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Bove Emmanuel – Un Soir chez Blutel

Bove Emmanuel - Un Soir chet Blutel - Bibliothèque numérique romande - Le Boulevard Voltaire, carte postale ancienne AP, n°504 Bove Emmanuel – Un Soir chez Blutel : Maxime Corton arrive à la gare de l’Est à Paris, de retour de Vienne où il a habité quelque temps. Il espère vivre en paix à Paris. Il prend une chambre très modeste. Il rencontre Madeleine, une prostituée. Après quelque hésitation, il décide de rendre visite à son ancien ami Blutel, qu’il n’a plus revu depuis la fin de la guerre. Lorsqu’ils se trouvent l’un en face de l’autre, ils ne savent pas quoi se dire. Blutel a invité d’autres personnes, qui arrivent au fil de la soirée. C’est une réunion de petits bourgeois, de gens figés dans leur comportement, acceptant leur destin sans rancune ni révolte. La grande guerre plane sur tous ces destins, et sur ce que ses personnages auraient pu devenir sans elle. Bove cisèle leurs portraits, sans prendre parti, ni juger.

On pressent que Maxime restera en dehors de cette société dans laquelle il ne peut plus se reconnaître. Mais il est tard. Maxime a « la faculté, la nuit, de ne pas souffrir. On verra demain. Pour le moment, au milieu de la nuit, tout est bien. Puisque, jusqu’au matin, aucun regret, aucune crainte ne le hanterait, pourquoi souffrirait-il ? ».

Paru en 1927, Un soir chez Blutel est le troisième d’Emmanuel Bove, après « Armand » et « Bécon-les-Bruyères ». En 1928, Bove expliquait sa démarche littéraire ainsi : « Un roman ne doit pas être une chose achevée en soi : c’est-à-dire qu’on ne devrait pas pouvoir isoler un roman de l’œuvre de son auteur, pas plus qu’on ne peut détacher un beau vers d’un poème. Cela ne doit pas donner l’impression d’un ouvrage fini en lui-même, mais faire partie d’un tout. Balzac et Proust ont réussi à produire cette impression en faisant circuler les mêmes personnages dans toute leur œuvre. Ne pourrait-on y arriver sans que les mêmes personnages reviennent, afin d’éviter de se limiter, ou en ne les faisant revenir que par accident ? C’est ce que je voudrais faire, si je réussis à écrire les livres que je désire ». (Candide, 9 février 1928).

Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l’oubli, et d’être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.

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Bakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg

Bakounine Michel - Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-Pétersbourg - Bibliothèque numérique romande - Félix Vallotton portraitBakounine Michel – Les Ours de Berne et l’Ours de Saint-Pétersbourg : Dans cet essai, Bakounine se met dans la peau d’un patriote suisse déçu de constater que sa patrie obéit à des ordres d’expulsion de dictatures étrangères. Il cite trois exemples dans l’actualité de l’époque où la Suisse pourchasse et expulse des personnes venues chercher asile en Suisse, sur demande de gouvernements étrangers. Avec une grande ironie, Bakounine décrit ces cas où les principes mêmes de la République helvétique sont bafoués : « Aura-t-il (le gouvernement suisse) vraiment le courage de le livrer au tsar de Russie ? Nous allons lui donner un conseil : Qu’il le jette plutôt dans la fosse aux ours de Berne. Ce sera plus franc, plus honnête, plus court, et surtout plus humain. »

Puis il s’interroge sur l’efficacité démocratique du parlementarisme et de la « nouvelle » constitution helvétique de 1848 qui instaure le fédéralisme plutôt qu’une confédération d’états plus ou moins autonomes. Après 1848, une fois le suffrage universel établi, on crut avoir assuré la liberté des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion ! En effet tout le mensonge du système représentatif repose sur cette fiction, qu’un pouvoir et une chambre législative sortis de l’élection populaire doivent absolument ou même peuvent représenter la volonté réelle du peuple. Mais les instincts de ceux qui gouvernent sont, à cause même de leur position exceptionnelle, diamétralement opposés. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions démocratiques, de la hauteur où ils se trouvent placés ils ne peuvent considérer la société autrement que comme un tuteur considère son pupille. Mais entre le tuteur et le pupille l’égalité ne peut exister. D’un côté, il y a le sentiment de la supériorité, inspiré nécessairement par une position supérieure ; de l’autre, celui d’une infériorité qui résulte de la supériorité du tuteur, exerçant soit le pouvoir exécutif, soit le pouvoir législatif. Une question qui reste d’actualité encore aujourd’hui…

Bakounine reconnait que 1848 a apporté une centralisation économique et politique nécessaire, mais il en mesure les inconvénients. Évoquant les soulèvements populaires qui, canton par canton, portèrent au pouvoir les radicaux, il écrit : Ces révolutions , ces soulèvements populaires telle est encore aujourd’hui l’unique forme de contrôle qui existe réellement en Suisse, l’unique borne qui arrête le débordement des passions ambitieux. En détruisant l’autonomie des cantons, en subordonnant les gouvernements cantonaux au pouvoir fédéral. Désormais, les révolutions cantonales, ce moyen unique dont disposaient les populations cantonales pour exercer un contrôle réel et sérieux sur leurs gouvernements, et pour tenir en échec les tendances despotiques inhérentes à chaque gouvernement, ces soulèvements salutaires de l’indignation populaire, sont devenues impossibles. En effet aujourd’hui, le Conseil fédéral a non seulement le droit, il a le devoir d’y envoyer autant de troupes fédérales, prises dans les autres cantons, qu’il sera nécessaire pour rétablir l’ordre public.

Tout pouvoir politique, quelle que soit son origine et sa forme, tend-il nécessairement au despotisme ? c’est l’opinion de l’anarchiste Bakounine. Il faut abolir complètement, écrit-il, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s’appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des dominés, des maîtres et des esclaves, des exploiteurs et des exploités. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l’organisation des forces productives et des services économiques.

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Bove Emmanuel – Un Père et sa Fille

Bove Emmanuel - Un Père et sa Fille - Bibliothèque numérique romande - Édouard Vuillard Place VintimilleBove Emmanuel – Un Père et sa Fille : Antoine About, un homme dans la soixantaine, vit seul dans un grand appartement bourgeois à Paris. Il y a longtemps qu’il n’en occupe plus qu’une pièce. Les voisins l’évitent, les gens le fuient. Sa mise est négligée, il est sale et a des fréquentations louches. Seule sa bonne le supporte encore. Pourtant, il avait eu une vie normale, une enfance sans histoire, un métier, une femme, une fille qu’il aimait par-dessus tout. Mais des petits riens ont peu à peu ébranlé la façade des apparences, bousculant son équilibre fragile et l’entraînant vers la déchéance. Il n’attend plus rien de la vie lorsqu’il reçoit un télégramme de sa fille lui annonçant son retour auprès de lui. Sera-ce l’ultime sursaut salvateur ?

Écrit en 1928, dans une période de création très féconde, ce court roman compte parmi les œuvres les plus achevées d’Emmanuel Bove. Lors de sa parution, Max Jacob s’adressa en ces termes à son auteur : « Un père et sa fille est un des plus beaux livres que je connaisse. Il pourrait être de n’importe quel maître le plus grand : il est de vous. Croyez à ma profonde admiration. »

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Rosny aîné, J.-H. – Les Xipéhuz

Rosny aîné J.-H. - Les Xipéhuz - Bibliothèque numérique romande - maquette Laura Barr-WellsRosny aîné, J.-H. – Les Xipéhuz : La tribu nomade de Pjehou achevait de traverser la forêt farouche de Kzour et tous, très las, rêvaient à l’étape proche. « La clairière apparut. La source charmante y trouait sa route… » Mais ! « une fantasmagorie se montra aux nomades. C’était d’abord un grand cercle de cônes bleuâtres, translucides, la pointe en haut, chacun du volume à peu près de la moitié d’un homme. Quelques raies claires, quelques circonvolutions sombres, parsemaient leur surface, et tous avaient vers la base une étoile éblouissante comme le soleil à la moitié du jour… »

C’est ainsi que les humains eurent leur premier contact avec des entités incompréhensibles à leur perception, ni végétales, ni animales mais clairement vivantes. Premier contact qui finit mal… Et les entités quoiqu’elles vivent pacifiquement dans leurs enclaves (si on ne les y dérange pas) annexent peu à peu tout le territoire des nomades.

Un roman préhistorique mais aussi un fantasy, avec la mise en scène des premiers extraterrestres « modernes ». Une surprenante mélancolie teinte ce court roman prenant : « Et pourtant, quand elle revint, la superbe, l’aimée, la pensive, la nuit, il tomba une ombre sur ma béatitude, le chagrin que l’homme et le Xipéhuz ne pussent pas coexister, que la vie de l’un dût être la farouche condition l’anéantissement de l’autre.. ». [La présente édition de la BNR s’appuie sur l’édition Albert Savine de 1888 (1887)].

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Leblanc Maurice – Les Confidences d’Arsène Lupin

Leblanc Maurice - Les Confidences d'Arsène Lupin - Bibliothèque numérique romande - couverture de l'édition Pierre Lafitte (scan Google)Leblanc Maurice – Les Confidences d’Arsène Lupin : Après le noir 813, Maurice Leblanc revint aux nouvelles plus légères, dans le style de celles de son premier recueil, Arsène Lupin gentleman cambrioleur. Elles ont paru dans Je sais tout à partir d’avril 1911. Les trois dernières nouvelles, lors de leur publication initiale, ne portaient pas le surtitre Les Confidences d’Arsène Lupin. Dans la chronologie des aventures d’Arsène Lupin, Maurice Leblanc place ces histoires avant L’Aiguille creuse et 813.(éd. ELG.) (suite…)

Rosny aîné, J.-H. – Les instincts

Rosny aîné J.-H. - Les instincts - Bibliothèque numérique romande - Laura Barr-Wells Garrigue portiragnaiseRosny aîné, J.-H. – Les instincts, roman de trois femmes : Trois femmes, Nicole, Magali et Maya, aiment et sont aimées en retour par le même homme : Nicole, la femme sauvage et sensuelle, Magali sa petite sœur jeune et pure et Maya l’ensorceleuse bénéfique. Trois femmes, trois aspects de La Femme ? Non, on n’est pas ici dans une romance à l’eau de rose, mais dans un texte puissant où Rosny livre tout son art du roman naturaliste et historique.

Au début le lecteur peut se croire dans un pays qui n’existe pas ou plus, sauvage et brut (dans le style de la Guerre du Feu), puis peu à peu on verse dans la réalité de la civilisation moderne, de la ville et de la richesse et tout à la fin on retourne à la nature et à sa magie bienfaisante.

L’Instinct, un mot clé, fréquemment utilisé par Rosny dans tous ses livres, l’instinct qui régit les rapports entre les hommes, entre l’homme et la femme, entre l’homme et la nature.

Ce roman, le dernier publié du vivant de J.-H. Rosny aîné, semble mêler passé, présent et avenir, et peut se lire aisément avec un regard très contemporain sur le couple, les différences, la protection de la nature, le retour aux sources.

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