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Boiardo Matteo Maria - Roland amoureux (tome 1) - Bibliothèque numérique romande - Giovanni Francesco Romanelli Angélique rencontrant Medoro blesséBoiardo Matteo Maria – Roland amoureux (tome 1) (Suite ferraraise volume 2) : Pourquoi lire ce Roland Amoureux écrit en 1483 ? parce que c’est plaisant ! Les amateurs de romans à rebondissement ou d’ heroic fantasy l’apprécieront. Et même peut-être les “mangavores” s’ils supportent l’absence d’images. On ne peut pas raconter cette suite échevelée d’épisodes qui, de la Chine aux îles bretonnes, opposent héroïnes et héros les uns aux autres, à des géants, à des dragons, à des enchanteurs et des enchanteuses (parfois enchantées) sans autre logique que la tentation de l’aventure et sans autre règle que l’honneur. Du point de vue littéraire, on trouvera ici la base du Roland furieux de l’Arioste et la matrice de la Jérusalem délivrée du Tasse : Chrétiens et Sarrasins à la mode de la table ronde.

L’œuvre de Matteo Maria Boiardo (1440-41/1494), comme plus tard celle de L’Arioste et du Tasse est le produit de la splendeur de Ferrare dont ils célèbrent outrageusement les ducs. Écrit dans une Italie du Nord imprégnée des chansons de geste et romans chevaleresques “français”, le poème de Boiardo situe l’action à la cour de Charlemagne. Ses héros sont des enragés (Renaud, Roland, Roger, Rodomont, Ferragus…) fiers de leur force et de leur loyauté quoique la magie dont ils bénéficient (invulnérabilité, armes enchantées, sortilèges) ne soit pas très “fair play”. Les guerrières (Bradamante, Marphise) leur sont identiques, sauf lorsqu’elles quittent leur casque et révèlent une beauté ravageuse. D’autres héroïnes (Angélique, Fleur-de-Lys…) vont et viennent au gré des combats et des poursuites. L’amour et la haine, tantôt naturels, tantôt surnaturels (fontaines fatales), est le moteur de péripéties que traversent les enchantements (Falerine, Morgane, Maugis…).

Le Roland amoureux n’a pas fait l’objet de traduction récente. Celle que nous donnons ici est de 1717. Lesage, l’auteur de Gil Blas, reprenant la traduction de Rosset (1618), procède à des aménagements qui lui valent d’être traité d’adaptateur plutôt que de traducteur. Nous ne nous en plaindrons pas : il élimine une bonne partie des fastidieuses louanges des ducs de Ferrare et met un peu d’ordre dans la narration et de vraisemblance dans la géographie (cf. sa préface). Son style plaira à ceux qui préfèrent lire les Mille et une nuits dans la traduction de Galland plutôt que dans celle de Mardrus. (Sources : *Pascaline Nicou, “L’érotisme de Boiardo (Inamoramento de Orlando) vu à travers les traductions françaises, espagnoles et anglaise du seizième et du début du dix-septième siècles”, In: Cahiers d’études italiennes, 27 | 2018 : http://journals.openedition.org/cei/5207 *Giovanni Dotoli et Marcella Leopizzi, “Alain-René Lesage et la traduction au XVIII siècle : Roland l’Amoureux”, In: Traduction, terminologie, rédaction, Volume 23, numéro 2, 2e semestre 2010 : https://doi.org/10.7202/1009165ar *Larue Anne, “L’épopée romanesque et la guerre néo-médiévale dans La Jérusalem délivrée et Le Seigneur des anneaux”, In: L’information littéraire, 2002/2 (Vol. 54), p. 38-45: https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00617405 *Claude Fauriel, 1832, De l’origine l’épopée chevaleresque du moyen âge.)

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