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Noailles Anna de – Les Éblouissements

Les Éblouissements - Anna de Noailles - Bibliothèque numérique romande - photo Anne Van de Perre Arc-en-ciel d'orage sur le SalèveNoailles Anna de – Les Éblouissements (poésie) : On parle souvent, à propos d’Anna de Noailles, de néo-romantisme, voire de romantisme attardé… C’est bien mal connaître le romantisme, et connaître plus mal encore la poésie de cette femme inspirée et de ce recueil qui résume si bien sa vie et ses émotions ! La vie d’abord, et la nature dans laquelle tous les sens de la poétesse sont en éveil ! Elle évoque la lumière, les parfums, à différentes saisons, la joie d’être là à observer et ressentir. Puis la beauté de divers lieux où elle a passé ou vécu, comme Amphion au bord du Léman, et des lieux rêvés aussi… Les jardins sont le lieu où elle se sent vivre et renaître après ses profonds désespoirs : elle excelle à exprimer les odeurs de toutes ces fleurs, ces lumières. Mais ces bonheurs sont épuisants, oppressants ; elle souffre, et songe souvent à la mort et au suicide.

Romantisme, alors ? Certes, Anna de Noailles livre ici des poèmes lyriques dont les cris sont sensuels et les soupirs angoissés. Certes, une tristesse infinie habite cette femme pleine de langueur qui mourra à 56 ans, adulée par Marcel Proust, Musset et bien d’autres écrivains. Certes, on trouve de l’emphase et de la démesure dans ses Éblouissements, comme dans bien des poèmes de Victor Hugo. Bien sûr, égocentrisme et sensualité fleurissent dans ses poèmes, comme dans de nombreux textes de Stendhal. Effectivement elle fait preuve d’une virtuosité qui fait penser à Théophile Gautier jeune. Et il est sûr qu’elle apparaît continuellement égarée dans ses propres tourments, sa hantise de la mort, comme Gérard de Nerval !…

Mais on pense également à Baudelaire car, dans les Éblouissements aussi, « les parfums, les couleurs et les sons se répondent »… Elle rappelle encore Proust, car elle explore comme lui – et avec quel raffinement – les richesses les plus intimes de son moi, les faisant exploser dans ses vers comme les plus brillantes fleurs des feux d’artifice.

Ce même Proust n’a-t-il pas consacré à la comtesse de Noailles et à ses Éblouissements, dans le Figaro du 15 juin 1907, un long article, fort élogieux, où il souligne qu’elle est « à la fois l’auteur et le sujet de ses vers », et qu’« elle sait être alors en une même personne Racine et sa princesse, Chénier et sa jeune captive »…

Alors laissez Anna de Noailles venir à vous, « portant sur [elle] la douce odeur des mondes et tenant les fleurs de l’été, accueillez-[la] [un] soir dans l’ombre où se confondent l’héroïsme et la volupté » : vous ne le regretterez pas !

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