force à traverser toute l’Europe en guerre et les entraîne, via l’Autriche, la Bohème, la Moravie et la Pologne, jusqu’à Kiev, Moscou et Saint-Pétersbourg. Précédée de sa gloire littéraire, mais talonnée par la Grande armée en marche, l’auteure de Delphine et Corinne se hâte de ville en ville, où elle est à chaque fois accueillie comme une célébrité. C’est ironiquement en Russie, où survit le servage, qu’elle recouvre la liberté. Là n’est pas le moindre paradoxe de ce pays qui la fascine par son immensité, sa piété, ses coutumes orientales et son fervent patriotisme. À Saint-Pétersbourg, où elle est présentée à la cour impériale, elle forge des liens personnels avec le tzar Alexandre I, qui la traite en égale et aborde avec elle les grandes questions européennes. Son récit s’interrompt brusquement en septembre 1812, alors qu’elle et les siens s’apprêtent à rejoindre la Suède, d’où ils gagneront Londres en juin 1813.

Dans ces mémoires où elle mêle étroitement son destin personnel à celui de la Nation et de l’Europe tout entière, Madame de Staël (ou son fils Auguste, qui fit des coupes importantes dans le manuscrit pour préserver la réputation de sa mère) ne nous dit évidemment pas tout. Elle tait par exemple la naissance secrète de son cinquième enfant, qui retarda de neuf mois son évasion ; elle passe aussi sous silence son mariage clandestin à John Rocca, ainsi que sa présence à ses côtés durant tout le périlleux voyage. Dans la liste de ses griefs contre Napoléon, elle minimise également l’influence considérable qu’elle-même exerça dans l’opposition, tout comme elle élude plus tard son rôle dans les pourparlers qui conduisirent la Suède et la Russie à rejoindre la sixième coalition contre la France. Malgré ces lacunes et omissions, cette autobiographie offre un aperçu passionnant sur une vie et une époque mouvementées. Madame de Staël y démontre avec éclat que les exils répétés dont elle fut l’objet, loin de la réduire au silence et à l’oubli, contribuèrent grandement à accroître sa notoriété et sa sphère d’influence sur la scène politique internationale. [Sources : Ghislain de Diesbach, Madame de Staël (Perrin 1983) ; Madame de Staël, Dix années d’exil. Édition critique par Simone Balayé et Mariella Vianello Bonifaccio (Fayard 1996) ; Michel Winock, Madame de Staël (Fayard 2010).]

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